Les exportations de vin espagnol ont reculé de 21,2 % en volume jusqu’en avril

La hausse des prix a atténué le choc sur les recettes à l’export, mais les fortes baisses du vin en vrac et du moût de raisin ont pesé sur le repli

30-06-2026

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Les exportations de vin espagnol ont reculé de 21,2 % en volume jusqu’en avril

Les exportations espagnoles de vin et de produits liés à la viticulture ont fortement reculé au cours des quatre premiers mois de 2026, avec des expéditions en baisse de 21,2 % en volume et de 9,5 % en valeur par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données des douanes espagnoles analysées par Del Rey AWM.

De janvier à avril, l’Espagne a exporté 732,56 millions de litres de vin et de produits viticoles pour une valeur de 1,01 milliard d’euros. L’écart entre la baisse des volumes et le recul plus limité du chiffre d’affaires indique une hausse des prix moyens. Les prix à l’export ont augmenté de près de 15 % par rapport à la même période de l’an dernier, portés par un vin en vrac plus cher après une courte récolte 2025 et par une performance relativement meilleure des vins conditionnés à plus forte valeur ajoutée, comparés au vin en vrac et au moût de raisin moins chers.

Les pertes les plus marquées ont concerné des catégories qui ont longtemps compté pour le commerce extérieur espagnol en volume. Les exportations de vin en vrac ont chuté de 25,8 % à 304,9 millions de litres, tandis que leur valeur a reculé de 18 % à 168,1 millions d’euros. Les exportations de moût de raisin et de jus de raisin ont diminué encore plus fortement, en baisse de 34 % en volume à 142,85 millions de litres et de 19,3 % en valeur à 109,28 millions d’euros. Les vins de liqueur ont également enregistré de lourdes pertes, avec un volume en baisse de 27,7 % et une valeur en recul de 23 % à 13,25 millions d’euros.

Les vins conditionnés ont mieux résisté, même s’ils ont eux aussi reculé. Les vins tranquilles en bouteille ou sous d’autres formats conditionnés ont généré 507,84 millions d’euros, en baisse de 5,2 %, pour des volumes de 172,33 millions de litres, en baisse de 6,6 %. Les exportations de vins effervescents ont reculé de 7,3 % en valeur à 129,61 millions d’euros et de 6,6 % en volume à 38,56 millions de litres. Les vins semi-effervescents ont été l’un des rares segments à éviter une baisse du chiffre d’affaires, en progressant de 0,7 % en valeur à 9,75 millions d’euros, malgré un recul de 7,2 % en volume.

Le bag-in-box a été la seule catégorie à progresser à la fois en valeur et en volume sur la période. Les exportations dans ce format ont augmenté de 5,2 % en valeur à 29,45 millions d’euros et de 5,7 % en volume à 23,12 millions de litres. Pour certains exportateurs, il devient une alternative partielle aux expéditions en vrac sur certains marchés, avec de meilleures marges.

Au total, les exportations de vin au sens strict ont atteint 858,01 millions d’euros, en baisse de 8,3 %, pour des volumes de 547,97 millions de litres, en baisse de 18,1 %. Les autres produits viticoles, dont le vermouth, le moût et le vinaigre, ont globalement moins bien performé, avec une valeur en recul de 15,5 % à 155,63 millions d’euros et un volume en baisse de 29,1 % à 184,59 millions de litres.

Au sein de ce groupe, les exportations de vermouth ont totalisé 24,92 millions d’euros, en baisse de 7,1 %, avec des volumes en recul de 6,1 % à 18,71 millions de litres. Le vinaigre s’est montré plus stable que la plupart des catégories, avec une baisse de 2,9 % en valeur à 21,43 millions d’euros et de 3,7 % en volume à 23,03 millions de litres.

La répartition par marché montre à quel point l’Espagne reste dépendante des catégories à bas prix pour ses volumes exportés, et à quel point ces catégories sont exposées lorsque les récoltes sont faibles et que la demande internationale se tasse. Le vin en vrac est resté de loin le premier segment en volume malgré son recul, tandis que les vins conditionnés ont continué de dominer en valeur.

Par destination, certains des plus forts reculs sont venus d’Italie, où les ventes centrées בעיקר sur le vin en vrac et le moût ont chuté de près de moitié, selon l’analyse. Les exportations ont également fortement baissé vers la Côte d’Ivoire et la France pour le vin en vrac, tandis que l’Allemagne, les États-Unis et la Suède ont aussi enregistré des reculs notables. Les hausses vers le Portugal, le Japon, le Maroc, le Canada, la Corée du Sud et la République dominicaine n’ont pas suffi à compenser ces pertes.

Ces chiffres interviennent à un moment difficile pour le commerce mondial du vin. Les marchés internationaux s’affaiblissent depuis trois ans, en valeur comme en volume, à mesure que la consommation recule dans de nombreux pays et que les acheteurs se tournent vers d’autres styles de boissons alcoolisées et d’autres types de vin.

Pour l’Espagne, ce ralentissement plus large s’est ajouté à une offre plus tendue et à des prix plus élevés sur le marché intérieur. Il en résulte une configuration commerciale marquée par moins de litres expédiés à l’étranger, des valeurs unitaires un peu plus fermes et une pression croissante sur des segments comme le vin en vrac et le moût, qui ont traditionnellement soutenu de gros volumes d’exportation.

Les données douanières suggèrent que les exportateurs espagnols s’appuient davantage sur des catégories aux prix unitaires plus élevés pour amortir le repli, mais cette stratégie n’a jusqu’ici que partiellement limité les dégâts cette année, la demande restant atone sur plusieurs grands marchés étrangers.

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