Pernod Ricard annonce une hausse de 6 % des ventes de ses marques locales, portée par les whiskies indiens, au premier trimestre
Les ventes en Inde ont progressé de 19 %, offrant au groupe un moteur de croissance en dehors des marchés américain et chinois en difficulté
vendredi 16 octobre 2026

Pernod Ricard a annoncé jeudi que les ventes de ses marques locales stratégiques avaient progressé de 6 % en organique au premier trimestre de l’exercice 2027, principalement grâce à la forte demande pour ses whiskies indiens Royal Stag et Blenders Pride.
Le groupe de spiritueux basé à Paris a indiqué que cette hausse était mesurée par rapport au même trimestre de l’année précédente, à taux de change et périmètre constants. Il n’a pas communiqué de chiffre d’affaires en euros pour cette catégorie de marques, ni ventilé la progression entre les volumes, les prix et le mix produits.
Ce résultat souligne le rôle de l’Inde comme important relais de croissance pour le groupe, alors que deux de ses principaux marchés, les États-Unis et la Chine, restent sous pression. Pernod Ricard a fait état d’un chiffre d’affaires net total de 2,234 milliards d’euros pour le trimestre. Ce montant inclut un effet de périmètre négatif de 127 millions d’euros, principalement lié à la cession d’Imperial Blue et de son activité vins, ainsi qu’un impact de change de 3 millions d’euros, principalement imputable à la roupie indienne et à la livre turque.
À l’échelle du groupe, les tendances organiques ont été contrastées. Les ventes ont reculé de 10 % aux États-Unis et de 25 % en Chine, les deux marchés étant affectés par des ajustements de stocks que le groupe avait anticipés. Pernod Ricard a indiqué que les sorties de stocks sous-jacentes en Chine étaient reparties à la hausse, signe, selon lui, d’un optimisme prudent dans le secteur à l’approche de la fête de la Mi-Automne.
Le groupe a fait état de meilleures performances en dehors de ces deux marchés. Hors États-Unis et Chine, les ventes dans le reste du monde ont progressé de 4 %. La région Asie-Reste du monde a enregistré une hausse de 9 %, tirée par l’Inde, où les ventes ont augmenté de 19 %.
Pernod Ricard a indiqué que l’Inde continuait de bénéficier de fondamentaux de consommation favorables et d’une montée en gamme persistante. La croissance y a concerné l’ensemble du portefeuille : les spiritueux importés ont affiché une très forte progression à deux chiffres, notamment Jameson, Absolut et Ballantine’s, tandis que les whiskies Seagram’s Royal Stag et Blenders Pride ont eux aussi enregistré une forte croissance à deux chiffres. Le groupe a également souligné la dynamique positive suscitée par le lancement de sa nouvelle gamme de spiritueux Xclamat!on.
Le groupe a précisé que les ventes du premier trimestre en Inde avaient également bénéficié d’effets de comparaison liés aux changements de politique fiscale sur les alcools intervenus l’an dernier dans l’État du Maharashtra. En outre, les préparatifs en vue d’une éventuelle introduction en Bourse ont généré un effet favorable de remplissage des circuits de distribution, qui a soutenu davantage les ventes du premier trimestre. Pernod Ricard a ajouté que toute décision de procéder à une introduction en Bourse devrait encore être approuvée par le conseil d’administration.
La hausse de 6 % des ventes des marques locales stratégiques est distincte de la performance globale du groupe sur ses marchés et ne doit pas être interprétée comme un indicateur de l’ensemble du marché des spiritueux. Pernod Ricard classe Royal Stag et Blenders Pride dans ce portefeuille stratégique local, qui a également bénéficié de la solide dynamique d’Olmeca, selon le groupe.
À titre de comparaison, les marques internationales stratégiques ont reculé de 1 % sur le trimestre. Pernod Ricard a indiqué que Jameson, Ballantine’s, Malibu et Perrier-Jouët avaient affiché une forte dynamique. La croissance plus modeste de Chivas Regal et Royal Salute a été compensée par le recul d’Absolut et de Martell. Les marques spécialisées ont baissé de 5 %, principalement en raison de performances plus faibles aux États-Unis, même si le groupe a signalé de bons résultats pour Código et Monkey 47.
Le groupe a indiqué que les volumes avaient renoué avec la croissance au premier trimestre, en hausse de 6 %, tandis que ceux des marques internationales stratégiques progressaient de 2 %. Cette hausse des volumes intervient alors que l’activité globale évolue dans un environnement mondial, selon les termes de Pernod Ricard, volatil et incertain, marqué par les conflits en Europe et au Moyen-Orient ainsi que par le coût de la vie élevé sur certains marchés.
Les performances régionales ont été plus faibles en dehors de l’Asie. Les ventes ont reculé de 6 % en Europe, un repli que le groupe attribue à un début d’année peu dynamique, à des effets de calendrier sur certains marchés et à la persistance des pressions dans le circuit des cafés, hôtels et restaurants. Il a indiqué que certains marchés d’Europe occidentale avaient enregistré de légers reculs, que la forte baisse en Allemagne s’était poursuivie et que la Pologne avait été affectée par des négociations toujours en cours avec les clients. Le Travel Retail mondial a reculé de 4 %. Le groupe a mis en avant le conflit persistant au Moyen-Orient, qui a, selon lui, eu un impact disproportionné sur les marchés asiatiques du travel retail.
Dans les Amériques, les ventes ont reculé de 9 %. Pernod Ricard a indiqué que le marché américain des spiritueux avait baissé d’environ 2 % en valeur et d’environ 4 % pour les spiritueux embouteillés, tout en observant une légère amélioration des tendances sous-jacentes au cours de l’été. Le groupe a précisé que l’écart entre ses ventes aux consommateurs et celles du marché s’était réduit entre le quatrième trimestre de l’exercice 2026 et le premier trimestre, pour atteindre environ 2 points de pourcentage sous le marché. Il a également indiqué que Jameson et Kahlúa avaient surperformé leurs segments concurrentiels en ventes aux consommateurs, que Skrewball s’était redressé et que Malibu avait fortement rebondi. Le Canada a enregistré un léger recul, le Brésil a baissé principalement en raison d’effets de calendrier, et le Mexique a fortement reculé sous l’effet de la faiblesse de la demande des consommateurs.
Pour l’ensemble de l’exercice, Pernod Ricard prévoit une stabilité globale de son chiffre d’affaires net organique. Le groupe anticipe toujours des baisses aux États-Unis et en Chine, en raison des mêmes ajustements de stocks qu’au premier trimestre, tout en prévoyant une dynamique positive persistante dans le reste du monde, en particulier en Inde. Il a indiqué que les dépenses de publicité et de promotion devraient rester proches de 16 % du chiffre d’affaires net et qu’il entendait protéger sa marge opérationnelle organique grâce à une stricte maîtrise des coûts et à une accélération de la mise en œuvre des mesures d’efficacité.
À moyen terme, Pernod Ricard vise une croissance moyenne du chiffre d’affaires net organique proche de la borne basse de sa fourchette de 3 % à 6 % pour les exercices 2027 à 2029, tout en poursuivant ses investissements dans ses marques et sa transformation numérique.