Le marché américain a représenté près de 60 % des pertes à l’export du vin italien

Les expéditions vers les États-Unis ont reculé de 15,4 % en valeur, à 709 millions d’euros, avec un revenu par litre en baisse de près de 10 %.

12-08-2026

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Les États-Unis ont représenté environ six euros perdus sur 10 par les exportateurs de vin italiens au cours des cinq premiers mois de 2026, selon les données commerciales publiées mardi par l’Istat, l’institut national de statistique italien. Les chiffres montrent que le marché américain a été la principale source du recul des ventes de vin italien à l’étranger, avec des expéditions en baisse à la fois en valeur et en volume, tandis que le revenu moyen par litre a diminué encore plus nettement.

De janvier à mai, les exportations italiennes de vin vers les États-Unis ont reculé de 15,4 % en valeur, à 709 millions d’euros, et de 6 % en volume, à 141,5 millions de litres. Sur la base de ces chiffres, le repli en glissement annuel représente environ 129,1 millions d’euros de ventes et quelque 9 millions de litres expédiés.

Les États-Unis sont ainsi devenus le facteur dominant du ralentissement plus large des exportations italiennes. À partir des données de l’Istat, le marché américain semble expliquer environ 58,8 % de la baisse totale de la valeur des exportations de vin italien sur la période. En pratique, plus de la moitié de l’argent perdu par les producteurs italiens à l’étranger est venu d’une seule destination.

L’écart entre la baisse de la valeur et celle, plus modérée, du volume met en évidence un autre problème pour les exportateurs : un rendement moyen plus faible pour chaque litre vendu aux États-Unis. La valeur moyenne à l’export est passée d’environ 5,57 euros par litre à environ 5,01 euros par litre, soit une baisse proche de 10 %. Cela signifie que le marché américain n’a pas seulement acheté moins de vin italien. Il a aussi généré moins de revenus pour chaque litre expédié.

Les chiffres des douanes ne permettent pas de dire précisément pourquoi cela s’est produit. La baisse de la valeur moyenne peut refléter des réductions de prix, des promotions plus agressives, une autre composition des vins vendus, ou des changements dans le profil des exportateurs et des marques présentes sur le marché. Il est impossible de dissocier ces effets à partir des seules données agrégées. Néanmoins, les chiffres suggèrent que la pression sur le vin italien aux États-Unis a dépassé la simple question de la demande en volume.

La tendance a été différente sur certains autres grands marchés. En Allemagne, la valeur des exportations de vin italien a reculé de 8,2 % sur les cinq premiers mois de l’année. Au Royaume-Uni, elle a baissé de 6,5 %. Mais la valeur moyenne par litre a progressé d’environ 1,2 % en Allemagne, tandis qu’elle est restée pratiquement stable en Grande-Bretagne. Ce contraste laisse penser que, contrairement aux États-Unis, le repli de ces marchés n’a pas été porté par le même degré d’érosion du revenu unitaire.

D’autres destinations ont fait preuve d’une plus grande résistance, bien que sur des bases plus modestes. Les exportations vers le Canada sont restées stables. La Russie a enregistré une hausse de 17,4 % en valeur, la Chine de 18 % et le Brésil de 15,2 %. Le Japon est resté presque inchangé, avec un léger recul de 0,2 %. Ces gains ont apporté un certain soutien aux exportateurs italiens, mais ils n’étaient pas assez importants pour compenser le recul sur le marché américain.

Ces chiffres soulignent à quel point le commerce du vin italien dépend encore des États-Unis. Lorsqu’un marché de cette taille s’affaiblit, même des progrès modérés ailleurs peuvent avoir un effet limité sur le résultat global. Cela est d’autant plus vrai lorsque la baisse concerne à la fois le nombre de litres expédiés et le revenu moyen plus faible dégagé sur les litres effectivement vendus.

Les données de l’Istat portent sur les exportations par destination de janvier à mai 2026 et mesurent la performance en euros, en litres et en valeur moyenne par litre. Pris ensemble, ces indicateurs montrent que le recul américain n’était pas seulement une question de demande plus faible en volume. Il s’agissait aussi de savoir quels types de vins italiens circulaient sur le marché, à quels niveaux de prix et dans quelles conditions commerciales.

Pour les producteurs, importateurs et distributeurs, cette distinction est importante. Une baisse de 6 % des volumes peut être douloureuse, mais un repli de 15,4 % en valeur traduit une pression plus profonde sur les marges et le positionnement. Le marché américain reste central pour le vin italien, et les dernières données commerciales montrent que sa faiblesse a eu un effet disproportionné sur la performance à l’export du pays en 2026.

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