L’Australie ouvre une consultation sur un code obligatoire d’achat de raisin de cuve
Le projet de règles imposerait aux grands producteurs de vin d’agir de bonne foi, de clarifier les déductions sur les prix, d’encadrer les litiges et d’élargir la transparence financière.
vendredi 18 septembre 2026

L’Australie a ouvert vendredi une consultation publique sur un projet de code obligatoire qui encadrerait les achats de raisin de cuve, une mesure réglementaire que le gouvernement dit destinée à instaurer des règles plus claires et davantage de transparence dans un secteur sous pression en raison de conditions de marché défavorables.
Le projet de Winegrape Purchases Code of Conduct doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Selon une déclaration commune de la ministre de l’Agriculture Julie Collins et du ministre assistant chargé de la Productivité, de la Concurrence, des Associations caritatives et du Trésor Andrew Leigh, le code vise à encadrer les relations entre les producteurs de raisin de cuve et les grands producteurs de vin et à les rendre plus équitables et plus cohérentes.
Le gouvernement a indiqué que le projet de code obligerait les parties concernées à agir de bonne foi. Il définirait également des attentes en matière de comportement équitable et raisonnable, améliorerait la transparence des transactions et apporterait davantage de certitude sur des sujets longtemps sensibles dans les négociations commerciales, notamment les déductions de prix et le règlement des litiges. Le projet est aussi conçu pour donner aux producteurs un accès à des informations financières qui pourraient les aider dans leurs décisions commerciales.
La consultation sur le projet de texte est ouverte jusqu’au vendredi 9 octobre 2026. Le gouvernement demande aux producteurs de raisin de cuve, aux producteurs de vin et aux autres acteurs du secteur de faire part de leurs observations avant la finalisation des règles.
Cette initiative fait suite aux recommandations d’un examen indépendant du secteur du vin et du raisin mené par le Dr Craig Emerson. Le gouvernement a déclaré que la mise en place d’un code opposable s’inscrit dans sa réponse à cet examen et dans un effort plus large pour soutenir un secteur confronté à une surabondance mondiale de vin et à une baisse des niveaux de consommation.
Ces conditions de marché ont pesé lourdement sur les producteurs ces dernières années. Dans ce contexte, le projet de code revêt une importance plus large pour l’industrie des boissons, car il pourrait modifier l’équilibre des négociations contractuelles entre les producteurs de raisin et les grands producteurs de vin à un moment où l’excédent d’offre pèse sur les marges. Des règles plus claires sur les déductions, l’accès aux informations financières et les procédures formelles de règlement des litiges pourraient influer sur la répartition des risques et des pressions sur les prix tout au long de la chaîne d’approvisionnement, des exploitations viticoles aux entreprises vinicoles qui commercialisent sur les marchés intérieurs et à l’export.
Collins a déclaré que le gouvernement souhaite un code pratique et équilibré, qui soutienne l’avenir à long terme du secteur du vin et du raisin. Elle a dit que les règles obligeraient les grands opérateurs à traiter leurs fournisseurs de bonne foi et contribueraient à donner aux producteurs comme aux vinificateurs davantage de confiance dans leurs transactions. Elle a également indiqué que les acteurs du secteur appelaient à des pratiques commerciales plus équitables et plus transparentes et les a encouragés à commenter le projet.
Leigh a déclaré que le code créerait des règles de base plus claires pour faire des affaires dans l’ensemble du secteur vitivinicole. Il a dit que cela pourrait réduire les frictions commerciales, soutenir l’investissement et améliorer la productivité.
Le gouvernement a présenté la mesure comme faisant partie d’un ensemble plus large de soutien à l’industrie. Il a indiqué que, depuis son arrivée au pouvoir, il a accordé plus de A $105 million de financements pour soutenir le secteur du raisin et du vin et a relevé de manière permanente le remboursement de la Wine Equalisation Tax. Le communiqué n’a pas détaillé les dépenses, mais il a lié ce soutien à l’importance économique du secteur.
Selon le gouvernement, la culture du raisin, la vinification et l’œnotourisme contribuent chaque année à hauteur de A $51.3 billion à l’économie australienne. Ce chiffre explique en partie pourquoi Canberra s’oriente vers un cadre obligatoire plutôt que de s’en remettre uniquement à des dispositifs volontaires du secteur. Pour les producteurs, l’enjeu est particulièrement important, car les conditions de prix et les déductions peuvent avoir un effet direct sur la trésorerie et les décisions de plantation. Pour les grands producteurs de vin, le code pourrait se traduire par des obligations de conformité plus formelles et une moindre souplesse dans certains accords d’achat.
L’annonce ne finalise pas les règles à elle seule. Le projet de texte doit encore passer par la consultation, et la version finale pourrait évoluer avant la date de lancement prévue. Mais le calendrier présenté par le gouvernement laisse entendre que les autorités veulent mettre rapidement ce cadre en place, alors que le secteur continue de s’ajuster à la surabondance de l’offre, à une demande plus faible et à la pression financière créée par ces tendances.
S’il était adopté largement tel que proposé, le code marquerait un changement réglementaire significatif pour l’une des industries des boissons les plus importantes d’Australie. Il établirait des normes juridiquement contraignantes pour des relations commerciales souvent façonnées par un rapport de force inégal, en particulier entre les petits et moyens producteurs et les grands acheteurs. Cela pourrait donner aux producteurs une meilleure position dans les négociations tout en imposant des pratiques d’achat plus standardisées sur l’ensemble du marché.
Les documents de consultation sont mis à disposition par le Department of Agriculture, Fisheries and Forestry, tandis que le gouvernement cherche à recueillir les réactions de l’ensemble du secteur avant de passer à la mise en œuvre l’an prochain.