Selon Heriot-Watt, le projet de centre brassicole pourrait rapporter 53,4 millions de livres par an à l’économie écossaise

Une étude estime que la valeur ajoutée brute annuelle pourrait atteindre 324,8 millions de livres d’ici dix ans si les pouvoirs publics et la filière soutiennent le projet.

mardi 13 octobre 2026

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Selon Heriot-Watt, le projet de centre brassicole pourrait rapporter 53,4 millions de livres par an à l’économie écossaise

L’université Heriot-Watt a déclaré lundi qu’un projet de Centre for Advanced Brewing and Distilling de 35 millions de livres, sur son campus d’Édimbourg, pourrait rapporter 53,4 millions de livres par an à l’économie écossaise. Elle s’appuie sur une nouvelle étude d’impact économique réalisée par BiGGAR Economics, alors qu’elle cherche à obtenir le soutien des pouvoirs publics et de la filière pour mener le projet à bien.

Le projet, connu sous le nom de CABD, permettrait de développer les activités de longue date de l’université dans les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation en brasserie et en distillation. Selon le rapport, le centre pourrait générer, d’ici dix ans, un impact économique annuel total de 324,8 millions de livres en valeur ajoutée brute dans toute l’Écosse et contribuer au maintien de 1 570 emplois. L’étude estime également que chaque livre sterling de financement public pourrait produire 20,80 livres de retombées économiques.

Le projet n’a pas encore été financé. Heriot-Watt indique chercher à réunir 25,3 millions de livres auprès de la filière et 9,7 millions de livres d’investissements publics pour le faire avancer. Selon l’université, le nouveau site offrirait davantage d’espace et d’équipements pour la recherche, la formation et les travaux menés conjointement avec des entreprises des secteurs brassicole et de la distillation, ainsi que de leurs chaînes d’approvisionnement.

Cette étude intervient alors que les brasseurs et les distillateurs écossais sont confrontés à plusieurs enjeux de long terme, notamment la transition vers la neutralité carbone, l’utilisation de l’eau, la hausse des coûts des intrants et la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Dans ce contexte, le centre proposé est présenté non seulement comme un développement universitaire, mais aussi comme une base commune de recherche et développement qui pourrait aider les producteurs de boissons à tester des procédés moins carbonés, à améliorer leurs méthodes de production et à former les professionnels de demain. S’il voit le jour, ses retombées pourraient dépasser largement celles d’un seul campus, en particulier pour les petites et moyennes entreprises qui n’ont souvent pas les moyens de développer seules de nouvelles technologies.

Selon BiGGAR Economics, le centre pourrait renforcer la compétitivité de la filière en réunissant des équipements de brasserie et de distillation prêts à l’emploi, des laboratoires de recherche de pointe, des espaces consacrés au développement de technologies bas carbone, un laboratoire de matières premières, un laboratoire dédié à la qualité et à l’innovation des produits, des installations pour les tests sensoriels ainsi que des infrastructures permettant de soutenir le captage du carbone et l’intégration des énergies renouvelables. Le rapport estime qu’une telle configuration pourrait stimuler la recherche et faciliter une collaboration plus large dans l’ensemble du secteur.

Pour défendre le projet, Heriot-Watt met en avant le bilan de son International Centre for Brewing and Distilling (ICBD), qui existe depuis près de 40 ans. BiGGAR Economics estime que, en 2024/25, le centre actuel a généré 240,1 millions de livres de valeur ajoutée brute pour l’économie écossaise et soutenu 1 180 emplois. L’université indique également que les diplômés de l’ICBD ont fondé près de 30 entreprises de brassage et de distillation toujours en activité en Écosse. Selon les chiffres cités par Heriot-Watt, ces entreprises ont contribué à hauteur de 79,4 millions de livres à l’économie en 2024/25 et soutenu 520 emplois.

Le professeur Chris Turney, vice-principal chargé de la recherche et de l’innovation à Heriot-Watt, a déclaré que ces résultats confortaient l’argument de l’université selon lequel un centre plus grand et plus moderne s’inscrirait dans la continuité des résultats déjà obtenus. Il a précisé que la prochaine étape serait axée sur la durabilité, tout en préservant la place de l’Écosse dans les secteurs brassicole et de la distillation.

Des dirigeants de la filière soutiennent également la campagne de financement. Ewan Andrew, président de la chaîne d’approvisionnement mondiale et des achats de Diageo, ainsi que directeur du développement durable du groupe, qui copréside aussi le comité de collecte de fonds de Heriot-Watt pour le projet, a déclaré que le rapport mettait en évidence les retombées potentielles du centre pour l’Écosse et l’ensemble du Royaume-Uni, à condition d’obtenir le soutien des pouvoirs publics. Selon lui, la combinaison d’investissements privés, de dons philanthropiques, de financements publics et d’expertise universitaire pourrait aider la filière à réagir plus rapidement et à plus grande échelle que ne le pourrait chacun de ces acteurs séparément.

Shona Glenn, directrice chez BiGGAR Economics, a déclaré que l’ICBD actuel jouait un rôle important en assurant un vivier de travailleurs qualifiés et en contribuant à la création de nouvelles entreprises dans le secteur. Elle a indiqué que le centre proposé serait conçu pour répondre plus directement aux besoins actuels en matière de recherche et développement et offrir à la filière un lieu où collaborer sur des enjeux communs.

L’université estime que le projet arrive à point nommé, car la demande des étudiants et celle de la filière dépassent les capacités de ses installations actuelles. Cette limite de capacité est au cœur de l’argument en faveur du nouveau centre. Selon Heriot-Watt, le site proposé lui permettrait de développer l’enseignement, la recherche appliquée et l’assistance technique, à un moment où les entreprises de brassage et de distillation subissent une pression croissante pour réduire leurs émissions, gérer plus efficacement les ressources et maintenir la qualité des produits tout en maîtrisant leurs coûts.

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