TCB Beverages ouvrira sa première brasserie espagnole à Utrera

L’usine de marque de distributeur, d’un montant de 10 millions d’euros, devrait produire 75 millions de litres par an dans sa première phase et créer 60 emplois.

16-07-2026

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TCB Beverages ouvrira sa première brasserie espagnole à Utrera

Un groupe brassicole allemand se prépare à ouvrir dans le sud de l’Espagne une importante usine de bière de marque de distributeur, marquant ainsi son premier site de production dans le pays alors qu’il cherche à se développer sur l’un des marchés de la bière les plus établis d’Europe.

Le projet sera implanté à Utrera, une ville de la province de Séville, où les responsables locaux indiquent que l’installation devrait devenir la deuxième plus grande usine de bière d’Andalousie en volume, derrière la brasserie Heineken de Séville. À pleine capacité, la nouvelle usine devrait produire plus de 150 millions de litres de bière par an. Dans sa première phase, la production devrait atteindre 75 millions de litres par an, avec un démarrage des opérations prévu d’ici la fin de cette année ou au début de 2027.

L’investisseur est TCB Beverages, un groupe allemand décrit par les autorités locales comme l’un des plus grands producteurs européens de bière de marque de distributeur. L’entreprise exploite déjà des sites industriels en Allemagne, en France et aux États-Unis. L’usine d’Utrera sera sa première en Espagne, une décision qui reflète à la fois la vigueur de la consommation de bière dans le pays et le rôle croissant des produits de marque propre des supermarchés dans la distribution à grande échelle.

Le maire d’Utrera, Curro Jiménez, a annoncé les détails du projet lors d’une conférence de presse, le présentant comme l’un des plus importants investissements industriels actuellement en cours dans la commune. L’usine sera située dans la zone industrielle de La Dehesilla, sur la parcelle 3, sur un terrain le long de la route de Los Palacios y Villafranca. Le site couvre 21 300 mètres carrés et occupait auparavant l’emplacement de l’ancienne discothèque Munchen, abandonnée depuis la fin du XXe siècle.

Selon les chiffres présentés par la mairie, l’investissement initial s’élèvera à 10 millions d’euros pour la seule première phase. Les responsables locaux ont indiqué que cette étape devrait permettre une production annuelle allant jusqu’à 75 millions de litres. Une fois pleinement développée, l’usine devrait doubler ce volume pour dépasser 150 millions de litres par an.

Le maire a déclaré que le projet créerait 60 emplois directs permanents et générerait également des emplois supplémentaires pendant la construction, puis ensuite dans la logistique, la maintenance et la distribution commerciale. Il a décrit cet investissement comme un important coup de pouce économique pour Utrera et les communes voisines, surtout à un moment où les municipalités espagnoles se disputent l’attraction de projets industriels liés à la fabrication de produits alimentaires et de boissons.

La production de l’usine sera principalement destinée à la demande en marque de distributeur des grands détaillants et des chaînes de supermarchés. Les responsables locaux ont indiqué que les clients potentiels incluent de grands groupes de distribution tels que Mercadona, Tesco, Edeka, Aldi, Lidl et Cofco. Cet axe place l’usine au cœur d’un segment du secteur brassicole qui repose sur des volumes élevés, des marges serrées et des chaînes d’approvisionnement efficaces plutôt que sur un positionnement premium.

L’ampleur technique du projet renvoie également à ce modèle industriel. L’usine devrait installer une capacité électrique de 4,75 mégawatts et consommer environ 7,8 gigawattheures d’électricité par an. La consommation estimée de gaz naturel s’établit à 20 gigawattheures par an. La consommation d’eau est projetée à 300 000 mètres cubes par an, soit 300 millions de litres.

Ce volume d’eau est significatif en Espagne, où l’usage industriel de l’eau fait souvent l’objet d’un examen attentif en raison des préoccupations récurrentes liées à la sécheresse et de la pression sur les ressources locales. Sur la base de la production prévue à pleine capacité de l’entreprise, soit 150 millions de litres de bière par an, l’usine utiliserait environ deux litres d’eau pour chaque litre de bière produit. Les responsables locaux ont présenté ce ratio comme la preuve d’une efficacité brassicole moderne, notant que les usines plus anciennes nécessitaient souvent près de cinq litres d’eau pour chaque litre de bière.

L’Espagne reste l’un des principaux marchés de la bière en Europe, avec une forte consommation intérieure et un vaste secteur de l’hôtellerie-restauration qui soutient une demande régulière dans les bars, les restaurants et les supermarchés. Mais ce projet vise moins les tirages pression et les bouteilles de marque que les rayons des magasins garnis d’étiquettes de distributeurs. Ce segment du marché s’est développé à mesure que l’inflation poussait de nombreux consommateurs vers des options moins chères et que les chaînes de supermarchés renforçaient leur contrôle sur l’approvisionnement en boissons.

Pour TCB Beverages, entrer en Espagne via l’Andalousie offre un accès non seulement à la demande intérieure, mais aussi à des liaisons de transport permettant une distribution plus large à travers la péninsule Ibérique et au-delà. Pour Utrera, une commune davantage connue pour son agriculture et sa proximité avec Séville que pour la fabrication industrielle de produits alimentaires, l’arrivée d’un brasseur international apporte un nouveau profil industriel.

Jiménez a adopté un ton prudent tout en promouvant l’investissement. Il a déclaré qu’il n’était pas d’ordinaire enclin à parler publiquement de projets avant qu’ils ne montrent des signes clairs de devenir réalité, mais a ajouté qu’Utrera traverse une période favorable et que des initiatives comme celle-ci devraient prendre forme dans les mois à venir.

Si la construction se déroule comme prévu, la plus récente grande brasserie d’Espagne commencera à fonctionner à un moment où les brasseurs européens doivent concilier la hausse des coûts de production et la pression des distributeurs pour des prix compétitifs. Dans ce contexte, la fabrication de marque de distributeur est devenue une activité de plus en plus stratégique, et TCB Beverages semble parier que l’Espagne peut servir de prochaine plateforme de croissance.

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