15-07-2026

Les eurodéputés de la commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen ont soutenu des modifications des règles européennes sur le bio, susceptibles d’avoir une incidence sur l’étiquetage des produits biologiques importés, sur l’encadrement des petits vendeurs et sur l’application de certaines normes applicables au bétail.
La commission a adopté sa position mardi par 37 voix contre 4, avec 8 abstentions, selon le Parlement européen. La proposition met à jour les règles de l’UE relatives à la production, à l’étiquetage, à la certification et au commerce des produits biologiques. Elle s’inscrit dans un effort plus large visant à protéger les producteurs bio de l’UE de ce que les eurodéputés décrivent comme une concurrence extérieure déloyale et à renforcer la confiance des consommateurs dans le label bio du bloc.
L’un des principaux changements concerne les produits importés de pays hors UE. Selon le texte de la commission, le logo bio de l’UE ne pourrait être utilisé sur les marchandises importées que si ces produits respectent des normes équivalentes et se conforment également à des exigences spécifiques supplémentaires en matière de production et de contrôle. Le Parlement a indiqué que cette mesure vise à renforcer la confiance dans les aliments biologiques et à instaurer une concurrence plus équitable entre les opérateurs à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE.
La question est devenue plus urgente, car les règles actuelles applicables aux importations de produits biologiques expirent le 31 décembre 2026. La Commission européenne a proposé ces ajustements après qu’un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne, rendu le 4 octobre 2024, a établi que les produits importés reconnus dans le cadre d’accords d’équivalence ne pouvaient pas utiliser le logo bio de l’UE. Bruxelles a fait valoir que des règles plus claires sont nécessaires à la fois pour éviter des perturbations commerciales et pour aider les consommateurs à comprendre ce que représente le logo.
La commission a également soutenu un assouplissement de certaines exigences pour les petits opérateurs qui vendent directement aux consommateurs des produits biologiques non emballés. À l’heure actuelle, ces vendeurs peuvent être exemptés de la certification bio s’ils restent en dessous de certains seuils liés au chiffre d’affaires, au volume des ventes et aux coûts de certification. Les députés ont indiqué que les récentes hausses de prix avaient fait passer certains producteurs au-dessus de ces limites, les privant ainsi de l’exemption.
Pour y remédier, les eurodéputés ont approuvé le relèvement du seuil de chiffre d’affaires annuel de 20 000 € à 25 000 € et l’augmentation de la limite annuelle de volume des ventes de 5 000 kilogrammes à 10 000 kilogrammes. Ce changement étendrait l’exemption à un plus grand nombre de petits opérateurs.
Pour les producteurs de boissons, y compris les domaines viticoles qui vendent du vin biologique ou importent des produits biologiques sur le marché de l’UE, les changements proposés pourraient avoir des effets concrets. Des conditions plus strictes pour l’utilisation du logo bio de l’UE sur les importations pourraient avoir une incidence sur les étapes de certification, les coûts de mise en conformité et les choix d’étiquetage. Le relèvement du seuil pour les petits opérateurs pourrait aussi alléger la pression réglementaire pour certaines petites entreprises vendant directement aux consommateurs, même si l’impact final dépendrait de la manière dont la loi sera finalisée et appliquée.
Le texte de la commission comprend également de nouvelles conditions pour l’hébergement des animaux d’élevage. Selon le Parlement, les règles applicables aux bâtiments avicoles construits pour l’engraissement des volailles et à l’accès extérieur de jour seraient modifiées afin de réduire les coûts administratifs et logistiques.
Camilla Laureti, l’élue italienne chargée du dossier en tant que rapporteure, a déclaré que son objectif était d’offrir au secteur un cadre réglementaire stable tout en simplifiant certaines règles sans les remettre en cause seulement quelques années après leur entrée en vigueur. Elle a indiqué que cette approche visait à préserver la qualité et à protéger la réputation du secteur en Europe et à l’étranger, tout en respectant les consommateurs.
Lors d’un vote distinct, la commission a approuvé par 40 voix contre 8, avec 1 abstention, une décision d’ouvrir des négociations avec le Conseil de l’Union européenne sur la forme finale de la législation. Le texte devrait également être soumis à un vote en séance plénière au Parlement dès que possible.
Les institutions de l’UE cherchent à parvenir à un accord final avant la fin de cette année en raison de l’échéance liée aux règles actuelles sur les importations. Le débat a une portée commerciale qui dépasse la seule politique agricole. L’étiquetage bio est un outil marketing clé sur les marchés européens de l’alimentation et des boissons, et toute modification des conditions d’utilisation du logo de l’UE pourrait se répercuter sur des chaînes d’approvisionnement comprenant le vin et d’autres boissons vendues comme biologiques.
Le Parlement européen a cité une enquête Eurobaromètre menée en 2024, qui a montré que le logo de production biologique de l’UE était le label alimentaire le plus reconnu parmi les Européens. Cette reconnaissance aide les consommateurs à identifier les produits biologiques et donne aux producteurs un label commun qu’ils peuvent utiliser dans l’ensemble du marché unique.
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