La France, les États-Unis et l'Italie se partagent les deux tiers du marché sud-coréen du vin en valeur
Ces trois fournisseurs ont réalisé un chiffre d'affaires cumulé de 121,5 millions d'euros au premier semestre
lundi 10 août 2026

La Corée du Sud a importé 27,6 millions de litres de vin au premier semestre 2026, soit 0,8 % de moins qu’un an plus tôt, tandis que la valeur de ces achats a reculé de 4,7 % à 184,2 millions d’euros, selon des données de la Korea Trade Statistics Promotion Institute analysées par l’Organisation interprofessionnelle espagnole du vin, connue sous le nom d’OIVE. Le prix moyen à l’importation a cédé 3,9 % à 6,67 € le litre. Par rapport au premier semestre 2025, le marché a acheté 232 000 litres de moins et dépensé environ 9 millions d’euros de moins, signe que le ralentissement tient davantage à la baisse des prix qu’à un net repli de la demande.
La France est restée le premier fournisseur de vin de la Corée du Sud en valeur. Les expéditions françaises ont atteint 70,7 millions d’euros sur la période de janvier à juin, en hausse de 2,6 % sur un an. Les États-Unis ont conservé la deuxième place avec 27,6 millions d’euros, en baisse de 5,4 %, et l’Italie est restée troisième à 23,2 millions d’euros, en recul de 7,6 %. Ensemble, ces trois pays ont représenté près de 66 % de la valeur du marché sud-coréen du vin importé au cours des six premiers mois de l’année.
Derrière eux, le Chili a enregistré l’un des reculs les plus marqués parmi les grands fournisseurs. Ses ventes à la Corée du Sud ont chuté de 20,2 % en valeur à 16,4 millions d’euros. La Nouvelle-Zélande a également perdu du terrain, en baisse de 11,9 % à 14 millions d’euros. L’Espagne est restée stable en valeur à 13,2 millions d’euros, ce qui lui a permis de conserver la sixième place en termes de chiffre d’affaires, juste devant l’Australie à 7,5 millions d’euros et l’Allemagne à 3,7 millions d’euros. L’Argentine a été l’un des rares pays à enregistrer une hausse, de 4,5 % à 2,69 millions d’euros. Le Japon a progressé de 17,5 % à 608 521 euros, et Hong Kong a plus que doublé à 500 280 euros, même si les deux restent de petits fournisseurs en volume absolu.
Le classement change lorsque le marché est mesuré en volume plutôt qu’en valeur. L’Espagne est passée en tête en volume au premier semestre 2026, dépassant le Chili avec 6,3 millions de litres expédiés vers la Corée du Sud, soit une hausse de 13,1 % sur un an. L’Espagne a exporté environ 700 000 litres de plus que sur la même période de 2025. OIVE a indiqué que cette hausse était principalement tirée par le vin en vrac, dont les expéditions ont bondi de 62,5 %, soit environ 1,1 million de litres, et qui affiche un prix moyen inférieur à celui du vin en bouteille.
Le Chili est retombé à la deuxième place en volume après une baisse de 16 % de ses exportations vers la Corée du Sud, à 4,9 millions de litres. La France s’est classée troisième en volume avec 4,1 millions de litres, en baisse de 2,7 %, tandis que l’Italie a pris la quatrième place avec 3,15 millions de litres, en recul de 12 %. L’écart entre la première place de l’Espagne en volume et sa sixième place en valeur indique un prix de vente moyen plus faible pour le vin espagnol en Corée du Sud que la moyenne du marché.
Cet effet prix a façonné le marché dans son ensemble. La facture d’importation de la Corée du Sud a reculé plus vite que ses volumes, et le prix moyen a baissé de 0,27 € le litre par rapport au premier semestre de l’an dernier. La France s’est distinguée comme la principale exception parmi les grands fournisseurs, parvenant à augmenter la valeur de ses ventes alors même que le marché s’affaiblissait globalement. Les États-Unis et l’Italie, deux grands fournisseurs de produits haut de gamme, ont perdu du terrain en valeur, tandis que le Chili a été touché à la fois en valeur et en volume.
Sur une période plus longue de 12 mois, le marché a néanmoins continué d’envoyer des signaux contrastés. Sur les 12 mois jusqu’en juin 2026, la Corée du Sud a importé 56,2 millions de litres de vin, en hausse de 1,3 %, mais la valeur de ces importations a reculé de 9,2 % à 375,5 millions d’euros. Cela signifie que le marché a acheté environ 740 000 litres de plus que sur la période de 12 mois précédente, mais a dépensé 38 millions d’euros de moins. Ces chiffres suggèrent que les importateurs ont continué à reconstituer les volumes tout en se tournant vers des produits moins chers ou en négociant à des prix plus bas.
La tendance de fond explique pourquoi les exportateurs continuent de surveiller de près la Corée du Sud. L’analyse de l’OIVE montre que la valeur des importations sud-coréennes de vin a progressé presque sans interruption de la fin de 2020 jusqu’aux 12 mois clos en février 2023, lorsque le marché a atteint un record de 560 millions d’euros. Depuis, la tendance en valeur est orientée à la baisse. Le volume a suivi une trajectoire légèrement différente. Il a continué à progresser jusqu’aux 12 mois clos en février 2022, lorsque les importations ont atteint un sommet de 77,2 millions de litres. Les volumes ont ensuite reculé à 52 millions de litres sur les 12 mois clos en juillet 2024 avant de commencer à se redresser.
Même avec un début de 2026 plus faible, la Corée du Sud demeure l’un des marchés d’importation de vin à la croissance la plus rapide de la dernière décennie. Par rapport à 2015, le pays a importé 213,6 millions d’euros de vin de plus et 56,5 millions de litres de plus en 2025. Cette expansion de long terme explique pourquoi la France, les États-Unis et l’Italie concentrent encore la majeure partie de la valeur du marché, et pourquoi l’Espagne continue de viser la croissance en volume, même à des prix plus bas.