21-07-2026

Les recettes fiscales de l’Allemagne ont légèrement reculé en juin, et les dernières données du ministère fédéral des Finances font apparaître une baisse notable des recettes liées à l’alcool, susceptible d’intéresser les brasseurs, distillateurs et autres entreprises du secteur des boissons qui surveillent la demande.
Dans son rapport mensuel publié mardi, le ministère a indiqué que le total des recettes fiscales hors taxes municipales avait diminué d’environ 0,4 % sur un an, à 98,1 milliards d’euros en juin. Dans ce total, les recettes de taxe sur l’alcool ont reculé à 147 millions d’euros, en baisse de 9 % sur un an, tandis que les recettes de taxe sur la bière sont tombées à 51 millions d’euros, en baisse de 17 %.
Sur les six premiers mois de 2026, les recettes de taxe sur l’alcool ont totalisé 782 millions d’euros, soit une baisse de 18,8 % par rapport à la même période un an plus tôt. Les recettes de taxe sur la bière ont atteint 246 millions d’euros, en recul de 4,8 %. Les prévisions annuelles du ministère tablent sur un affaiblissement supplémentaire, avec une taxe sur l’alcool attendue en baisse de 12,2 % en 2026 et une taxe sur la bière projetée en recul de 3,7 %.
Le rapport ne tire pas à lui seul de conclusions sur le comportement des consommateurs en matière de boissons alcoolisées à partir de ces chiffres. Mais des recettes plus faibles issues des taxes sur l’alcool et la bière peuvent constituer un premier signe d’un affaiblissement des volumes dans certaines parties du marché des boissons, d’autant que ces prélèvements sont liés aux flux de produits taxés. Si cette tendance se poursuit, les producteurs et distributeurs pourraient subir une pression accrue sur les prix et les marges.
Le tableau fiscal global de juin était contrasté. Les recettes des impôts fédéraux ont reculé de 1,4 % sur un an, à 9,48 milliards d’euros. La taxe sur le tabac a progressé de 10,6 %, la taxe d’assurance a augmenté de 7,1 % et la taxe sur les véhicules à moteur a gagné 3,2 %. La taxe sur l’énergie a reculé de 3,1 %, la taxe sur l’électricité a chuté de 7,4 % et le prélèvement de solidarité a diminué de 5,6 %.
Le ministère a indiqué que le total des recettes provenant des impôts partagés, qui représentent la plus grande part de l’assiette fiscale allemande, a également légèrement reculé d’environ 0,5 % en juin après une hausse plus marquée le mois précédent. L’impôt sur les salaires a progressé de 2,1 % à 22,8 milliards d’euros, mais l’impôt sur le revenu évalué a reculé de 4,2 % à 16,88 milliards d’euros et l’impôt sur les sociétés a chuté de 6,2 % à 8,98 milliards d’euros. Les recettes de TVA ont diminué de 0,5 % à 25,76 milliards d’euros.
Les responsables ont indiqué qu’une partie des variations d’un mois sur l’autre reflète probablement la volatilité normale au cours de l’année. Le rapport a toutefois relié la faiblesse de la croissance de l’impôt sur les salaires à un marché du travail qui reste atone. L’emploi est resté nettement inférieur à son niveau de l’an dernier, a précisé le ministère, et les indicateurs avancés laissent entrevoir des risques baissiers pour les recettes de l’impôt sur les salaires.
Les chiffres de l’impôt sur les sociétés pointaient eux aussi vers une économie faible, en particulier dans l’industrie. Les acomptes pour l’exercice en cours se sont révélés légèrement inférieurs à ceux de juin 2025, ce qui, selon le ministère, pourrait indiquer une activité économique toujours modérée.
Les taxes au niveau des Länder ont évolué en sens inverse. Les recettes des taxes régionales ont augmenté d’environ 10,3 % en juin pour atteindre 2,66 milliards d’euros, principalement parce que les droits de succession ont bondi de 21,7 % à 1,06 milliard d’euros. La taxe sur les mutations immobilières a progressé de 2,7 % à 1,25 milliard d’euros.
Le ministère a également souligné des changements dans la répartition des recettes de TVA entre les différents niveaux de gouvernement. La part du gouvernement fédéral dans la TVA a diminué par rapport à l’année précédente, car les transferts fixes vers les Länder et les communes ont été relevés dans le cadre de modifications liées en partie à une loi de péréquation financière de 2025. Ces transferts plus élevés visent à compenser les communes pour les pertes de taxes locales liées à un programme de relance de l’investissement.
Après les dotations fédérales supplémentaires, les recettes fiscales fédérales ont reculé de près de 4 % en juin sur un an, tandis que les recettes des Länder ont augmenté de justesse de moins de 1 %. La part des communes dans les impôts partagés a progressé d’environ 2 %.
Les versements de l’Allemagne à l’Union européenne à partir des recettes fiscales fédérales ont également fortement augmenté. Le total des ressources propres de l’UE a atteint 3,53 milliards d’euros en juin, en hausse de 30,7 % sur un an, principalement sous l’effet des contributions fondées sur le revenu national brut, qui ont progressé de 54,6 %.
Le rapport a présenté plusieurs signes d’une économie qui reste inégale plutôt qu’en chute libre. Le produit intérieur brut réel a augmenté de 0,3 % au premier trimestre par rapport au trimestre précédent et de 0,5 % sur un an en données corrigées des effets calendaires. Les ventes au détail en mai étaient supérieures de 1,8 % à celles d’un an plus tôt, mais les ventes de l’hôtellerie-restauration en avril étaient en baisse de 7,1 %. Le moral des consommateurs est resté faible, l’indice du climat de consommation GfK demeurant profondément en territoire négatif.
Les données sur l’inflation étaient relativement modérées au regard des standards récents. Les prix à la consommation en juin étaient en hausse de 2,3 % sur un an, avec des prix de l’énergie en progression de 3,4 %, des prix alimentaires en hausse de 0,4 % et des services en hausse de 3,1 %.
Pour les entreprises de boissons, le recul des recettes de taxe sur l’alcool et la bière intervient à un moment où d’autres indicateurs suggèrent déjà la prudence dans les secteurs tournés vers le consommateur. Un marché de l’hôtellerie-restauration plus faible peut peser sur les ventes on-trade, tandis que des ménages prudents peuvent se tourner vers des produits moins chers ou acheter moins souvent, même si l’inflation globale s’est atténuée par rapport à ses pics passés.
Le ministère a noté ailleurs dans le rapport que les taxes directement liées aux volumes de consommation peuvent fournir des indications sur les tendances sous-jacentes de la demande. Dans la fiscalité énergétique, par exemple, il a indiqué que des recettes plus faibles sur d’autres produits énergétiques, principalement liés aux carburants, signalaient des volumes plus faibles, car l’assiette fiscale dépend des quantités consommées. Par la même logique, une faiblesse durable des recettes liées à l’alcool serait suivie de près dans l’ensemble de l’industrie allemande des boissons, alors que les entreprises évaluent leurs plans de production pour le second semestre.
Au total, les recettes fiscales hors taxes municipales ont atteint 451,18 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 0,8 % sur un an. La prévision officielle du ministère de mai 2026 anticipe toujours des recettes annuelles de 912,7 milliards d’euros, soit une hausse de 1,2 %, ce qui suggère que Berlin continue d’attendre une croissance modeste malgré des chiffres plus faibles dans plusieurs grandes catégories et une nouvelle faiblesse des recettes liées à l’alcool.
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