Brock agrandit sa ferme de Niagara pour lutter contre les maladies de la vigne

03-06-2026

Le nouveau site de recherche de l’université testera du matériel végétal plus sain, des cépages plus résistants et des technologies agricoles pour l’industrie vitivinicole canadienne

L’Université Brock agrandit sa ferme de recherche à Niagara, en Ontario, dans une démarche visant à renforcer le secteur canadien du raisin et du vin grâce à du matériel végétal plus sain, à la prévention des maladies et à de nouvelles technologies agricoles.

L’université a indiqué que la Norris W. Walker Research Farm, située juste au sud du campus principal de Brock, sur Merrittville Highway, servira de prochaine étape à son projet Clean Agriculture for Sustainable Production, connu sous le nom de CASP. Cette initiative s’appuie sur le Clean Plant Program de Brock, qui teste et produit des vignes certifiées exemptes de virus pour les producteurs et les pépiniéristes. Selon l’université, ce programme est l’un des deux seuls au Canada à contribuer à l’approvisionnement en matériel certifié de vigne.

Cette expansion intervient alors que l’industrie canadienne du raisin et du vin, évaluée à 11,6 milliards de dollars, est confrontée aux effets du changement climatique, aux maladies des plantes et à la hausse des coûts de production. Les chercheurs de Brock estiment que des vignes saines sont le point de départ d’un vignoble productif et que des porte-greffes et du matériel végétal sains sont essentiels pour limiter la propagation des virus susceptibles d’affaiblir les cultures au fil du temps.

Jim Willwerth, professeur agrégé en sciences biologiques et chercheur au Cool Climate Oenology and Viticulture Institute de Brock, pilote l’initiative CASP. Il a expliqué que la ferme de recherche permettra à l’université de transférer une plus grande partie de ses travaux dans un environnement naturel, où les scientifiques pourront étudier la réaction des vignes dans des conditions réelles de culture tout en testant des outils destinés à améliorer l’efficacité et la résilience.

Le projet devrait soutenir des recherches sur des cépages plus robustes, des serres sobres en énergie, des systèmes d’alerte précoce pour les producteurs et des outils agricoles fondés sur l’intelligence artificielle. Brock a également indiqué que le site servira à étudier les interactions entre les plantes et les écosystèmes, avec pour objectif d’améliorer la biodiversité et la santé des sols, tant dans les exploitations agricoles qu’en milieu urbain.

L’université a organisé une célébration à la ferme vendredi 29 mai pour marquer cette nouvelle phase du projet et remercier ses soutiens. La présidente de Brock, Lesley Rigg, a déclaré que cette initiative illustre une recherche appliquée ayant un impact direct sur la communauté et s’inscrit dans l’objectif plus large de l’université : construire des avenirs durables.

Le financement du projet comprend 3,5 millions de dollars du Canada Foundation for Innovation et 3,5 millions de dollars du Ontario Research Fund. Ces subventions publiques ont été complétées par un don de plus de 7 millions de dollars de Norris Walker, un soutien de Niagara dont la contribution a permis de rendre la ferme possible avant son décès en janvier 2024.

La fille de Walker, Sheila Bonapace, assistait à l’événement avec d’autres membres de la famille. Elle a déclaré que son père aurait été fier de voir son soutien continuer à profiter aux chercheurs, aux étudiants et à la région.

Des représentants fédéraux et provinciaux ont également salué le projet comme un investissement dans l’agriculture locale et la croissance économique. Chris Bittle, député libéral de St. Catharines, a estimé que CASP contribuerait à renforcer la position du Canada dans l’agriculture durable. Sam Oosterhoff, député progressiste-conservateur provincial pour Niagara West, a déclaré qu’il soutiendrait les producteurs et les familles agricoles de Niagara tout en aidant à protéger des emplois partout en Ontario.

Brock a indiqué que cette ferme agrandie renforcera son rôle dans la recherche sur la santé végétale à un moment où les vignobles cherchent des moyens de réduire les risques et de maintenir leur productivité alors que les régimes météorologiques évoluent et que les menaces liées aux maladies se complexifient.