La commission de l’Agriculture du Parlement européen soutient les aides à la promotion du vin et de la viande
Les eurodéputés réclament un financement au moins égal aux niveaux de 2026 avant l’examen de la mesure par le Parlement européen réuni en plénière, plus tard ce mois-ci.
vendredi 9 octobre 2026

Les eurodéputés réclament un renforcement de la politique de promotion des produits agricoles de l’Union européenne, alors que le bloc débat de son prochain programme annuel. La commission de l’Agriculture du Parlement européen a soutenu un rapport appelant à maintenir le financement et à poursuivre le soutien au vin et à la viande.
La commission, connue sous le nom de Comagri, a adopté le rapport d’initiative le 5 octobre à Strasbourg, par 37 voix contre 7, avec 1 abstention, selon Agra Europe. Le texte est désormais transmis à l’ensemble du Parlement, qui devrait l’examiner lors de sa deuxième session plénière d’octobre, prévue du 19 au 22 octobre.
La commission demande avant tout de maintenir les financements européens consacrés à la promotion au moins à leur niveau de 2026. Les eurodéputés ont également réclamé un accès facilité aux financements et des démarches administratives allégées pour les demandeurs. Ils ont en outre estimé que les campagnes approuvées devraient pouvoir réorienter plus librement les produits, les financements ou les marchés ciblés si les conditions du marché évoluent ou si des événements géopolitiques bouleversent les plans initiaux. La commission a aussi proposé d’allouer davantage de fonds aux programmes dits « multipays », qui réunissent des partenaires de plusieurs États membres.
Ce rapport intervient alors que l’UE discute de son programme annuel de promotion pour 2027 et que les organisations agricoles avertissent que les financements pourraient fortement diminuer l’année prochaine. La question figurait également à l’ordre du jour d’une réunion du comité d’experts consacré à la politique de promotion, le 7 octobre, selon le compte rendu d’Agra Europe.
La question de l’admissibilité du vin et de la viande au programme de promotion comptait parmi les points les plus sensibles sur le plan politique. Les membres de la commission de l’Agriculture ont estimé que les deux secteurs devaient continuer à y être éligibles. Salvatore De Meo, eurodéputé italien du Parti populaire européen et rapporteur sur ce dossier, a déclaré que la commission avait défendu l’égalité de traitement de tous les secteurs et produits agricoles admissibles, y compris la viande et le vin, sans discrimination.
Cette position est suivie de près par le secteur des boissons, car le cumul des règles d’admissibilité des produits et des niveaux de budget peut déterminer si les producteurs de vin continueront d’avoir accès à des fonds publics pour des campagnes visant à défendre ou à renforcer leur position sur les marchés étrangers. Si les règles d’admissibilité ou les financements étaient resserrés dans de futurs programmes, certains acteurs du secteur des boissons pourraient avoir davantage de difficultés à obtenir des fonds pour promouvoir leurs exportations.
Le vote de la commission a été salué par les acteurs agricoles à Bruxelles, qui y voient un signal adressé à la Commission européenne pour qu’elle ne fragilise pas le programme. Dans un communiqué publié le 6 octobre, les groupes de défense des intérêts agricoles Farm Europe et Eat Europe ont déclaré que le rapport du Parlement envoyait un message clair en faveur d’un budget suffisant. Selon eux, si l’UE veut renforcer son secteur agricole et accroître sa présence sur les marchés mondiaux, ses ambitions politiques doivent s’accompagner de ressources financières stables et adéquates.
Le principal lobby agricole de l’UE, Copa-Cogeca, qui représente des organisations agricoles et des coopératives, a lui aussi soutenu la position de la commission et s’est tourné vers les gouvernements nationaux. Le groupe a indiqué que les États membres devraient faire preuve du même niveau d’ambition lors du vote sur la lettre rectificative au projet de budget de l’UE pour 2027 et veiller à ce que les programmes de promotion disposent de financements suffisants.
Le débat sur la politique de promotion ne porte pas uniquement sur le montant du budget. Les partisans de changements estiment que le système actuel peut être trop rigide pour les entreprises et les organisations de producteurs opérant sur des marchés volatils. Une campagne conçue pour une destination donnée peut rapidement perdre de sa pertinence si les conditions commerciales évoluent, si la demande des consommateurs change ou si les tensions géopolitiques affectent un marché. En réclamant davantage de souplesse après l’approbation des campagnes, les eurodéputés cherchent à rendre le programme plus adapté aux secteurs qui dépendent de décisions marketing prises en temps utile.
Le rapport d’initiative du Parlement ne fixe pas lui-même le budget annuel définitif, mais il accentue la pression politique alors que la Commission et les États membres élaborent le programme pour 2027. Le prochain vote de l’ensemble du Parlement montrera si la position de la commission de l’Agriculture bénéficie d’un soutien plus large, notamment sur le maintien du vin dans la liste des produits admissibles et la préservation des dépenses à leur niveau actuel.