24-08-2026

Les États-Unis ont commencé à appliquer à 0 h 01, heure de l’Est, le 22 août, un droit de douane ad valorem additionnel de 50 % sur certains spiritueux distillés canadiens, accentuant un différend commercial qui a déjà perturbé depuis plus d’un an les ventes d’alcool transfrontalières.
La mesure est entrée en vigueur après un report de trois jours et l’échec des discussions bilatérales à déboucher sur un accord. Le droit s’applique aux spiritueux canadiens visés entrant sur le marché américain, et les produits concernés ne bénéficient pas d’un traitement préférentiel au titre de l’Accord États-Unis-Mexique-Canada, selon les informations diffusées avec cette décision.
Ce nouveau droit transforme une menace de politique commerciale en coût direct pour les importateurs qui acheminent des spiritueux canadiens vers les États-Unis. Les droits de douane sont perçus auprès des importateurs à la frontière, puis ces coûts peuvent se répercuter tout au long de la chaîne d’approvisionnement vers les distributeurs, les détaillants et les producteurs sous forme de marges plus faibles, de prix plus élevés ou de volumes de commande réduits.
Le Distilled Spirits Council of the United States, ou DISCUS, a confirmé le début du droit dans un communiqué publié peu après son entrée en vigueur. Chris Swonger, président-directeur général du groupe, a déclaré que l’administration avait reconnu ce qu’il a décrit comme un traitement injuste réservé aux distillateurs américains par les interdictions provinciales canadiennes de vente. Il a affirmé que le retrait des spiritueux américains des rayons au Canada avait causé de lourds dommages au secteur et a appelé à une solution négociée qui rétablisse l’accès au marché et ramène le commerce des spiritueux à une structure tarifaire zéro pour zéro.
Ce droit intervient après une longue période de tensions sur le marché nord-américain des spiritueux. Les provinces canadiennes ont retiré les spiritueux américains des rayons de détail en mars 2025 en représailles à des droits de douane américains antérieurs sur des produits canadiens, selon DISCUS. Le groupe a indiqué que les exportations américaines vers le Canada avaient reculé de plus de 70 % sur un an entre le début de ces restrictions en mars 2025 et décembre 2025.
Seuls l’Alberta et la Saskatchewan ont depuis levé leurs interdictions provinciales visant les spiritueux américains, laissant la majeure partie du marché canadien encore restreinte pour les producteurs américains. Cette réouverture limitée est devenue un enjeu central pour les distillateurs américains, qui ont soutenu que les mesures provinciales bloquent un accès normal à un grand marché d’exportation, indépendamment même des droits de douane.
La dernière action américaine accroît la pression sur les exportateurs canadiens à un moment où Ottawa prépare sa propre riposte. Le Canada a indiqué qu’il entendait appliquer des mesures de représailles dollar pour dollar à compter du 8 septembre, mais n’a pas encore confirmé si ce paquet inclura du whisky ou d’autres catégories de spiritueux. Cette incertitude laisse les entreprises des deux côtés de la frontière sans vision claire de l’ampleur que pourrait prendre le différend dans l’ensemble du secteur des boissons alcoolisées.
Ni la valeur commerciale isolée des spiritueux canadiens concernés ni la liste finale des éventuels produits canadiens de représailles n’avaient été publiées au moment où le droit est entré en vigueur. En l’absence de ces détails, il n’est pas encore possible de calculer l’effet financier immédiat complet sur les flux commerciaux dans le seul segment des spiritueux.
Ce différend importe parce que les États-Unis et le Canada ont longtemps été des marchés essentiels l’un pour l’autre dans le secteur des boissons alcoolisées. Les distillateurs dépendent d’un accès prévisible, et la structure de l’activité fait que les perturbations peuvent aller bien au-delà de la simple paperasserie douanière. Les importateurs doivent décider s’ils absorbent les coûts plus élevés ou réduisent leurs achats. Les distributeurs doivent déterminer s’ils modifient leurs stocks. Les producteurs risquent de perdre de la place en rayon, ce qui peut être difficile à reconquérir une fois les marques retirées des circuits de vente au détail habituels.
Pour les distillateurs américains, le débat s’est concentré sur l’accès aux magasins provinciaux canadiens, qui jouent un rôle bien plus important dans les ventes d’alcool que la plupart des systèmes des États américains. Pour les exportateurs canadiens, le nouveau droit américain augmente le coût du maintien de la compétitivité sur un marché voisin à la fois vaste et proche. La mesure ne se limite pas aux formalités douanières. Elle peut aussi modifier les conditions contractuelles, les plans d’expédition et les décisions de tarification tout au long de la saison des ventes d’automne.
Swonger a déclaré dans le communiqué de DISCUS que l’issue était regrettable et l’a liée au refus persistant des provinces canadiennes de remettre les spiritueux américains en rayon au cours des dix-huit derniers mois. Son communiqué n’a signalé aucune avancée immédiate dans les négociations, et aucun accord plus large entre Washington et Ottawa n’avait été annoncé parallèlement à l’activation du droit.
Le résultat est une guerre commerciale qui associe désormais des restrictions d’accès au marché au Canada et une nouvelle taxe à la frontière aux États-Unis. À moins que les négociateurs ne parviennent à un accord avant la date prévue de représailles du Canada, le différend pourrait encore s’aggraver au début de septembre, avec potentiellement davantage de produits entraînés dans le conflit et davantage de coûts ajoutés dans l’ensemble du commerce nord-américain des spiritueux.
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