Les expéditions de Champagne en hausse de 3,2 % à fin septembre, portées par l’export
Les ventes à l’international ont progressé de 6,8 %, les grandes maisons devançant les vignerons malgré un recul de 2,5 % en France
lundi 19 octobre 2026

Les expéditions de Champagne ont poursuivi leur reprise à fin septembre, mais celle-ci est restée inégale selon les marchés et les catégories de producteurs, selon les données du Comité Champagne mises à jour jusqu’à la fin du mois et rapportées lundi par la publication professionnelle WineCouture. De janvier à septembre, les expéditions ont atteint 174,2 millions de bouteilles, soit une hausse de 3,2 % par rapport à la même période en 2025. À elle seule, la période de septembre a représenté 25,7 millions de bouteilles, en hausse de 7,8 % sur un an.
Les derniers chiffres prolongent le redressement amorcé en août, mois au cours duquel les expéditions mensuelles avaient progressé de 24,8 %, portant la croissance cumulée des huit premiers mois de l’année à 3,4 %. Les données de septembre montrent toutefois que la reprise n’a pas accéléré davantage. Le taux de croissance cumulé a légèrement fléchi, passant de 3,4 % fin août à 3,2 % fin septembre, signe que le marché se redresse, mais pas de façon linéaire.
La comparaison avec l’année dernière reste favorable. À la même période en 2025, les expéditions de Champagne étaient en baisse de 1,5 %. Le retour à la croissance cette année marque une nette amélioration, mais le détail des chiffres montre que la demande ne progresse pas de manière uniforme dans la filière.
Les exportations restent le principal moteur de la croissance. Les expéditions à l’international ont totalisé 109,8 millions de bouteilles au cours des neuf premiers mois de 2026, en hausse de 6,8 % sur un an. Dans ce total, les expéditions vers l’Union européenne ont progressé de 8 %, à 32,1 millions de bouteilles, tandis que celles à destination des marchés hors UE ont augmenté de 6,3 %, à 77,7 millions de bouteilles. En septembre, les expéditions à l’export ont à elles seules bondi de 10,7 %.
Le marché français continue d’accuser un retard. De janvier à septembre, les expéditions sur le marché français ont totalisé 64,4 millions de bouteilles, en baisse de 2,5 % par rapport à la même période en 2025. Le mois de septembre a été un peu mieux orienté, avec une hausse de 3,1 % des expéditions sur le marché intérieur, mais celle-ci faisait suite à une progression plus marquée de 13 % en août, après plusieurs mois difficiles. Le recul cumulé en France ne s’est que légèrement atténué, passant de -3 % fin août à -2,5 % fin septembre.
Les marchés étrangers assurent ainsi l’essentiel de la reprise. Près de deux bouteilles expédiées sur trois au cours des neuf premiers mois de l’année ont été vendues à l’étranger, ce qui souligne la dépendance croissante des résultats de la Champagne à l’égard de la demande internationale.
L’écart entre les catégories de producteurs est également marqué. Les grandes maisons de Champagne ont expédié 133 millions de bouteilles de janvier à septembre, soit 5,1 % de plus qu’un an auparavant. Elles représentaient ainsi 76,3 % de l’ensemble des expéditions de Champagne et ont été le principal moteur de la progression globale. Leurs expéditions à l’export ont augmenté de 7,7 %, tandis que celles réalisées en France restaient en baisse de 1,1 %. Pour le seul mois de septembre, les maisons ont expédié 20 millions de bouteilles, en hausse de 10 % par rapport à septembre 2025.
Même pour les grandes maisons, le rythme a toutefois légèrement ralenti par rapport à août. Leur croissance cumulée s’établissait à 5,6 % fin août, avant de reculer légèrement à 5,1 % après septembre. Les chiffres témoignent toujours d’une solide progression, mais suggèrent aussi que le net rebond d’août ne s’est pas entièrement prolongé le mois suivant.
Les vignerons indépendants restent sous pression. Leurs expéditions ont totalisé 27,4 millions de bouteilles au cours des neuf premiers mois de l’année, en baisse de 4 % par rapport à la même période en 2025. Il s’agit d’une légère amélioration par rapport au recul de 4,3 % enregistré à fin août. La principale faiblesse se situe une nouvelle fois sur le marché français, où les expéditions des vignerons ont chuté de 7 %. Leurs expéditions à l’export ont progressé de 5,7 %, sans parvenir à compenser le recul sur le marché intérieur.
Le mois de septembre n’a guère changé la donne. Les expéditions totales des vignerons indépendants ont diminué de 1,9 % sur le mois, malgré une hausse de 7,2 % de leurs exportations. Le recul mensuel était moins marqué que celui de 4,2 % enregistré en août, mais le segment est resté dans le rouge. Sur les neuf premiers mois de l’année, l’écart entre les maisons et les vignerons dépassait 9 points de pourcentage, soulignant la répartition très inégale de la reprise au sein d’une même appellation.
Les coopératives suivent une troisième trajectoire. Leurs expéditions ont totalisé 13,8 millions de bouteilles de janvier à septembre, soit un recul de 0,2 % sur un an. C’est mieux que la baisse de 1,2 % enregistrée à fin août, et le segment est désormais proche de l’équilibre. À rebours de la tendance générale, les coopératives ont davantage progressé en France qu’à l’étranger. Leurs expéditions sur le marché intérieur ont augmenté de 3,6 %, tandis que celles à l’export ont diminué de 3,8 %.
Le contraste entre les trois groupes montre que la reprise actuelle ne se résume pas à la progression des ventes de Champagne : elle dépend aussi des modèles économiques les mieux placés pour capter la demande. Les maisons ont le plus bénéficié des marchés internationaux, les vignerons indépendants n’ont profité que partiellement de la progression des exportations, tandis que les coopératives ont davantage été soutenues par le marché français que par les marchés étrangers.
Pour l’ensemble du secteur des boissons, cette évolution contrastée pourrait influer sur les décisions d’achat et de distribution dans le secteur des vins effervescents. Les acheteurs pourraient continuer à privilégier les grandes marques de Champagne, qui disposent de réseaux d’exportation plus solides, tandis que la faiblesse de la demande en France et le recul persistant des producteurs indépendants risquent de maintenir la pression sur les petites marques et le circuit intérieur.
Un indicateur de plus long terme témoigne également d’un redressement progressif plutôt que rapide du marché. Sur les 12 mois allant d’octobre 2025 à septembre 2026, les expéditions de Champagne ont totalisé 271,4 millions de bouteilles, en hausse de 0,8 % par rapport aux 12 mois précédents. Fin août, ce total glissant s’élevait à 271 millions de bouteilles, en hausse de 0,6 %. Septembre a ajouté environ 400 000 bouteilles au total sur 12 mois et légèrement relevé le taux de croissance annuel, tout en reflétant les mois plus faibles enregistrés plus tôt dans la période.