Des chercheurs commencent à tester Agrhound dans les vignobles espagnols
Le robot quadrupède est testé sur des terrains accidentés de vignobles et d’exploitations de fruits rouges, où les machines à roues peinent souvent à inspecter les cultures.
mardi 27 octobre 2026

Un projet espagnol piloté par CTAEX a commencé à tester un robot quadrupède baptisé Agrhound dans des vignobles et des exploitations de fruits rouges en Espagne. Les chercheurs cherchent une meilleure façon d’inspecter les cultures sur des terrains accidentés, où les machines à roues peuvent rencontrer des difficultés, selon Global Agriculture.
La publication décrit Agrhound comme un chien-robot utilisé pour effectuer des repérages sur le terrain. Les essais visent à améliorer l’inspection des zones où les terrains accidentés, les pentes ou les surfaces irrégulières peuvent limiter les capacités des plateformes robotiques plus conventionnelles. Les vignobles illustrent bien cette difficulté : nombre d’entre eux sont plantés sur des terrains difficiles à parcourir avec de petites machines à roues, en particulier entre les rangs ou dans les pentes.
CTAEX pilote le projet, rapporte Global Agriculture. Les essais s’étendent également aux exploitations de fruits rouges, ce qui permet à l’équipe d’évaluer les performances d’un robot marcheur dans différents types de cultures. Si l’article évoque une utilisation sur le terrain dans ces cultures, il ne fournit pas de résultats techniques détaillés sur les essais et ne précise pas leur durée.
Des questions importantes restent donc sans réponse. Aucun chiffre de performance n’a été cité concernant la distance que le robot peut parcourir, le temps nécessaire pour inspecter une parcelle, les types de problèmes rencontrés dans les cultures qu’il peut détecter ou la comparaison de ses coûts de fonctionnement avec ceux du repérage manuel ou d’autres systèmes automatisés. L’article ne comprend pas non plus de données sur l’autonomie de la batterie, les besoins de maintenance ou la fiabilité dans les conditions quotidiennes d’une exploitation agricole.
Malgré ces lacunes, les essais témoignent d’un effort plus large dans le secteur agricole pour automatiser le suivi des cultures dans des zones difficilement accessibles aux robots classiques. De nombreux systèmes d’inspection des cultures en cours de développement reposent sur des roues. Ils peuvent être efficaces sur des terrains plats et fermes, mais peinent parfois sur des sols orniérés, en pente ou irréguliers. Un robot quadrupède est ici testé comme solution alternative, avec l’idée que sa mobilité pédestre pourrait lui permettre d’accéder à des terres plus difficiles à couvrir avec un petit véhicule.
Si le concept se révèle viable, cela pourrait avoir des retombées pour le secteur des boissons. Le lien direct concerne les vignobles : un meilleur suivi des terrains difficiles pourrait à terme offrir aux viticulteurs et aux domaines viticoles un outil supplémentaire pour automatiser les opérations de repérage de routine. Pour les producteurs de vin, l’intérêt ne résiderait pas dans le robot lui-même, mais dans sa capacité éventuelle à suivre plus régulièrement l’état des vignes dans les parcelles difficiles à inspecter avec du matériel à roues. Les cultures de fruits rouges concernent également certains segments du marché des boissons, notamment les jus et certains spiritueux, ce qui élargit l’intérêt potentiel du projet.
Pour les producteurs, toutefois, le seuil d’adoption est généralement élevé. Une machine peut se déplacer efficacement dans un champ sans pour autant fournir suffisamment d’informations utiles à un coût raisonnable. Les exploitations veulent savoir si un nouvel outil permet de réduire les besoins en main-d’œuvre, fonctionne dans des conditions météorologiques et pédologiques variables et s’intègre aux opérations habituelles sans les compliquer excessivement. Ces questions sont particulièrement importantes pour les cultures pérennes comme la vigne, où l’espacement des rangs, la structure du couvert végétal et la topographie peuvent fortement varier d’un site à l’autre.
Dans son article, Global Agriculture présente Agrhound comme un outil d’inspection, et non comme une machine de récolte ou une plateforme destinée aux travaux agricoles lourds. Le robot s’inscrit ainsi dans un segment de l’automatisation agricole qui suscite un intérêt croissant, les producteurs cherchant à réduire les repérages manuels et à recueillir plus fréquemment des observations sur leurs cultures. Dans les vignobles, les contrôles réguliers sur le terrain peuvent prendre du temps, en particulier lorsque les parcelles sont escarpées ou morcelées. La mobilité reste donc un enjeu central pour les développeurs qui cherchent à concevoir des systèmes robotiques utiles.
L’Espagne est un terrain d’essai logique pour ce type de projet, compte tenu de l’importance des vignobles et des cultures spécialisées dans son secteur agricole, ainsi que de la diversité des conditions de terrain que ces cultures peuvent présenter. Pour réussir dans ce contexte, un robot devrait pouvoir évoluer sur des surfaces irrégulières, circuler sans risque entre les rangs et effectuer des inspections de manière pratique pour les producteurs. Les informations disponibles à ce jour ne permettent pas de savoir si Agrhound répond à ces critères.
Pour l’heure, le projet semble en être au stade de la démonstration et des essais. Global Agriculture rapporte que le robot a commencé à effectuer des repérages dans des vignobles et des exploitations de fruits rouges en Espagne, mais aucun résultat publié sur le terrain ne précise ses performances ni dans quelle mesure il pourrait être proche d’une commercialisation.