21-08-2026

La bière reste le type d’alcool le plus souvent consommé parmi les buveurs américains, mais son avance s’est nettement réduite au cours de la dernière décennie, selon un rapport Gallup publié jeudi.
Gallup a indiqué que 36 % des Américains qui boivent de l’alcool identifient désormais la bière comme la catégorie qu’ils consomment le plus souvent. C’est sept points de pourcentage de moins qu’en 2016, lorsque quelque 43 % donnaient la même réponse. Les nouveaux chiffres proviennent d’entretiens menés du 1er au 19 juillet 2026 et reflètent des préférences de consommation déclarées, et non les ventes, les volumes expédiés ou les parts de marché.
Ce recul laisse la bière toujours en tête, mais avec un écart bien plus faible face aux autres catégories. Les spiritueux sont cités par 32 % des buveurs comme l’alcool qu’ils consomment le plus souvent, tandis que le vin est cité par 30 %. Cet écart suggère un marché des préférences des consommateurs plus concurrentiel qu’il y a dix ans, lorsque la bière bénéficiait d’une avance plus nette.
Gallup a publié ces chiffres dans son rapport « Americans’ Drinking Remains at Record Low », daté du 20 août. Les données de préférence indiquent une évolution de long terme dans les habitudes de consommation déclarées par les Américains, en particulier alors que les spiritueux distillés continuent de gagner du terrain. L’enquête ne mesure pas la quantité d’alcool consommée par les personnes, la fréquence de leurs achats, ni le montant dépensé. Elle enregistre la catégorie que les buveurs disent consommer le plus souvent.
L’écart entre les sexes dans la nouvelle enquête est important. Parmi les buveurs masculins, 56 % ont déclaré que la bière est la boisson alcoolisée qu’ils consomment le plus souvent. Chez les buveuses, seules 16 % ont donné la même réponse. Cette différence aide à expliquer pourquoi la bière conserve la première place au total, même si son assise nationale s’est affaiblie. Les données montrent aussi que la base de la bière reste plus concentrée chez les hommes que chez les femmes.
Ces chiffres viennent s’ajouter aux indices d’un changement structurel dans les préférences déclarées, qui s’est déployé sur plusieurs années. La position de la bière ne s’est pas effondrée, mais le recul de sept points depuis 2016 est suffisamment marqué pour montrer une érosion nette de l’emprise de la catégorie sur les buveurs. Dans le même temps, les spiritueux se sont rapprochés de la bière, réduisant un avantage autrefois plus important.
Comme la mesure de Gallup repose sur la déclaration des répondants, elle ne doit pas être lue comme un indicateur direct de la performance commerciale de détail. Un répondant qui dit que la bière est ce qu’il consomme le plus souvent peut en boire de petites quantités, tandis qu’un répondant qui préfère le vin ou les spiritueux peut dépenser davantage ou boire plus fréquemment. L’enquête ne détaille pas non plus les habitudes de dépense, le choix des marques, ni les différences entre consommation sur place et hors domicile. Son intérêt réside dans le suivi des préférences au fil du temps grâce à une question constante.
Même avec ces limites, la tendance est notable car elle montre un changement dans la catégorie à laquelle les Américains s’identifient le plus. La bière occupe depuis longtemps une place centrale dans la culture de la consommation d’alcool aux États-Unis, et elle reste en tête devant le vin et les spiritueux dans la dernière mesure de Gallup. Mais les données suggèrent que cette avance n’est plus aussi sûre qu’il y a dix ans.
Ce mouvement est d’autant plus significatif qu’il intervient dans une période où la consommation d’alcool globale aux États-Unis reste historiquement faible selon la mesure de Gallup. Dans ce contexte, les évolutions au sein de la population des consommateurs peuvent compter davantage. Si moins d’Américains boivent, alors les changements dans les préférences de ceux qui boivent peuvent prendre un poids accru pour les producteurs, les distributeurs et les détaillants qui cherchent à comprendre vers où se déplace l’intérêt des consommateurs.
La formulation de Gallup a également son importance. L’enquête demandait aux personnes qui boivent de l’alcool d’identifier le type qu’elles consomment le plus souvent. C’est différent de demander quelle catégorie elles préfèrent, achètent le plus souvent ou consomment en plus grand volume. C’est aussi différent du suivi sectoriel fondé sur les caisses vendues, les recettes fiscales, les commandes des restaurants ou les expéditions en gros. Le résultat offre un aperçu des habitudes déclarées plutôt que de l’activité commerciale mesurée.
Néanmoins, la direction du changement ressort clairement des résultats de l’enquête. La part de bière dans les préférences déclarées a reculé depuis 2016, tandis que les spiritueux ont gagné suffisamment de terrain pour se rapprocher à quatre points de pourcentage de la catégorie en tête. Le vin, à 30 %, reste lui aussi assez proche pour maintenir une répartition en trois blocs relativement serrée par rapport aux années précédentes.
La période d’enquête de juillet signifie que ces résultats offrent un instantané récent des opinions des buveurs américains pendant l’été 2026. Gallup n’a pas présenté ce chiffre comme la preuve d’un changement saisonnier de court terme. La signification réside plutôt dans la comparaison avec les années précédentes, en particulier 2016, qui montre que la bière a perdu une partie de l’avance qu’elle détenait autrefois.
Pour les brasseries et pour l’ensemble de l’industrie des boissons alcoolisées, ces résultats mettent en évidence un paysage de préférences plus fragmenté. La bière reste la catégorie la plus souvent citée par les buveurs, mais sa domination est moins forte, et la progression des spiritueux a modifié l’équilibre. Les données de Gallup n’expliquent pas pourquoi les répondants ont changé, et le rapport n’attribue pas cette évolution à une cause précise. Ce que montrent les chiffres, c’est que la catégorie la plus souvent choisie par les buveurs américains n’est plus aussi loin devant qu’autrefois, et que ce changement s’est produit sur une décennie plutôt qu’en une seule année.
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