AB InBev fait bondir son bénéfice trimestriel de 22,4 %
La bière premium, les marques sans alcool et les ventes numériques tirent le chiffre d’affaires en hausse de 4,9 %, malgré le recul des volumes en Chine
vendredi 30 octobre 2026

Anheuser-Busch InBev a annoncé jeudi 29 octobre une hausse organique de 4,9 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre et une forte progression de ses bénéfices. La croissance de la bière premium, des produits sans alcool et des ventes numériques a contribué à compenser la faiblesse de la demande en Chine et la hausse des coûts sur certains marchés.
Le premier brasseur mondial a indiqué que son chiffre d’affaires publié avait atteint 16,5 milliards de dollars au trimestre, en hausse de 9,1 % sur un an, grâce notamment aux effets de change. Le chiffre d’affaires organique, qui exclut les variations de change et d’autres éléments, a progressé de 4,9 %. Les volumes totaux ont augmenté de 0,4 %, les volumes de bière reculant de 0,1 % et ceux des boissons hors bière progressant de 4,0 %.
Le bénéfice sous-jacent par action a augmenté de 22,4 %, à 1,21 dollar, contre 0,99 dollar un an plus tôt. Le bénéfice sous-jacent est passé de 2,0 à 2,4 milliards de dollars. Le bénéfice attribuable aux actionnaires d’AB InBev a progressé de 1,1 à 1,6 milliard de dollars.
L’EBITDA normalisé, indicateur des résultats opérationnels utilisé par l’entreprise, a progressé de 3,9 %, à 6,0 milliards de dollars. La marge correspondante a reculé de 34 points de base, à 36,1 %. L’entreprise a expliqué cette baisse par l’augmentation des dépenses commerciales et marketing et par la pression des coûts des matières premières.
Le directeur général, Michel Doukeris, a déclaré que le trimestre témoignait d’« une croissance solide aujourd’hui, tout en investissant pour demain », mettant en avant le portefeuille de marques mondiales et les plateformes numériques du groupe.
Pour les neuf premiers mois clos le 30 septembre, AB InBev a fait état d’une hausse de 5,4 % de son chiffre d’affaires organique, à 48,4 milliards de dollars, et d’une progression de 0,7 % des volumes. Le bénéfice sous-jacent par action a augmenté de 22,2 % sur la période, à 3,40 dollars. Le bénéfice publié attribuable aux actionnaires a atteint 7,9 milliards de dollars, contre 4,9 milliards sur la même période un an plus tôt.
Le brasseur a indiqué que le chiffre d’affaires cumulé de ses méga-marques avait progressé de 7,7 % au trimestre, porté par Corona, dont le chiffre d’affaires hors de son marché domestique a augmenté de 20 %. Les ventes de bière sans alcool ont bondi de 35 %, tandis que le chiffre d’affaires de Beyond Beer a progressé de 19 %. L’entreprise a précisé que BEES Marketplace, qui commercialise des produits de tiers via sa plateforme interentreprises, avait généré une valeur brute de marchandises de 1,4 milliard de dollars au trimestre, en hausse de 45 %.
AB InBev a indiqué avoir gagné ou conservé des parts de marché dans environ deux tiers de ses marchés au cours du trimestre. L’entreprise a également enregistré des volumes trimestriels record pour un troisième trimestre dans 15 marchés, notamment en Colombie, au Pérou, en Équateur, en Afrique du Sud, en République dominicaine et en Inde.
Les résultats du groupe ont fortement varié selon les régions. Aux États-Unis, le chiffre d’affaires du troisième trimestre a reculé de 1,2 %, tandis que le chiffre d’affaires par hectolitre progressait de 1,5 %. Les ventes aux détaillants ont baissé de 3,1 % et l’EBITDA de 4,0 %. AB InBev a indiqué que la hausse des dépenses marketing, des coûts des matières premières et du transport avait pesé sur les résultats. Le groupe a toutefois affirmé que ses marques continuaient de gagner des parts de marché dans la bière et les spiritueux, selon les données de Circana. Michelob Ultra et Busch Light ont tiré les résultats du groupe dans la bière, tandis que Cutwater et Nutrl ont porté la croissance de Beyond Beer.
Le Mexique a affiché de meilleurs résultats : AB InBev y a fait état d’une croissance du chiffre d’affaires à un taux élevé à un chiffre, d’une progression des volumes à un taux moyen à un chiffre et d’une hausse de l’EBITDA à un taux faible à deux chiffres. L’entreprise a attribué ces résultats aux gains de parts de marché et à la croissance du secteur, soulignant que Modelo, Pacifico et Michelob Ultra avaient tiré son portefeuille premium.
