Les distillateurs canadiens pressent les États-Unis de rétablir le commerce des spiritueux en franchise de droits

Selon le secteur, 93 % des exportations canadiennes de spiritueux sont destinées aux États-Unis, exposant les producteurs à l’interdiction d’importation.

jeudi 15 octobre 2026

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Les distillateurs canadiens pressent les États-Unis de rétablir le commerce des spiritueux en franchise de droits

Le secteur canadien des spiritueux réclame le rétablissement du commerce en franchise de droits avec les États-Unis, après qu’une interdiction américaine d’importation a renforcé l’incertitude sur un marché transfrontalier qui s’est construit au fil de plusieurs décennies.

Spirits Canada, l’organisation professionnelle nationale du secteur, a déclaré mercredi que les distillateurs canadiens et américains avaient noué des liens commerciaux étroits et mis en place des chaînes d’approvisionnement intégrées, qui soutiennent les entreprises, les travailleurs et les consommateurs des deux pays. Selon l’organisation, les dernières mesures américaines ont déstabilisé un secteur qui a longtemps fonctionné dans un contexte de libre-échange sans droits de douane.

Cet appel témoigne de la dépendance des distillateurs canadiens au marché américain. Selon Spirits Canada, le Canada produit chaque année pour près de 2 milliards de dollars de spiritueux, et environ 50 % de la production nationale dépend de la demande américaine. En 2025, le Canada a exporté pour 948,6 millions de dollars de spiritueux vers les États-Unis, qui ont représenté environ 93 % de la valeur totale des exportations canadiennes de spiritueux.

Cette concentration expose les producteurs aux changements des conditions commerciales. Une perturbation prolongée pourrait toucher non seulement les distillateurs, mais aussi les importateurs, les distributeurs, les détaillants et, plus largement, les chaînes d’approvisionnement des boissons qui acheminent de l’alcool au-delà de la frontière. Pour les entreprises du vin, de la bière et des spiritueux, ce différend montre une nouvelle fois à quel point les décisions politiques peuvent rapidement modifier les coûts, l’accès aux rayons et les stratégies commerciales de longue date en Amérique du Nord.

Spirits Canada a souligné que le secteur national représente une part importante de l’économie canadienne. Selon l’organisation, il contribue à hauteur d’environ 5,8 milliards de dollars au produit intérieur brut du Canada, soutient près de 48 800 emplois équivalents temps plein et génère plus de 2,66 milliards de dollars de recettes fiscales publiques par an.

L’organisation n’a pas présenté ce différend comme une rupture avec un partenaire commercial secondaire. Ses chiffres montrent que les États-Unis restent, de loin, la principale destination des exportations canadiennes de spiritueux. Cette ampleur explique pourquoi le secteur réclame un retour rapide à des règles commerciales prévisibles plutôt que des solutions de circonstance.

L’organisation a déclaré espérer que la poursuite des discussions entre Ottawa et Washington débouche sur ce qu’elle a qualifié de voie constructive. Son objectif affiché est de rétablir un commerce « zéro pour zéro », sans droits de douane, pour les spiritueux et les autres boissons alcoolisées.

Cet appel à renouer avec le libre-échange intervient alors que les producteurs de boissons des deux côtés de la frontière doivent faire face à la hausse des coûts d’exploitation, à l’évolution de la demande des consommateurs et à la nécessité de préserver la stabilité des chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, tout obstacle à l’accès à un grand marché d’exportation peut rapidement dépasser le cadre des producteurs et toucher les transporteurs, les exploitants d’entrepôts, les acheteurs du secteur de l’hôtellerie-restauration et les consommateurs.

Si l’organisation professionnelle a insisté sur le préjudice économique causé par l’incertitude, elle a également mis l’accent sur la prévisibilité. Les entreprises qui embouteillent, expédient et commercialisent des spiritueux prennent souvent leurs décisions de production et d’achat plusieurs mois à l’avance. Lorsque l’accès au marché américain est restreint, les producteurs canadiens peuvent être confrontés à des questions soudaines concernant leurs stocks, leurs prix et leur distribution, en particulier si une grande part de leur production était destinée aux acheteurs américains.

Ce différend met également en lumière l’intégration poussée des échanges d’alcool entre les deux pays. Depuis des années, les distillateurs développent la notoriété de leurs marques, leurs réseaux de vente et leurs relations avec les fournisseurs de part et d’autre de la frontière. Ces liens peuvent être difficiles à remplacer rapidement, en particulier pour les petits producteurs qui n’ont pas la même présence sur d’autres marchés d’exportation.

Pour l’heure, Spirits Canada exhorte les deux gouvernements à rétablir un cadre permettant aux spiritueux et aux autres boissons alcoolisées de circuler sans droits de douane ni obstacles comparables. Selon l’organisation, le retour à un accès stable et prévisible au marché apporterait la certitude dont les entreprises, les travailleurs et les consommateurs ont besoin des deux côtés de la frontière.

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