La consommation hebdomadaire d’alcool chez les jeunes Allemands atteint un niveau historiquement bas
Des données d’enquête suggèrent que les jus et les mocktails s’installent dans les habitudes des Allemands de 16 à 26 ans
mercredi 21 octobre 2026
Les jeunes Allemands boivent plus souvent des jus de fruits et des cocktails sans alcool, tandis que la consommation régulière d’alcool continue de reculer, selon une nouvelle enquête financée par la filière et des données distinctes de santé publique qui témoignent ensemble d’une évolution des habitudes de consommation au quotidien.
Une enquête en ligne YouGov réalisée à la demande de l’Association allemande de l’industrie des jus de fruits révèle que 42 % des personnes interrogées âgées de 16 à 26 ans déclaraient, en juillet 2026, boire des jus de fruits tous les jours ou plusieurs fois par semaine. Dans l’enquête de l’année précédente, qui portait sur les 16-25 ans, cette proportion s’élevait à 24,6 %. La part des consommateurs quotidiens de jus a atteint 17,6 %, contre 5,8 %, tandis que 24,5 % supplémentaires ont indiqué en boire plusieurs fois par semaine, contre 18,8 %.
La même enquête fait état d’une forte hausse de la consommation régulière de mocktails. Selon les résultats, 78,3 % des personnes interrogées ont déclaré avoir déjà goûté un cocktail sans alcool, et 25 % ont indiqué en boire régulièrement. Dans l’enquête de 2025, cette proportion était de 11 %. Les jus de fruits semblent jouer un rôle central dans cette tendance. Quelque 46,2 % des personnes interrogées ont déclaré que le jus est un ingrédient important d’un mocktail, et 35,1 % ont indiqué que les jus de fruits occupent une place importante dans leur vie, contre 21,7 % un an plus tôt.
Ces résultats interviennent alors que les données officielles allemandes de santé montrent que l’alcool perd du terrain auprès des jeunes. L’Institut fédéral de santé publique, désigné par son sigle allemand BIÖG, a indiqué dans son étude sur les affinités avec les drogues, publiée en septembre 2026, que la consommation hebdomadaire d’alcool en 2025 était tombée à 6,8 % chez les 12-17 ans et à 25 % chez les 18-25 ans. L’institut a qualifié ces deux niveaux de plus bas historiques.
L’étude du BIÖG a également montré que les jeunes commencent à boire de l’alcool plus tard qu’auparavant. L’âge moyen de la première consommation d’alcool est passé de 14,1 ans en 2004 à 15,1 ans en 2025. Sur la même période, la part des 12-17 ans ayant déclaré avoir consommé de l’alcool au cours des 30 jours précédents a chuté, passant de 58,4 % à 32,9 %. Chez les 18-25 ans, elle est passée de 84,4 % à 69,3 %.
Prises ensemble, ces deux séries de données suggèrent que les boissons sans alcool s’ancrent davantage dans le quotidien des jeunes Allemands. Les enquêtes ont été menées indépendamment et reposent sur des méthodes différentes : elles ne mesurent donc pas le même comportement de la même manière. Elles vont néanmoins dans le même sens : la consommation régulière d’alcool est moins fréquente et les alternatives comme les jus et les mocktails sont davantage acceptées.
L’étude de YouGov repose sur deux enquêtes en ligne. La première, menée en juillet 2025, a porté sur 751 personnes âgées de 16 à 25 ans. La seconde, réalisée en juillet 2026, a inclus 757 personnes âgées de 16 à 26 ans. Les résultats ont été établis à partir de quotas selon l’âge et le genre, puis pondérés. L’association indique qu’ils sont représentatifs de la génération Z en Allemagne. La tranche d’âge ayant légèrement changé entre les deux années, les comparaisons directes doivent être interprétées avec une certaine prudence, même si la hausse observée pour les jus et les mocktails est nette.
L’étude du BIÖG repose sur un échantillon plus large et une méthode différente. Elle a interrogé par téléphone 7 001 personnes âgées de 12 à 25 ans entre avril et juillet 2025. Elle constitue donc une mesure distincte de l’étude YouGov, mais offre une perspective à plus long terme sur la consommation d’alcool des jeunes en Allemagne.
Cette tendance pourrait avoir des répercussions bien au-delà du seul secteur des jus. Si les jeunes consommateurs continuent de se tourner vers les options sans alcool, les entreprises de boissons, les bars, les restaurants et les distributeurs pourraient voir la demande de produits sans alcool augmenter, aussi bien sur les cartes que dans les rayons. Cela pourrait ouvrir davantage de débouchés aux ingrédients pour cocktails sans alcool, aux gammes à faible teneur en alcool ou sans alcool et à d’autres alternatives, alors que les producteurs de vin, de bière, de spiritueux et de boissons sans alcool s’adaptent à l’évolution des préférences de la prochaine génération de consommateurs adultes.