La valeur des exportations d’Asti vers la Chine bondit de 358,72 %, devant le Prosecco parmi les vins effervescents de l’UE

Les exportations de vins effervescents de l’UE vers la Chine ont progressé de 26,72 % en volume et de 39,95 % en valeur, mais les importateurs alertent sur des stocks supérieurs à la demande

mardi 3 novembre 2026

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Les exportations de vins effervescents de l’Union européenne vers la Chine ont fortement progressé au cours des huit premiers mois de 2026, portées par le champagne, le Prosecco et surtout l’Asti, selon les données d’exportation de l’UE-27 obtenues par le média chinois spécialisé dans le commerce du vin WBO et publiées le lundi 2 novembre.

De janvier à août, le volume des exportations vers la Chine a augmenté de 26,72 % sur un an, tandis que leur valeur a progressé de 39,95 %. Le prix moyen à l’exportation a également grimpé de 10,44 %, à 8,39 euros le litre, contre environ 7,60 euros le litre sur la même période en 2025, selon les données.

Ces chiffres retiennent l’attention, car les vins effervescents figurent parmi les rares catégories de vins importés à afficher une croissance nette en Chine, alors que les tensions continuent de peser sur une grande partie du marché des vins importés. Pour la filière des boissons, cela laisse entrevoir un relais de croissance potentiel pour les producteurs européens et les importateurs chinois, mais soulève aussi une question essentielle : la hausse des volumes entrant dans le pays traduit-elle une demande plus forte des consommateurs ou simplement un stockage accru de la part des professionnels ?

Le champagne est resté la première catégorie de vins effervescents de l’UE vendue en Chine en valeur. Les exportations ont atteint environ 16,02 millions d’euros sur la période de janvier à août, en hausse de 39,03 % sur un an, et ont représenté 54,33 % de la valeur totale des exportations de vins effervescents de l’UE vers la Chine.

C’est l’Asti qui a enregistré la croissance la plus rapide. La valeur de ses exportations a bondi à environ 3,97 millions d’euros, contre 864 800 euros un an plus tôt, soit une hausse de 358,72 %. Sa part de la valeur totale des exportations est ainsi passée de 4,11 % à 13,46 %, lui permettant de dépasser le Prosecco et de devenir la deuxième catégorie de vins effervescents de l’UE exportée vers la Chine en valeur, derrière le champagne.

Le Prosecco a également affiché une solide croissance. La valeur de ses exportations a progressé de 46,91 %, à environ 2,74 millions d’euros, et sa part de la valeur totale a légèrement augmenté, passant de 8,87 % à 9,31 %.

Les données en volume font apparaître une tendance similaire, même si, pour l’Asti, les taux de croissance sont inférieurs à ceux enregistrés en valeur. Les expéditions d’Asti ont augmenté de 129,14 %, à 440 300 litres, contre 192 200 litres. Les exportations de Prosecco ont progressé de 55,77 %, à 611 800 litres, contre 392 700 litres. Le volume de champagne a grimpé de 34,04 %, à 532 500 litres, contre 397 300 litres.

Les autres vins effervescents bénéficiant d’une appellation d’origine protégée (AOP), à l’exclusion du champagne, du Cava, du Prosecco et de l’Asti, ont également contribué à la croissance. Selon les données, leur volume d’exportation a plus que doublé, passant de 139 700 à 308 900 litres, soit une hausse de 121,14 %.

Les prix ont évolué de manière contrastée selon les catégories. Le prix moyen à l’exportation de l’Asti a doublé, passant de 4,50 euros le litre à 9,01 euros le litre, soit une hausse de 100,20 %. Celui du champagne a progressé plus modestement, de 3,72 %, à 30,08 euros le litre, contre 29,00 euros le litre.

À l’inverse, les prix moyens ont fortement reculé dans certains autres segments du marché. Le prix moyen à l’exportation des vins effervescents bénéficiant d’une indication géographique protégée (IGP) a chuté de 54,60 %, à 3,44 euros le litre, contre 7,57 euros le litre. Pour les autres vins effervescents bénéficiant d’une appellation d’origine protégée, le prix moyen a baissé de 36,22 %, à 4,69 euros le litre, contre 7,36 euros le litre.

WBO estime que ces données confirment une tendance déjà perceptible en 2026 : la demande chinoise à l’importation se renforce pour des catégories de vins effervescents bien distinctes, comme le champagne, le Prosecco et l’Asti, dont la France et l’Italie sont les principales bénéficiaires.

La forte progression de l’Asti a particulièrement retenu l’attention des professionnels, car la hausse en valeur a largement dépassé celle des volumes, signe d’une évolution importante de la composition des produits expédiés vers la Chine. WBO rappelle que le consortium Asti DOCG avait déjà fait état d’une forte dynamique sur le marché chinois. Selon les chiffres cités par WBO, les ventes de Moscato d’Asti en Chine ont progressé de 55 % en 2025 sur un an, tandis que les exportations vers la Chine ont doublé, passant de 1 à 2 millions de bouteilles.

Des importateurs et distributeurs chinois interrogés par WBO ont toutefois estimé que la hausse actuelle pourrait être plus difficile à maintenir que ne le laissent penser les chiffres des douanes. Yu Hongjie, fondateur de l’importateur de vins effervescents Qipao Tianxia, a déclaré à WBO que les importations d’Asti de son entreprise progressaient d’environ 50 % par an ces dernières années, mais que la hausse bien plus marquée observée dans les données d’exportation de l’UE semblait surtout liée à l’augmentation des achats d’autres importateurs.

Yu a également indiqué que la progression des importations et les ventes effectives au détail n’évoluaient plus de concert. Selon lui, le volume d’Asti entrant en Chine dépasse déjà la capacité réelle du marché intérieur, un déséquilibre qui pourrait apparaître plus nettement pendant la saison des ventes hivernales, à la fin de 2026.

Cet écart est important pour les producteurs, les importateurs et les distributeurs de l’ensemble de la filière des boissons, car il laisse entrevoir un risque de surapprovisionnement, même dans une catégorie qui semble en bonne santé sur le papier. Si les stocks continuent de s’accumuler plus vite que ne progresse la demande finale, la hausse actuelle des expéditions pourrait se traduire par davantage de remises et une baisse des marges, plutôt que par une expansion durable de la consommation.

WBO a indiqué que la hausse du prix à l’exportation de l’Asti ne reflétait pas la situation au niveau de la vente au détail en Chine. Certains marchés régionaux ont au contraire été marqués par des ventes de déstockage, qui continuent d’exercer une pression à la baisse sur les prix en rayon.

Plusieurs distributeurs de vins effervescents ont également déclaré à WBO que, malgré l’intérêt croissant pour cette catégorie, l’Asti ne dispose toujours pas en Chine d’une marque de référence dominante capable de stabiliser les prix et de favoriser une meilleure notoriété auprès des consommateurs. Selon eux, beaucoup de consommateurs continuent d’associer principalement ce style à un vin doux et facile à boire, et les prix de vente au détail peinent généralement à dépasser 100 yuans.

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