09-09-2026

Les données publiées par l’agence nationale de statistique italienne Istat montrent que le pays produit légèrement moins de vin qu’en 2006 tout en en envoyant davantage à l’étranger, un glissement qui traduit une dépendance accrue aux exportations dans l’un des secteurs agricoles les plus importants d’Italie.
Les chiffres, publiés par Istat le 4 septembre dans un rapport plus large sur la production agricole et d’élevage jusqu’en 2025 et mis en avant mercredi par WineNews, comparent la structure du secteur sur une période de 19 ans plutôt que de fournir une nouvelle mise à jour de marché à court terme. Sur cette période, la production italienne de vin est passée de 49,6 millions d’hectolitres en 2006 à 47,8 millions d’hectolitres en 2025, soit une baisse de 1,8 million d’hectolitres, ou 3,6 %.
Les exportations ont évolué en sens inverse. L’Italie a expédié 21,0 millions d’hectolitres de vin en 2025, contre 18,8 millions d’hectolitres en 2006, soit une hausse de 2,2 millions d’hectolitres, ou environ 11,7 %. En conséquence, la part de la production exportée est passée de 39,9 litres pour 100 litres produits en 2006 à 44 litres pour 100 litres produits en 2025.
Le gain à l’export s’est confirmé alors même que les surfaces consacrées aux raisins de cuve se réduisaient. Istat a indiqué que la superficie du vignoble destiné au raisin de cuve est tombée à 694 333 hectares en 2025, contre 713 673 hectares en 2006, soit une diminution de 19 340 hectares, ou 2,7 %. Les rendements n’ont progressé que légèrement, de 95,6 quintaux par hectare à 96,2 quintaux par hectare, ce qui suggère que le secteur a préservé l’essentiel de sa production grâce à des gains de productivité limités plutôt qu’à une expansion des surfaces plantées.
Cette stabilité relative distingue le vin de plusieurs autres pans de l’agriculture italienne, qui ont enregistré des reculs plus marqués sur la même période. L’examen de long terme d’Istat a relevé de fortes baisses de production pour le maïs, le blé, les poires, les pêches, les nectarines et l’huile d’olive, tandis que le vin affichait ce que l’agence a décrit comme une contraction contenue. Le rapport a également indiqué que les raisins de cuve avaient mieux résisté que les raisins de table. Au total, la production de raisin a reculé de 8,0 % entre 2006 et 2025, mais la production de raisins destinés au vin n’a cédé que 2,1 %, tandis que celle de raisin de table a chuté d’environ 35 %.
En 2025, le vin non exporté a totalisé 26,7 millions d’hectolitres, contre 28,3 millions d’hectolitres en 2006. Les importations de vin, bien qu’en hausse, sont restées bien inférieures à la production nationale. L’Italie a importé 2,4 millions d’hectolitres en 2025, contre 1,5 million d’hectolitres en 2006.
Le rapport plus large d’Istat inscrit ces chiffres du vin dans une recomposition plus vaste de l’agriculture italienne. L’agence a indiqué que le pays représente 8,7 % de la surface agricole utilisée de l’Union européenne, se classant au cinquième rang derrière la France, l’Espagne, l’Allemagne et la Pologne. Malgré cette part, l’Italie demeure un grand producteur dans plusieurs catégories, avec 33,2 % de la production de raisins de l’UE, 52,8 % du riz, 43,2 % du blé dur, 42,1 % des tomates de plein champ, 37,9 % du soja et 75,2 % des noisettes.
Pour le vin, la géographie régionale de la production de raisin reste inégale. Selon les chiffres cités par WineNews à partir du rapport d’Istat, le Nord-Est a représenté 41,2 % de la production italienne de raisin en 2025, suivi du Sud avec 29,1 %, du Centre avec 13,1 %, des Îles avec 9,3 % et du Nord-Ouest avec 7,3 %. Sur la période 2006-2025, la production de raisin a augmenté de 25,7 % dans le Nord-Est et de 1,7 % dans le Sud, tandis qu’elle a reculé dans le Nord-Ouest, le Centre et les Îles, la baisse la plus forte étant enregistrée dans les Îles avec 41,1 %.
Le contraste avec l’huile d’olive est plus marqué. Istat a indiqué que la production italienne d’huile d’olive est passée de 603,3 millions de litres en 2006 à 378,6 millions de litres en 2025, soit une baisse de 37,6 %, bien pire que le recul enregistré pour le vin. En 2025, il ne restait que 81 millions de litres de production nationale d’huile d’olive pour le marché italien, tandis que 298 millions de litres ont été exportés et 565 millions de litres importés pour satisfaire la demande intérieure. L’agence a relié la faiblesse de la production oléicole aux contraintes climatiques, au stress des plants, aux ravageurs, aux maladies et aux problèmes structurels du secteur.
Pour les grandes cultures, Istat a enregistré une baisse de 42,7 % de la production de maïs entre 2006 et 2025 et un recul de 51,2 % des surfaces de maïs, tandis que les rendements progressaient de 17,4 %. La production de blé dur a diminué de 9,3 %, et celle de blé tendre de 21,4 %. Dans le même temps, les importations ont assez augmenté pour dépasser l’offre nationale dans certaines catégories. Les importations de blé ont atteint 97 millions de quintaux en 2025, contre une production nationale d’environ 59,5 millions de quintaux, tandis que les importations de maïs ont grimpé à 70 millions de quintaux, contre une production nationale d’un peu moins de 55 millions de quintaux.
L’arboriculture fruitière s’est elle aussi affaiblie dans une grande partie du pays. La production de poires a chuté de 60,6 % entre 2006 et 2025, celle de nectarines de 43,5 %, celle de pêches de 40,7 %, celle de noisettes de 30,3 % et celle d’oranges de 23,7 %. Seuls quelques secteurs fruitiers, dont les clémentines, les kiwis et les pommes, ont progressé. Ces évolutions comptent pour le vin, car elles montrent à quel point la résilience relative du secteur a été inhabituelle dans une économie agricole qui a, par ailleurs, connu des contractions et des restructurations plus marquées.
Les chiffres d’Istat sur le vin ne portent pas sur la valeur des exportations, l’inflation ni les prix de vente moyens, et ne permettent donc pas de savoir si les producteurs ont gagné plus ou moins par litre sur la période. Les données mesurent les évolutions physiques des superficies viticoles, des rendements, de la production et des volumes échangés. Sur cette base, la tendance est claire : l’Italie abordait 2025 avec moins de terres consacrées aux raisins de cuve et une production de vin légèrement inférieure à celle de 2006, mais avec une part plus importante de sa production dirigée vers les marchés étrangers.
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