L’Allemagne met fin à l’entrée en franchise de droits pour les importations en ligne de faible valeur

Une nouvelle taxe de 3 € par catégorie de produit s’applique désormais à de nombreux petits colis entrant en Allemagne depuis des pays hors Union européenne.

03-07-2026

L’Allemagne a mis fin à l’exonération de droits de douane pour les marchandises de faible valeur expédiées depuis des pays hors Union européenne, une mesure entrée en vigueur le 1er juillet et qui renchérira le coût de nombreux petits achats en ligne entrant dans le pays.

Le ministère allemand des Finances a indiqué que les marchandises expédiées par voie postale d’une valeur inférieure à 150 € ne sont plus exonérées de droits de douane. À la place de ce seuil, les autorités appliquent désormais une taxe forfaitaire à l’importation de 3 € pour chaque catégorie de produit, ou « article », dans un envoi. La taxe sur la valeur ajoutée s’applique toujours au taux de 19 % ou de 7 %, selon le produit.

Le ministère a précisé que cette mesure fait suite à une décision du Conseil des affaires économiques et financières de l’UE, connu sous le nom d’ECOFIN, le 12 décembre 2025, visant à abolir l’exonération douanière de 150 €. Le règlement correspondant est désormais en vigueur dans l’ensemble du bloc.

Dans le nouveau système, la taxe ne repose pas simplement sur le nombre d’unités dans un colis. Les autorités allemandes ont donné l’exemple d’un envoi contenant 10 paires de chaussettes, qui donnerait lieu à une taxe de 3 € puisqu’il est traité comme une seule catégorie d’article. En revanche, un colis contenant 10 paires de chaussettes, deux colliers de serrage et quatre paires de pantalons serait soumis à une taxe totale de 9 €, correspondant à trois catégories distinctes.

Pour les marchandises de plus grande valeur, le ministère a indiqué que les taux tarifaires habituels restent en vigueur.

La règle s’applique en fonction du moment où les marchandises entrent dans l’Union européenne, et non de la date à laquelle elles ont été commandées. Cela signifie que des achats passés avant le 1er juillet peuvent encore être concernés s’ils ne sont arrivés dans l’UE qu’après cette date.

Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a déclaré que cette politique vise à freiner ce qu’il a décrit comme un afflux de produits bon marché, en particulier en provenance de Chine, vers les canaux de vente en ligne. Dans un communiqué publié par le ministère, il a indiqué que des règles douanières plus strictes adoptées au niveau de l’UE visent à protéger les commerces physiques, les emplois et les consommateurs, tout en s’attaquant aux pratiques commerciales déloyales, à la fraude et aux produits potentiellement dangereux.

Pour les consommateurs, le ministère a indiqué que le traitement au quotidien pourrait ne pas beaucoup changer, car les transporteurs gèrent généralement les formalités douanières et avancent les frais. Dans certains cas, les vendeurs en ligne peuvent inclure ces coûts au moment du paiement, ce qui rend important pour les acheteurs de vérifier les conditions générales de commande avant de finaliser un achat.

Le ministère a également établi une distinction entre la nouvelle taxe douanière forfaitaire et tout frais de traitement distinct qui pourrait être introduit ultérieurement dans le cadre d’une réforme douanière plus large de l’UE. Ces frais de traitement supplémentaires sont attendus au plus tard en novembre 2026.

Ce changement concerne les entreprises de boissons et les commerçants qui vendent directement aux consommateurs allemands depuis l’extérieur de l’UE via des canaux de commerce électronique. Les petits envois de vin, de spiritueux et d’autres boissons qui entraient auparavant sous le seuil de 150 € peuvent désormais supporter des coûts d’importation supplémentaires en plus de la TVA, ce qui pourrait peser sur les marges ou entraîner une hausse des prix finaux pour les acheteurs. Cela pourrait aussi compliquer la tarification et l’exécution des commandes pour les détaillants spécialisés en boissons qui s’appuient sur des ventes transfrontalières directes aux consommateurs en Allemagne.

Cette mesure intervient alors que les décideurs européens renforcent leur surveillance des importations de faible valeur liées aux places de marché en ligne en forte croissance. Dans le cas de l’Allemagne, les autorités ont présenté cette évolution à la fois comme une mesure de protection économique et comme une mesure de sécurité des consommateurs, dans le cadre d’un effort plus large de l’UE visant à remodeler les contrôles douaniers pour les petits colis.