L’Inde menace de réduire les droits de douane sur le whisky face au plan britannique sur l’acier

New Delhi lie ses concessions sur le Scotch whisky aux progrès des discussions sur les mesures de sauvegarde envisagées par Londres sur les importations d’acier

01-06-2026

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L’Inde a déclaré lundi qu’elle pourrait revenir sur les réductions tarifaires accordées au Scotch whisky et à d’autres produits britanniques si Londres ne répond pas aux préoccupations de New Delhi concernant les mesures de sauvegarde envisagées sur l’acier, ajoutant un nouveau point de tension alors que les deux pays se préparent à reprendre leurs négociations commerciales.

Cet avertissement est venu d’un responsable indien du commerce, à la veille d’une visite à New Delhi du secrétaire britannique au Commerce, Peter Kyle, qui doit rencontrer mardi le ministre du Commerce Piyush Goyal. Le responsable a indiqué que l’Inde avait proposé des concessions dans le cadre de l’accord de libre-échange signé en mai dernier, mais que ces conditions pourraient être réexaminées si la Grande-Bretagne ne faisait pas avancer le dossier de l’acier.

« La balle est donc dans leur camp », a déclaré le responsable aux journalistes. « S’ils ne tirent pas parti de leur accord de libre-échange, nous pouvons toujours reconsidérer les concessions que nous avons offertes. »

Le différend est apparu alors que les deux gouvernements s’efforcent de mettre l’accord en œuvre. Aux termes du pacte, l’Inde a accepté de réduire les droits de douane sur le Scotch whisky de 150 % à 75 % dans un premier temps, puis à 40 % sur 10 ans. L’accord couvre également un large éventail de biens, dont les textiles et les voitures, et vise à élargir l’accès aux marchés entre les cinquième et sixième plus grandes économies mondiales.

Les mesures de sauvegarde proposées par la Grande-Bretagne sur l’acier sont devenues le principal obstacle. L’Inde estime qu’elles pourraient limiter l’accès de ses exportateurs en imposant des quotas sans droits de douane et des droits plus élevés sur certaines expéditions. Des responsables indiens ont fait valoir que ces restrictions iraient à l’encontre de l’esprit du pacte commercial avant même son entrée en vigueur complète.

L’Inde a fait part de ses préoccupations à l’Organisation mondiale du commerce, aux côtés du Brésil, de la Turquie, du Japon, de la Corée du Sud, de la Suisse et de l’Australie. Ces objections traduisent une inquiétude plus large parmi les partenaires commerciaux face à la volonté britannique de protéger son industrie sidérurgique nationale tout en gardant un contrôle plus strict sur les flux d’importation.

L’enjeu est important pour le Scotch whisky, car l’Inde compte parmi les plus grands marchés potentiels de croissance pour les spiritueux importés. La baisse des droits devait améliorer l’accès des distillateurs britanniques et renforcer leur position face aux marques locales et à d’autres marques importées. Tout retard ou retour en arrière aurait un impact sur les prix et la compétitivité dans un marché où les droits ont longtemps constitué un obstacle majeur.

L’accord commercial devait accroître les échanges bilatéraux de 25,5 milliards de livres supplémentaires, soit environ 34 milliards de dollars, d’ici 2040. Mais sa mise en œuvre a ralenti alors que la Grande-Bretagne avance aussi sur des mesures frontalières liées au carbone prévues pour le 1er janvier 2027 et couvrant des importations telles que le fer et l’acier, l’aluminium, le ciment et les engrais.

Pour l’heure, les responsables indiens indiquent que les concessions sur le whisky sont liées aux progrès sur l’acier. Ce lien donne à New Delhi un levier dans des négociations censées élargir les relations commerciales mais désormais façonnées par des différends sur la politique industrielle et l’accès aux marchés.

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