La Commission européenne ouvre la période d’opposition pour 75 noms de produits thaïlandais

Les parties intéressées disposent de deux mois pour contester les indications géographiques thaïlandaises proposées à la protection dans le cadre des négociations commerciales UE-Thaïlande.

01-09-2026

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La Commission européenne a ouvert une consultation publique sur l’opportunité pour l’Union européenne de protéger un deuxième groupe d’indications géographiques proposées par la Thaïlande dans le cadre des négociations de libre-échange entre les deux parties, accordant aux gouvernements, aux entreprises et aux autres parties intéressées deux mois pour déposer des oppositions.

Cette initiative a été publiée dans un avis officiel au Journal officiel de l’UE et porte sur 75 indications géographiques thaïlandaises que les autorités thaïlandaises souhaitent voir protégées dans le futur accord commercial. La Commission a indiqué que 47 de ces noms concernent des produits agricoles. Elle examine désormais si les noms thaïlandais devraient pouvoir bénéficier d’une protection en tant qu’indications géographiques au titre de la norme définie par l’accord de l’Organisation mondiale du commerce sur la propriété intellectuelle.

Les indications géographiques sont des noms de produits liés à un lieu et associés à une origine et à une réputation spécifiques. Sur le marché européen, elles peuvent avoir une forte valeur juridique car elles limitent la manière dont un nom protégé peut être utilisé sur les étiquettes, dans le marketing et dans les échanges commerciaux. Le système est bien connu dans l’alimentation et les boissons, à travers des noms protégés pour les vins, les spiritueux et les produits agricoles régionaux.

L’avis est de nature procédurale, mais il compte car il ouvre la phase formelle d’opposition. La Commission a indiqué que tout État membre de l’UE, tout pays tiers, ou toute personne physique ou morale ayant un intérêt légitime et établie dans l’UE ou dans un pays tiers peut s’opposer en présentant une déclaration dûment motivée. Ces oppositions doivent parvenir dans un délai de deux mois à compter de la publication de l’avis.

Selon les termes fixés par la Commission, une opposition ne sera examinée que si elle est déposée dans les délais et si elle repose sur l’un de plusieurs motifs précis. L’un d’eux est que le nom thaïlandais entrerait en conflit avec le nom d’une variété végétale ou d’une race animale d’une manière susceptible d’induire les consommateurs en erreur quant à la véritable origine du produit. Un autre est que le nom proposé est totalement ou partiellement identique à un nom déjà protégé dans l’UE au titre du règlement (UE) 2024/1143, le cadre actuel du bloc pour les indications géographiques couvrant les vins, les boissons spiritueuses et les produits agricoles, ou à une indication géographique non européenne déjà protégée dans l’Union en vertu d’un accord bilatéral existant.

La Commission a également indiqué que les oppositions peuvent être fondées sur des questions liées aux marques. Cela inclut les cas où un nom proposé à la protection pourrait induire les consommateurs en erreur au regard de la réputation, de la renommée et de la durée d’usage d’une marque. Un autre motif possible est que la protection du nom thaïlandais porterait atteinte à un nom identique ou partiellement identique, à une marque existante, ou à des produits commercialisés légalement depuis au moins cinq ans avant la publication de l’avis. Le dernier motif mentionné dans l’avis est que le nom examiné est générique.

La Commission a ajouté que ces critères seront évalués par rapport au territoire de l’Union. Pour les droits de propriété intellectuelle, cela signifie uniquement le territoire ou les territoires où ces droits sont protégés.

Les noms thaïlandais ne bénéficient pas encore de protection. La Commission a précisé que toute future protection dans l’UE dépend de l’aboutissement des négociations commerciales avec la Thaïlande et d’un acte juridique ultérieur. Autrement dit, la consultation en cours constitue une étape intermédiaire dans un processus commercial et juridique plus long.

La consultation devrait néanmoins retenir toute l’attention du secteur des boissons. Comme le cadre réglementaire de l’UE utilisé pour évaluer les conflits couvre aussi le vin et les boissons spiritueuses, le processus pourrait, à terme, créer de nouveaux noms thaïlandais protégés sur le marché de l’UE dans le cadre du futur accord. Cela pourrait avoir des conséquences pour les producteurs, importateurs, distributeurs et organisations professionnelles qui surveillent les droits de dénomination, la concurrence, l’étiquetage et les stratégies de marque dans les boissons. Si un nom thaïlandais chevauche une indication protégée existante, une marque, ou un terme utilisé sur des produits déjà vendus légalement dans l’UE, c’est à ce stade que les entreprises seraient censées soulever la question.

L’affaire reflète aussi une tendance plus large de la politique commerciale de l’UE. Bruxelles a de plus en plus recours aux accords de libre-échange pour étendre la reconnaissance mutuelle des indications géographiques avec ses partenaires commerciaux, en élargissant la protection au-delà des noms européens nationaux et en créant de nouvelles limites juridiques à l’utilisation de certains termes régionaux au sein du marché unique. Pour les pays extérieurs au bloc, la protection par l’UE peut être commercialement importante car elle peut améliorer la reconnaissance, renforcer le positionnement prix et compliquer l’usage de noms similaires par des produits concurrents.

Pour les producteurs européens, ce même processus peut comporter à la fois des risques et des opportunités. Une indication étrangère nouvellement protégée peut avoir un impact sur l’usage d’un terme dans la publicité ou l’emballage, en particulier lorsqu’une entreprise s’appuie sur des noms qui ressemblent à des produits d’origine géographique ou à des marques plus anciennes. C’est l’une des raisons pour lesquelles la période d’opposition compte. Elle offre aux producteurs et aux titulaires de droits la possibilité d’argumenter qu’un nom proposé est trop proche d’une indication protégée existante, qu’il entre en conflit avec une marque connue ou qu’il est devenu générique sur le marché.

L’avis présente les noms thaïlandais comme une deuxième liste soumise par les autorités thaïlandaises au cours des négociations. Il précise également que les noms ont été enregistrés en Thaïlande. La publication n’expose pas le résultat complet que la Commission pourrait finalement recommander pour chaque nom, seulement que l’examen est en cours et que les oppositions sont désormais attendues.

La consultation intervient alors que les négociations commerciales UE-Thaïlande continuent d’inclure un chapitre sur les indications géographiques. Ces chapitres sont souvent suivis de près dans le vin, les spiritueux et les spécialités alimentaires, car ils peuvent façonner l’accès au marché et la protection juridique longtemps après l’entrée en vigueur d’un accord commercial. Dans ce cas, la prochaine étape immédiate est la période d’opposition, avec des contributions à envoyer à la Commission par e-mail dans le délai fixé par l’avis.

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