Bordeaux ouvre ses vendanges 2026 avec le merlot déjà récolté

L'ISVV indique que le cabernet sauvignon mûrit plus lentement après des pluies qui ont modifié le poids des baies, le volume de jus et l'acide malique dans certaines parcelles.

04-09-2026

Les vendanges 2026 à Bordeaux ont débuté avec le merlot déjà en cours de récolte, tandis que le cabernet sauvignon progresse plus lentement vers sa pleine maturité, selon un nouveau point de situation publié jeudi par l'Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l'Université de Bordeaux.

L'institut a indiqué que la semaine écoulée a apporté un temps plus conforme à une période de vendanges, après une saison marquée par un développement irrégulier. Malgré cela, le tableau à l'échelle de Bordeaux reste très contrasté. L'ISVV a signalé de fortes différences d'une parcelle à l'autre, seules les plus tardives présentant encore des évolutions nettes des principaux indicateurs biochimiques.

Cette évolution inégale est particulièrement visible entre les deux principaux cépages rouges de la région. Le merlot, qui mûrit généralement plus tôt, est déjà vendangé. Le cabernet sauvignon poursuit sa maturation, mais à un rythme plus lent cette semaine, a indiqué l'institut. Dans les faits, cela signifie que les producteurs ne travaillent pas avec un calendrier régional unique. Ils prennent leurs décisions parcelle par parcelle, en fonction des conditions locales et du stade de maturité de chaque bloc.

L'ISVV a indiqué que les épisodes de pluie récents ont parfois produit un effet de dilution visible sur plusieurs mesures, notamment le poids des baies, le volume de jus et la teneur en acide malique. L'institut n'a pas décrit cet effet comme uniforme à Bordeaux, mais sa note suggère que les précipitations ont suffi, dans certains vignobles, à modifier la composition désormais suivie au moment où les raisins arrivent ou approchent de la récolte.

Pour les viticulteurs et les vinificateurs, ces évolutions comptent car elles influencent à la fois le calendrier des vendanges et ce qui arrive au chai. Une hausse du poids des baies et du volume de jus après la pluie peut réduire la concentration du moût, tandis que des variations de l'acide malique peuvent jouer sur la fraîcheur et sur l'équilibre acide que les vinificateurs doivent gérer pendant la fermentation. Dans une région où les propriétés vendangent et vinifient souvent de petites parcelles séparément, l'hétérogénéité signalée pourrait conduire, dans les prochains jours, à des tris plus sélectifs et à des décisions de chai plus adaptées.

L'acide malique est l'un des principaux acides organiques du raisin et tend à diminuer à mesure que les baies mûrissent. Lorsque son niveau varie en raison de différences de maturité ou d'une dilution après la pluie, cela peut affecter le style du jeune vin et les choix que les domaines feront ensuite, notamment s'il faut ajuster l'ordre des vendanges, séparer plus soigneusement les lots ou modifier le calendrier des travaux de fermentation. Dans une récolte comme celle-ci, la chimie du fruit pourrait varier fortement d'une parcelle à l'autre, même au sein d'une même propriété.

Le point de situation bordelais intervient à un moment clé du millésime, alors que les équipes techniques surveillent non seulement le sucre et l'acidité, mais aussi la taille des baies, le rendement en jus et l'état des pellicules et des pépins. L'ISVV a indiqué que seules les parcelles les plus tardives présentent encore des évolutions significatives de leurs paramètres biochimiques. Cela suggère que, pour de nombreux vignobles, la fenêtre des changements majeurs avant la récolte se réduit, même si certains blocs ont encore le temps d'évoluer.

La formulation de l'institut laisse entendre une saison où les moyennes régionales peuvent masquer de forts contrastes locaux. Les viticulteurs bordelais sont souvent confrontés à des variations entre sols de graves, d'argile et de calcaire, ainsi qu'à des différences d'exposition, de drainage et d'âge des vignes. Lorsque la pluie survient peu avant les vendanges, ces contrastes peuvent devenir plus visibles. Certaines parcelles absorbent ou évacuent l'eau différemment, et des raisins par ailleurs similaires en maturité peuvent réagir de façon distincte en termes de jus et de niveau d'acidité.

Cela a une importance directe pour le secteur des boissons au-delà des seuls vignobles. Les marchands, les coopératives, les négociants et les domaines s'appuient tous sur les premiers rapports de vendanges pour anticiper le profil probable du millésime et les exigences pratiques de la vinification. Si la dilution affecte le poids des baies et le volume de jus dans certaines parties de Bordeaux, elle pourrait influencer les attentes en matière d'extraction, d'équilibre et de l'assemblage final du merlot et du cabernet sauvignon. Si les niveaux d'acide malique sont moins homogènes que d'habitude, les producteurs pourraient aussi devoir surveiller de plus près l'évolution des lots, du moût au vin fini.

La dernière note ne livre pas de prévision générale sur la qualité, et les vendanges bordelaises sont encore en cours. Mais elle montre clairement que le millésime 2026 entre dans sa phase décisive avec un merlot déjà lancé, un cabernet sauvignon toujours en progression et une mosaïque de conditions dans les vignobles qui pourrait rendre les vins finaux de la région plus dépendants que d'habitude d'un calendrier précis, à la fois à la vigne et au chai.

L'ISVV publie des observations régulières sur le millésime au fil de la saison. Son dernier rapport montre une période de vendanges désormais plus proche de la normale sur le plan météorologique, mais toujours loin d'être uniforme dans les vignes. Pour les producteurs bordelais, cela signifie que les prochains jours de récolte seront probablement guidés moins par des moyennes régionales que par un suivi attentif de la composition des raisins de chaque parcelle.