Weihenstephan réalise désormais près de 65 % de son chiffre d’affaires hors d’Allemagne
La brasserie bavaroise appartenant à l’État mise sur les exportations, le haut de gamme et l’automatisation pour amortir le recul de son marché intérieur.
lundi 26 octobre 2026

La Bayerische Staatsbrauerei Weihenstephan, brasserie située à Freising, en Bavière, réalise désormais près de 65 % de son chiffre d’affaires annuel hors d’Allemagne, selon un portrait de l’entreprise publié par le quotidien allemand WELT. Ce chiffre montre à quel point l’entreprise dépend des marchés étrangers, alors que les ventes de bière en Allemagne sont tombées à leur plus bas niveau depuis le début des relevés officiels, en 1993.
À l’échelle du secteur allemand, Weihenstephan est une brasserie de taille moyenne. WELT rapporte qu’elle produit environ 480 000 hectolitres par an, réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 50 millions d’euros et emploie quelque 190 personnes. Elle est implantée à Freising, ville bavaroise au nord de Munich, et appartient directement à l’État libre de Bavière. Les données sur l’emploi citées dans l’article concordent avec le rapport 2024 de la Bavière sur ses participations publiques.
Si près de 65 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger, le marché allemand en représente environ 35 %. L’écart entre l’activité à l’international et en Allemagne atteint donc quelque 30 points de pourcentage. Pour une brasserie de cette taille, le degré d’exposition aux marchés internationaux est inhabituellement élevé : la demande hors d’Allemagne pèse désormais davantage dans ses revenus.
Selon WELT, le chiffre d’affaires de la brasserie a récemment progressé, sans que le journal précise le taux de croissance ni l’exercice fiscal correspondant à chacun des chiffres cités. Le chiffre d’affaires et la part réalisée à l’étranger sont donnés sous forme arrondie. Malgré ces limites, le constat général est clair : Weihenstephan a développé un modèle économique moins dépendant du marché allemand que celui de nombreux autres brasseurs.
Cette évolution compte, car le marché intérieur se contracte. L’Office fédéral de la statistique allemand, Destatis, a indiqué que les ventes de bière dans le pays avaient reculé de 6 % en 2025, soit une baisse de 497,1 millions de litres par rapport à l’année précédente. Les ventes totales se sont établies à environ 7,8 milliards de litres, leur plus bas niveau depuis le début de la série actuelle, en 1993. Cette baisse reflète une évolution de longue date des habitudes de consommation en Allemagne, des changements démographiques et la pression qui pèse sur la consommation traditionnelle de bière.
Dans ce contexte, les ventes à l’étranger de Weihenstephan ne constituent pas seulement une source de croissance supplémentaire : elles amortissent la faiblesse du marché intérieur. WELT décrit la stratégie de la brasserie comme une combinaison d’exportations, de positionnement tarifaire plus élevé et d’automatisation. Ces différents leviers ont permis à l’entreprise de compenser le recul général de son marché domestique.
La part des exportations modifie également les risques auxquels la brasserie est exposée. Une entreprise qui réalise près des deux tiers de son chiffre d’affaires à l’étranger est davantage soumise aux variations de la demande extérieure, aux taux de change, aux coûts de transport et aux règles d’importation qu’un brasseur servant principalement des clients nationaux. En revanche, elle dépend moins d’un marché allemand où la croissance est devenue plus difficile. Dans le cas de Weihenstephan, les marchés internationaux semblent désormais être le principal moteur de son chiffre d’affaires.
Son statut confère à la brasserie une place particulière dans le secteur allemand. Contrairement aux brasseurs privés ou aux groupes cotés en Bourse, Weihenstephan appartient à l’État bavarois. Cela ne la met pas à l’abri des pressions du marché, mais inscrit ses résultats dans un portefeuille plus large de participations publiques. Les dernières données publiques disponibles en Bavière font état d’environ 190 salariés, ce qui confirme qu’elle reste un employeur industriel de taille moyenne, et non une grande multinationale.
Freising, où se trouve la brasserie, est depuis longtemps associée au brassage et aux sciences alimentaires. Pour Weihenstephan, cet ancrage local soutient désormais une activité dont les revenus sont de plus en plus internationaux. Une part étrangère proche de 65 % signifie que les clients hors d’Allemagne contribuent presque deux fois plus aux revenus que les clients nationaux. Concrètement, les décisions prises sur les marchés à l’export pèsent de plus en plus sur la planification de la production, les prix et les investissements.
Le contraste avec le marché national est marqué. L’Allemagne reste l’un des pays producteurs de bière les plus connus au monde, mais les ventes intérieures sont sous pression depuis des années. Les données de Destatis pour 2025 montrent que le recul n’a pas été marginal : il a été suffisamment important pour porter le volume total à un nouveau plus bas pour la série statistique moderne. Dans ce contexte, un brasseur capable de vendre sur plusieurs marchés étrangers dispose d’un net avantage par rapport à un acteur dépendant principalement de la demande des commerces et du secteur de l’hôtellerie-restauration en Allemagne.
WELT présente Weihenstephan comme l’exemple d’une brasserie de taille moyenne qui mise sur sa marque, son pouvoir de fixation des prix et l’efficacité de sa production pour échapper aux limites d’un marché intérieur en recul. Les chiffres disponibles ne détaillent pas tous les aspects de la croissance récente de l’entreprise, et l’article ne fournit pas de ventilation annuelle complète. Le fait essentiel demeure : pour cette brasserie bavaroise appartenant à l’État, l’activité à l’étranger est devenue la principale source de revenus, tandis que le marché allemand de la bière continue de se contracter.