24-07-2026

Le Canada prépare des mesures de rétorsion si les États-Unis vont de l’avant avec les nouveaux droits de douane annoncés par le président Donald Trump, y compris des taxes qui toucheraient les spiritueux et d’autres biens échangés de part et d’autre de la frontière.
Le premier ministre Mark Carney a déclaré jeudi que son gouvernement intensifie les négociations avec Washington, mais qu’il est prêt à réagir si les droits de douane américains entrent en vigueur le 19 août. Selon le plan annoncé, les nouveaux droits atteindraient 50 % sur certains produits canadiens.
Les propos de Carney interviennent alors que les tensions remontent dans l’une des relations commerciales les plus importantes d’Amérique du Nord. Le Canada et les États-Unis sont les principaux partenaires commerciaux l’un de l’autre dans un large éventail de secteurs, de l’industrie manufacturière à l’agriculture, en passant par l’énergie et les biens de consommation. Tout nouveau cycle de droits de douane ajouterait de la pression sur les entreprises qui dépendent des chaînes d’approvisionnement transfrontalières et pourrait rapidement se répercuter sur les prix de détail.
L’inclusion des spiritueux est particulièrement sensible pour le secteur des boissons. Distillateurs, importateurs, distributeurs et acteurs de l’hôtellerie-restauration des deux pays sont exposés à des flux commerciaux qui font circuler spiritueux, vin et bière au sein d’un marché nord-américain intégré. Si des droits de douane sont imposés et que le Canada répond par des contre-mesures, cela pourrait entraîner une hausse des coûts, perturber les plans d’approvisionnement et accroître l’incertitude pour les restaurants, bars et détaillants qui dépendent de produits provenant des deux côtés de la frontière.
Carney n’a pas détaillé quelles mesures de rétorsion précises Ottawa prendrait, mais son message était clair : le Canada ne laisserait pas ces mesures sans réponse si elles étaient mises en œuvre. Son gouvernement s’efforce de maintenir les discussions avec l’administration Trump afin d’éviter une nouvelle escalade avant l’échéance d’août.
Ce différend s’ajoute à des inquiétudes plus larges concernant la politique commerciale sous Trump, qui a à plusieurs reprises utilisé les droits de douane comme outil de négociation, tant avec ses alliés qu’avec ses rivaux. Pour le Canada, cette approche a un poids particulier en raison de la profondeur de l’intégration économique entre les deux pays. Les marchandises franchissent quotidiennement la frontière en volumes importants, et de nombreux secteurs fonctionnent avec une production, un conditionnement ou une distribution répartis entre des installations canadiennes et américaines.
Pour les producteurs de boissons, cette structure compte au-delà des bouteilles finies sur les étagères des magasins. Les droits de douane peuvent toucher les ingrédients, les matériaux d’emballage, les expéditions en vrac et les produits de marque transitant par les grossistes. Même lorsque les droits visent une catégorie étroite, les entreprises sont souvent confrontées à des effets secondaires tels que des ajustements de stocks, des modifications de contrats et des changements logistiques. Les petits opérateurs peuvent être particulièrement vulnérables, car ils disposent de moins de marge pour absorber des hausses soudaines de coûts.
Le dernier avertissement d’Ottawa intervient aussi à un moment où les producteurs d’alcool font déjà face à une demande des consommateurs inégale, à des dépenses sensibles à l’inflation et à des marges plus serrées dans certaines parties du marché. Une guerre tarifaire impliquant les spiritueux pourrait compliquer la planification des ventes d’automne et des fêtes de fin d’année, périodes durant lesquelles de nombreux fournisseurs verrouillent leurs commandes longtemps à l’avance.
La déclaration de Carney a montré que le Canada souhaite préserver une marge de négociation tout en indiquant clairement qu’il est prêt à un affrontement si les discussions échouent. À l’approche du 19 août, exportateurs, importateurs et entreprises du secteur des boissons des deux côtés de la frontière surveillent de près les signes permettant de savoir si le différend sera réglé par la négociation ou s’il s’étendra en un autre conflit commercial coûteux.
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