07-09-2026

Lundi, la France a engagé les premières reconnaissances officielles de l’État pour les pertes de récolte de 2026 causées par les vagues de chaleur et la sécheresse, une étape qui ouvre la voie à une indemnisation dès octobre pour les agriculteurs non assurés des zones touchées, a indiqué le ministère de l’Agriculture.
Le ministère a indiqué que la procédure d’urgence a été accélérée et simplifiée dans le cadre du plan du gouvernement Climat-Adaptation-Sécheresse-Feux, connu sous le nom de CASI, présenté par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 4 septembre. L’objectif est d’acheminer plus rapidement les fonds vers les agriculteurs les plus durement touchés par les conditions météorologiques extrêmes de l’été que selon le calendrier habituel.
Les premières décisions ont été prises lundi à l’issue d’une réunion exceptionnelle du Comité national de gestion des risques en agriculture, ou CNGRA, et du CODAR, la commission qui contribue à superviser la politique d’assurance des dommages aux récoltes. Selon le ministère, ces instances ont examiné les premières demandes de reconnaissance de pertes de récolte liées aux vagues de chaleur et à la sécheresse de 2026 pour des cultures non assurées.
Le ministère a indiqué que des zones couvrant tout ou partie de 18 départements ont été reconnues lors de cette première salve. Il s’agit de l’Ardèche, de la Corrèze, des Côtes-d’Armor, de l’Eure-et-Loir, de l’Ille-et-Vilaine, de l’Indre, du Loir-et-Cher, de la Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, de la Haute-Marne, de la Mayenne, du Morbihan, de l’Oise, du Puy-de-Dôme, du Rhône, de la Sarthe, de la Vendée et de la Haute-Vienne.
Cette reconnaissance permet aux services déconcentrés de l’État, appelés directions départementales des territoires, d’ouvrir dans les prochains jours les premières fenêtres de dépôt au titre de l’ISN. Les agriculteurs pourront ensuite déposer des demandes individuelles d’indemnisation pour examen. Le ministère a indiqué que les premiers versements de l’ISN aux exploitants non assurés sont attendus à partir d’octobre 2026.
Les reconnaissances initiales couvrent les grandes cultures ainsi que les fruits et légumes, pour lesquels des évaluations de pertes ont déjà été documentées au niveau départemental. Le ministère n’a pas fourni le nombre total d’exploitations susceptibles d’être éligibles dans cette première phase, ni estimé le montant des premiers versements.
Pour les agriculteurs assurés, le système est différent. Le ministère a indiqué que les versements d’ISN pour les exploitations assurées sont gérés par les compagnies d’assurance, qui se sont engagées en juillet à accélérer le traitement des sinistres et à verser plus rapidement des avances, à la fois sur la part d’assurance privée et sur la part de solidarité nationale. Pour soutenir cet effort, le gouvernement a publié le 31 juillet un décret portant à 80 % le plafond de l’avance d’ISN pour les exploitations assurées.
Cette annonce constitue l’une des premières mesures administratives concrètes depuis que le gouvernement a reconnu la gravité des conditions sèches de cette année. Dans un communiqué distinct la semaine dernière, le gouvernement a indiqué avoir débloqué plus de 1 milliard d’euros pour soutenir les agriculteurs et maintenir la production après la sécheresse. La décision de lundi recentre l’action des mesures de soutien générales vers les premières reconnaissances départementales nécessaires à l’indemnisation directe des pertes de récolte.
Le ministère a qualifié la sécheresse de 2026 d’exceptionnelle et a indiqué que ces décisions accélérées reflètent les mesures 1 et 2 du plan CASI. Il a également précisé qu’une deuxième réunion exceptionnelle du CNGRA et du CODAR se tiendra le 1er octobre pour examiner d’autres demandes de reconnaissance au titre de l’ISN liées aux mêmes vagues de chaleur et à la même sécheresse. Ces nouveaux dossiers seront fondés sur les dossiers transmis par les services déconcentrés de l’État avant le 15 septembre.
Une autre mesure liée au plan CASI a également progressé lundi. Le ministère a indiqué qu’un projet de décret visant à mettre en œuvre une « moyenne olympique sur 8 ans » a été présenté au CODAR et sera bientôt envoyé pour avis au comité consultatif de la législation et de la réglementation financières, avant une publication rapide. En politique agricole, une moyenne olympique consiste généralement à écarter les valeurs extrêmes hautes et basses d’une série pluriannuelle afin de calculer une moyenne de référence, une méthode souvent utilisée pour évaluer les pertes de manière plus homogène après des saisons volatiles.
Le calendrier compte pour les exploitations qui ne disposent pas d’une assurance récolte, car le temps sec peut les exposer à une pression immédiate sur la trésorerie avant le prochain cycle de semis ou de récolte. Dans de nombreux cas, les producteurs doivent absorber des rendements plus faibles tout en continuant à payer l’irrigation, les intrants, la main-d’œuvre et le service de la dette. En avançant le processus de reconnaissance à début septembre et en indiquant que les premiers versements commenceront en octobre, le gouvernement cherche à réduire cet intervalle.
Les effets pourraient dépasser le cadre des exploitations. Dans les zones frappées par la sécheresse qui fournissent des céréales, des fruits et d’autres intrants agricoles, une indemnisation plus rapide pourrait atténuer une partie de la tension financière dans certains maillons de la chaîne des matières premières utilisée par les brasseurs, les producteurs de cidre, les distillateurs, les producteurs de jus et d’autres entreprises du secteur des boissons. Cela ne signifie pas que les risques d’approvisionnement ont disparu, et la première annonce du ministère ne mentionne pas spécifiquement les cultures destinées aux boissons. Mais dans les régions où les pénuries d’eau ont déjà réduit les récoltes, un soutien public plus précoce pourrait aider à stabiliser certains producteurs qui alimentent ces marchés.
Le communiqué du ministère n’a pas indiqué si un plus grand nombre de départements devraient être ajoutés en nombre important lors de l’examen du 1er octobre, mais la structure du processus laisse penser que les approbations de lundi ne constituent que la première vague. Comme les reconnaissances actuelles reposent sur des pertes déjà documentées localement, de nouveaux dossiers pourraient émerger au fur et à mesure que les départements achèvent les constatations sur le terrain et les transmettent à Paris.
L’annonce donne aussi une image plus claire de la manière dont la France répartit son soutien entre producteurs assurés et non assurés lors d’un choc climatique. Les agriculteurs assurés passent par les assureurs, avec à la clé une avance publique potentiellement plus élevée, tandis que les producteurs non assurés doivent d’abord attendre la reconnaissance officielle des pertes avant que les services locaux puissent ouvrir les demandes. Les décisions de lundi lancent cette seconde voie, suivie de près dans les zones où les vagues de chaleur répétées et les déficits de pluie ont durement touché la production cet été.
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