L’Union européenne a approuvé de nouvelles règles de production pour les vins 3 Riberas de Navarre.

La modification autorise la mise en bouteille hors zone, la désalcoolisation partielle et l’ajout de cépages nouvellement autorisés.

10-06-2026

Partagez-le!

L’Union européenne a publié l’approbation d’une modification standard du cahier des charges de l’indication géographique protégée « 3 Riberas », une appellation viticole espagnole de Navarre, confirmant un ensemble de changements techniques et commerciaux qui affectent la manière dont les vins commercialisés sous ce nom peuvent être produits, assemblés et mis en bouteille.

L’avis est paru au Journal officiel de l’Union européenne le 9 juin. Il a été publié en vertu de l’article 5, paragraphe 4, du règlement délégué (UE) 2025/27 de la Commission, qui régit la publication des modifications standard approuvées des cahiers des charges des indications géographiques. Le ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, par l’intermédiaire de ses autorités chargées de la qualité alimentaire, a notifié cette modification.

Selon la communication publiée, l’autorité espagnole a conclu que la révision relève d’une modification standard et non d’une modification au niveau de l’Union, car elle ne modifie ni le nom protégé, ni l’usage du nom, ni la catégorie du produit, ne fragilise pas le lien entre le vin et sa zone géographique et ne crée pas de restrictions supplémentaires au commerce.

Pour les producteurs et les embouteilleurs, le changement le plus immédiat est que les vins protégés sous « 3 Riberas » pourront désormais être mis en bouteille en dehors de la zone de production définie. La modification supprime également une restriction antérieure qui n’autorisait le transport du vin en vrac qu’entre un opérateur enregistré et un autre. Ce changement pourrait offrir davantage de souplesse aux domaines en matière de logistique et de conditionnement, tout en maintenant les vins dans le système de contrôle de l’IGP.

Le cahier des charges révisé introduit également la possibilité d’une désalcoolisation partielle pour les vins protégés, selon des pratiques œnologiques autorisées. En outre, il permet de produire des vins à faible teneur naturelle en alcool sans appliquer de procédé de désalcoolisation. Ces changements reflètent une tendance réglementaire et commerciale plus large en Europe vers des styles de vin moins alcoolisés et des pratiques de cave plus flexibles.

Un autre ajustement notable concerne le sucrage. Les producteurs peuvent désormais sucrer les vins avec du moût concentré rectifié, un intrant œnologique autorisé largement utilisé dans la vinification européenne dans des conditions réglementées. La modification change également les règles applicables à la production de rosé. Jusqu’à présent, le rosé devait être élaboré uniquement à partir de raisins rouges. Dans la nouvelle rédaction, les raisins issus des variétés rouges autorisées doivent représenter au moins 85 % de l’ensemble des raisins utilisés. Le cahier des charges ajoute aussi la possibilité d’assembler du vin rosé avec du vin rouge provenant d’années de récolte ultérieures.

La liste des cépages autorisés a été élargie et mise à jour. Les nouvelles variétés rouges admises sont Cabernet Franc, Malbec et Petit Verdot. Les nouvelles variétés blanches admises sont Albariño, Gros Manseng, Hondarrabi Zuri, Petit Courbu, Petit Manseng, Viognier et Oneca. Le texte actualise également certains noms déjà utilisés : Macabeo est retenu comme nom plus courant pour Viura, et Malvasía est corrigé en Malvasía Riojana pour plus d’exactitude.

La publication européenne indique que ces changements concernent plusieurs parties du cahier des charges du produit ainsi que du document unique qui résume les éléments clés de l’IGP. Elle supprime aussi des références obsolètes aux caves produisant des vins sous « 3 Riberas », qui figuraient auparavant dans le cahier des charges. L’avis décrit cette suppression comme une amélioration rédactionnelle sans incidence sur le lien géographique.

La communication met également à jour les informations relatives à l’autorité compétente et à l’organisme de contrôle chargés de la surveillance. Comme pour les autres indications géographiques dans le système européen, le respect du cahier des charges reste soumis à des contrôles officiels.

Le texte publié identifie « 3 Riberas » comme relevant du code douanier 2204, couvrant le vin obtenu à partir de raisins frais, y compris les vins fortifiés, ainsi que le moût de raisin autre que celui classé ailleurs. Il rappelle aussi les limites analytiques liées au droit vitivinicole européen, notamment les seuils de dioxyde de soufre fixés à 180 mg/l pour les vins contenant moins de 5 g/l de sucre et à 230 mg/l pour ceux contenant 5 g/l ou plus. Pour les vins vieillis, l’acidité volatile maximale autorisée augmente de 0,06 g par degré d’alcool au-dessus de dix degrés.

Comme il s’agit d’une modification standard déjà approuvée au niveau national et publiée par la Commission européenne, elle ne rouvre pas l’appellation elle-même et ne modifie pas son identité juridique. Elle met plutôt à jour la manière dont les vins « 3 Riberas » peuvent être élaborés et commercialisés dans le cadre protégé existant. Pour les caves navarraises utilisant l’IGP, cela signifie adapter les spécifications techniques, la documentation de contrôle et les pratiques d’étiquetage afin qu’elles correspondent aux nouvelles règles désormais inscrites au registre européen.

La lecture vous a plu ? Partagez-la avec d'autres !