14-08-2026

Les contrats de vin en vrac en Occitanie ont affiché une nette progression pour le vin sans indication géographique au cours des 48 premières semaines de la campagne commerciale 2025/26, tandis que les échanges de vin IGP sont restés quasiment inchangés, selon des chiffres publiés par la DRAAF Occitanie et FranceAgriMer.
Les données couvrent les contrats soumis à approbation jusqu’au 1er juillet dans la plus grande région viticole de France. Elles portent sur les transactions de vrac enregistrées, et non sur la production, les exportations ou les ventes finales au détail. Elles offrent néanmoins un aperçu précis de la manière dont acheteurs et vendeurs évoluent sur l’un des marchés du vin les plus importants d’Europe.
Les transactions portant sur le vin sans indication géographique ont atteint 1,81 million d’hectolitres, contre 1,67 million d’hectolitres sur la même période un an plus tôt. Cela représente une hausse de 8 %, soit environ 14 millions de litres de vin supplémentaires transitant par le marché du vrac enregistré.
À l’inverse, le vin IGP, catégorie liée à une indication géographique protégée, est resté presque stable. Les contrats enregistrés ont totalisé 5,17 millions d’hectolitres, contre 5,19 millions d’hectolitres un an plus tôt, soit un recul d’environ 2 millions de litres.
L’écart devient plus marqué sur une période plus longue. Par rapport à la moyenne des quatre campagnes précédentes, le volume de vin sans indication géographique est en hausse de 24 %. Les volumes d’IGP, en revanche, restent 12 % en dessous de cette moyenne. Ces chiffres suggèrent que le basculement vers les vins sans origine sur le marché du vrac ne se limite pas à une seule saison.
Dans le même temps, le vin IGP a continué d’afficher une meilleure capacité à tenir ses prix. Le prix moyen des contrats IGP a progressé de 3 % à 95,73 € par hectolitre, contre 93,24 € un an plus tôt. Le vin sans indication géographique est resté presque inchangé à 80,77 € par hectolitre. Le vin IGP se négocie ainsi avec une prime significative, même si son volume échangé a cessé de croître.
La combinaison de volumes en hausse pour le vin sans IG et de prix plus fermes pour l’IGP indique un marché à deux vitesses. Les acheteurs semblent disposés à prendre davantage de vin sans indication géographique, qui offre généralement plus de souplesse pour l’assemblage et les marques propres dans les circuits du vrac. Mais la catégorie IGP montre toujours que l’étiquetage d’origine peut soutenir les prix même lorsque les volumes sont sous pression.
L’Occitanie compte en raison de son poids. Cette région du sud de la France est un important fournisseur de vin en vrac pour les débouchés nationaux et à l’export, et les évolutions qui s’y produisent peuvent refléter des changements plus larges de la demande française et européenne. Lorsque les échanges sans IG progressent en Occitanie, cela peut signaler que les acheteurs se tournent vers des styles de vin moins coûteux ou plus adaptables. Lorsque les prix de l’IGP augmentent malgré des volumes stables, cela peut indiquer qu’une partie du marché accorde encore suffisamment de valeur à la traçabilité et à l’origine pour payer davantage.
Les derniers chiffres n’indiquent pas pourquoi chaque contrat a été signé, et ils ne révèlent pas non plus comment le vin sera finalement vendu. Les données sur le négoce du vrac ne peuvent pas non plus montrer si les consommateurs finaux modifient leurs préférences, puisque le vin peut ensuite être mis en bouteille sous d’autres étiquettes, utilisé dans des assemblages ou vendu via des circuits interentreprises. Néanmoins, les contrats enregistrés fournissent un indicateur en temps utile du comportement commercial entre producteurs, coopératives, négociants et autres acteurs du marché.
Pour les producteurs d’Occitanie, ces données soulignent une tension familière. Le vin sans indication géographique gagne du terrain en volume, ce qui peut aider à écouler les stocks dans un marché difficile. Mais son prix reste nettement en dessous du niveau IGP et n’a presque pas augmenté sur la dernière période. Le vin IGP, de son côté, ne progresse pas en volume échangé, mais il reste la catégorie qui dispose de la plus grande marge d’amélioration de la valeur par hectolitre.
Les chiffres ont été publiés le 13 août par la DRAAF Occitanie et FranceAgriMer. Pris ensemble, ils montrent un marché du vin en vrac où la demande continue de se déplacer vers le vin sans indication géographique, tandis que le vin IGP conserve une position plus solide sur les prix.
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