En Colombie, AB InBev a indiqué que son chiffre d’affaires avait progressé à un taux moyen à deux chiffres et ses volumes à un taux moyen à un chiffre. Le groupe a notamment évoqué des volumes record pour un troisième trimestre et des gains dans toutes les tranches de prix. Au Brésil, le chiffre d’affaires a augmenté de 5,3 %, les volumes totaux de 1,4 % et l’EBITDA de 6,1 %. L’entreprise a précisé que les marques de bière premium et super premium avaient tiré la croissance dans le pays.
Selon l’entreprise, l’Europe a enregistré une légère croissance de son chiffre d’affaires, pour des volumes stables, mais l’EBITDA a reculé à un taux moyen à un chiffre sous l’effet de la hausse des dépenses marketing et des coûts des matières premières. L’Afrique du Sud a affiché une croissance du chiffre d’affaires à un taux élevé à un chiffre et une progression des volumes à un taux faible à un chiffre. AB InBev a indiqué que les volumes trimestriels y avaient atteint un record pour un troisième trimestre.
La Chine a été le principal marché le plus faible. AB InBev a indiqué que les volumes y avaient chuté de 16,8 % au trimestre, le groupe ayant ajusté ses stocks dans un contexte sectoriel qu’il a qualifié de difficile, marqué par des conditions météorologiques inhabituelles et la faiblesse persistante des bars et des restaurants. Le chiffre d’affaires par hectolitre est resté stable et l’EBITDA a reculé de 30,5 %. Sur les neuf premiers mois, les volumes en Chine ont baissé de 9,7 %.
L’entreprise a déclaré que la croissance généralisée des autres régions avait largement compensé le recul enregistré en Chine. Au trimestre, les volumes ont progressé de 7,3 % en Amériques centrales et de 0,8 % en Amérique du Sud. Ils ont augmenté de 2,5 % en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. Les volumes ont reculé de 2,5 % en Amérique du Nord et de 11,0 % en Asie-Pacifique.
AB InBev a également mis en avant ses activités numériques. Au 30 septembre, sa plateforme BEES était présente sur 30 marchés et 73 % du chiffre d’affaires transitait par des canaux numériques interentreprises, a indiqué le groupe. La valeur brute totale des marchandises sur BEES a progressé de 12 %, à 15,9 milliards de dollars au trimestre. Ses plateformes de vente directe aux consommateurs, dont Zé Delivery, TaDa Delivery et PerfectDraft, comptaient 13 millions de consommateurs actifs et ont généré 158 millions de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 9 %.
Le brasseur a relevé son dividende intérimaire à 0,40 euro par action pour l’exercice 2026, contre 0,15 euro pour l’exercice 2025. L’entreprise a expliqué que cette hausse reflétait une génération de trésorerie plus importante et un bilan plus flexible. Elle a indiqué avoir réalisé 2,6 milliards de dollars sur les 6 milliards prévus dans le programme de rachat d’actions annoncé le 30 octobre 2025, au 26 octobre.
Pour le reste de l’année, AB InBev prévoit toujours une croissance de l’EBITDA conforme à son objectif à moyen terme de 4 % à 8 %. Le groupe anticipe des charges trimestrielles d’intérêts nets sur les retraites et de désactualisation comprises entre 190 et 220 millions de dollars, un taux d’imposition effectif normalisé de 26 % à 28 % et des dépenses d’investissement nettes de 3,5 à 4,0 milliards de dollars pour l’exercice 2026.
L’entreprise a indiqué que son taux d’imposition effectif normalisé s’était établi à 26,9 % au troisième trimestre, contre 25,1 % un an plus tôt, principalement en raison de la répartition géographique de ses activités. Les charges financières nettes ont reculé à 908 millions de dollars au trimestre, contre 1,17 milliard.
AB InBev a également fait état de progrès modestes dans la réalisation de ses objectifs de développement durable. Sur les neuf premiers mois, son efficacité dans l’utilisation de l’eau s’est améliorée, passant de 2,4 à 2,3 hectolitres d’eau par hectolitre de production. L’efficacité énergétique moyenne est passée de 84,6 à 81,2 mégajoules par hectolitre, et les émissions absolues des scopes 1 et 2 ont diminué de 1,8 %, à 2,3 millions de tonnes métriques d’équivalent CO2.
Le brasseur, dont le portefeuille comprend Budweiser, Corona, Stella Artois et Michelob Ultra, a déclaré rester déterminé à investir dans ses grandes marques et ses plateformes de croissance, tout en maîtrisant les coûts et les retours aux actionnaires. Ses résultats du troisième trimestre montrent que les produits premium et les canaux numériques continuent de soutenir la croissance, alors que la faiblesse en Chine et les pressions sur les marges restent des risques importants pour les derniers mois de l’année.