Le Portugal lève l’interdiction d’acheter des vins étrangers liée à une ligne de crédit de 110 millions d’euros
La modification s’applique rétroactivement, mais exclut toujours les emprunteurs ayant acheté du vin étranger au cours des campagnes 2023/24 à 2025/26
jeudi 5 novembre 2026
Le Portugal a assoupli l’une des conditions liées aux échanges commerciaux attachées à une ligne de crédit publique de 110 millions d’euros destinée au secteur viticole, en supprimant l’engagement qui interdisait aux emprunteurs d’acheter du vin étranger pendant toute la durée des prêts.
La modification a été publiée mercredi 4 novembre au Journal officiel portugais, le Diário da República, par l’arrêté 492/2026/1. Elle est entrée en vigueur jeudi 5 novembre, et le gouvernement a précisé qu’elle s’appliquait à compter de la date d’entrée en vigueur de la règle initiale.
Le programme de financement lui-même n’a pas été étendu. Le montant de 110 millions d’euros correspond à la capacité de prêt disponible dans le cadre de la ligne de crédit, et non à des subventions ni à des fonds déjà versés. Cette ligne est réglementée conjointement par le ministère portugais des Finances et le ministère de l’Agriculture et de la Mer. Elle s’adresse aux entreprises et aux coopératives qui transforment des raisins en vin. Elle vise, selon les autorités, à les aider à rémunérer les viticulteurs et à restructurer certains prêts antérieurs.
Dans le cadre initial adopté le 21 septembre, l’accès à ces prêts à taux bonifié était soumis à des restrictions liées au vin importé. La modification supprime l’obligation pour les emprunteurs de s’engager à ne pas acheter de vin étranger pendant la durée de la ligne de crédit. Il s’agit du principal changement commercial introduit par le nouvel arrêté.
La révision ne supprime toutefois pas toutes les conditions liées au vin étranger. L’arrêté maintient l’obligation, pour les entreprises sollicitant ces prêts, de ne pas avoir acheté ou introduit de vin étranger destiné à la consommation au cours des campagnes 2023/24, 2024/25 et 2025/26. Concrètement, le gouvernement a supprimé une restriction prospective liée à la durée des prêts, mais maintenu un critère d’éligibilité rétrospectif fondé sur les pratiques passées sur le marché.
La modification précise également que les emprunteurs doivent respecter les engagements contractuels prévus dans leurs contrats de prêt. Cette obligation peut sembler aller de soi dans le cadre d’un prêt commercial, mais la nouvelle formulation l’inscrit directement dans le texte réglementaire qui encadre l’accès au financement garanti par l’État.
Cette évolution est importante, car le marché portugais du vin compte pour les fournisseurs d’autres pays producteurs, et la version précédente de la règle avait attiré l’attention en liant le crédit public à des restrictions sur les achats à l’étranger. En supprimant l’interdiction d’acheter du vin importé pendant la durée des prêts, le Portugal a assoupli cette contrainte sans ouvrir le programme aux entreprises ayant acheté ou introduit du vin étranger destiné à la consommation au cours des trois campagnes citées dans l’arrêté.
Le texte officiel ne présente pas cette mesure comme un nouveau dispositif de soutien. Il ajuste plutôt les conditions d’un mécanisme existant. Cette distinction est importante : le nouvel arrêté modifie les critères d’éligibilité et les obligations à respecter, mais laisse inchangé le montant annoncé.
Le Diário da República présente la modification comme un acte officiel du gouvernement portugais, daté du mercredi 4 novembre. La décision du gouvernement a été publiée après la règle initiale du 21 septembre et s’inscrit explicitement dans son cadre, sans la remplacer entièrement. La révision est donc limitée : les entreprises et les coopératives du secteur restent soumises à des conditions liées au vin étranger, mais ne sont plus tenues de promettre qu’elles s’abstiendront d’en acheter pendant toute la durée de la ligne de crédit.