29-06-2026

La Chine a réduit ses importations de vin en valeur comme en volume au premier trimestre 2026, prolongeant un ralentissement plus large sur l’un des marchés du vin les plus suivis au monde. Les données douanières chinoises analysées par l’Organisation interprofessionnelle du vin espagnol, connue sous le nom d’OIVE, montrent que les importations de janvier à mars sont tombées à 285 millions d’euros, en baisse de 10,6 % sur un an, tandis que les volumes ont reculé de 10,9 % à 49,4 millions de litres.
Le recul a été alimenté par une baisse des achats de vin conditionné comme de vin en vrac, même si les deux segments ont évolué différemment sur les prix. Le prix moyen à l’importation pour l’ensemble des vins a légèrement augmenté de 0,4 % à 5,77 euros par litre, reflétant des prix plus fermes dans les catégories en bouteille, alors que les valeurs du vin en vrac ont fortement chuté.
Les vins conditionnés, qui incluent les vins effervescents, les vins tranquilles en bouteille et les formats bag-in-box, sont restés le cœur du commerce du vin importé en Chine. Les importations de ce segment ont atteint 272,4 millions d’euros sur le trimestre, en baisse de 6,6 %, tandis que le volume a reculé de 9 % à 29,6 millions de litres. Le prix moyen du vin conditionné a augmenté de 2,6 % à 9,20 euros par litre.
Le vin en vrac a enregistré un recul bien plus marqué. La Chine a importé pour 12,7 millions d’euros de vin en vrac sur le trimestre, soit une baisse de 53,5 %, tandis que le volume a diminué de 13,7 % à 19,8 millions de litres. Le prix moyen a chuté de 46,1 % à 0,64 euro par litre, signe d’une forte pression sur le bas de gamme du marché.
Ces chiffres suggèrent que le marché chinois des importations continue globalement de se contracter, mais avec davantage de résistance dans les vins conditionnés à plus forte valeur que dans les expéditions en vrac. Le vin effervescent a été l’une des rares catégories à afficher une croissance en volume. Les importations de vin effervescent ont reculé de 1,3 % en valeur à 12,78 millions d’euros, mais le volume a progressé de 3,9 % à 1,47 million de litres. Son prix moyen a baissé de 5,1 % à 8,68 euros par litre.
Le vin tranquille en bouteille dans des contenants de moins de deux litres, de loin le segment le plus important, a totalisé 257,09 millions d’euros, en baisse de 7,1 %, avec un volume en recul de 8,5 % à 27,85 millions de litres. Le prix moyen a légèrement augmenté de 1,5 % à 9,23 euros par litre.
Le vin bag-in-box a affiché une volatilité inhabituelle. La valeur des importations a augmenté de 47 % à 2,50 millions d’euros alors même que le volume chutait de 58 % à environ 270 000 litres. Cela a fait grimper le prix moyen de 250,1 % à 9,20 euros par litre, un mouvement brusque qui peut refléter des changements dans le mix produit plutôt qu’une demande générale.
L’Australie est restée de loin le premier fournisseur étranger de vin de la Chine au cours du trimestre, malgré une baisse en valeur. Les expéditions australiennes ont représenté 128,5 millions d’euros de janvier à mars, en baisse de 10,5 % sur un an. En volume, en revanche, l’Australie a fortement progressé, en hausse de 25,9 % à 23,1 millions de litres.
La France s’est classée deuxième en valeur et a été l’un des rares grands fournisseurs à enregistrer une croissance. Les exportations françaises vers la Chine ont atteint 79,3 millions d’euros, en hausse de 8,9 %, tandis que le volume a reculé de 5,2 % à 6,8 millions de litres. Le contraste entre la hausse de la valeur et la baisse du volume indique des prix moyens plus élevés pour les vins français.
Le Chili occupait la troisième place en valeur avec 20,4 millions d’euros, en baisse de 38,7 %, et la deuxième place en volume avec 8,4 millions de litres, en baisse de 54,8 %. L’Italie suivait avec 18,1 millions d’euros en valeur, en baisse de 27,5 %, et 3 millions de litres en volume, en baisse de 9,2 %.
La Nouvelle-Zélande s’est classée cinquième en valeur avec 9,6 millions d’euros, en hausse de 24,3 %, ce qui en fait l’un des meilleurs résultats parmi les exportateurs établis au cours du trimestre.
L’Espagne s’est placée au sixième rang parmi les fournisseurs de vin conditionné, tant en valeur qu’en volume. Les exportations espagnoles de vin conditionné vers la Chine ont totalisé 7,2 millions d’euros, en baisse de 25,8 %, avec des expéditions en recul de 21,1 % à 1,8 million de litres. En vin en vrac, l’Espagne a expédié pour environ 110 000 euros et quelque 90 000 litres, se classant cinquième sur ces deux critères.
Parmi l’ensemble des fournisseurs en valeur, les principaux pays sur le marché chinois des importations au cours du trimestre étaient l’Australie, la France, le Chili, l’Italie, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne, les États-Unis, l’Allemagne et la Géorgie.
Les États-Unis, selon la même base de données, ont eux aussi enregistré un net recul, avec une baisse de 46,8 % de la valeur des importations et de 45,3 % du volume. À l’inverse, des fournisseurs plus modestes comme l’Allemagne, la Géorgie et l’Afrique du Sud ont affiché des gains en volume à partir de bases plus faibles.
Les résultats du premier trimestre s’inscrivent aussi dans une tendance de plus long terme à la baisse des importations chinoises de vin au cours des cinq dernières années. Pour le seul vin conditionné, les importations s’élevaient à 336,1 millions d’euros et 75,6 millions de litres au premier trimestre 2021. À la même période de 2026, ces chiffres étaient tombés à 272,4 millions d’euros et 29,6 millions de litres.
Le vin en vrac a également perdu du terrain sur cette période. Les importations sont passées de 23,2 millions d’euros et 31,7 millions de litres au premier trimestre 2021 à 12,7 millions d’euros et 19,8 millions de litres cette année.
Pour les exportateurs qui considèrent la Chine comme un marché de destination, les derniers chiffres pointent vers un marché qui achète globalement moins de vin importé et s’éloigne plus vite des expéditions en vrac à bas prix que des produits en bouteille. L’Australie continue de dominer par son volume, la France résiste mieux en valeur, et l’Espagne reste sous pression alors que la demande chinoise faiblit sur une grande partie de la catégorie.
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