Une vidéo Facebook d’un ami rapporte près de 4 000 € à un viticulteur bordelais après qu’un incendie a détruit sa maison

Environ 100 personnes venues de toute la France ont commandé des bouteilles à Jean-Denis Bibian, dont la maison familiale a brûlé dans l’incendie de Saumos.

25-08-2026

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Un viticulteur de la région bordelaise dont la maison familiale a été détruite par le récent incendie de Saumos affirme qu’un appel en ligne lancé par un ami a suscité un vaste élan de soutien dans toute la France et lui a donné une nouvelle raison de reconstruire.

Jean-Denis Bibian, qui produit du vin à Listrac-Médoc, a déclaré que l’incendie est survenu à un moment où de nombreux producteurs de la région étaient déjà soumis à une forte pression financière. Il a dit à FranceInfo que la destruction de sa maison, ajoutée à la crise plus large que traverse le vin de Bordeaux, l’avait laissé accablé et sans savoir comment avancer.

Le tournant est intervenu après que Pierre-Alexandre Jeandel, un ami et entrepreneur local, a publié sur Facebook une vidéo appelant les gens à soutenir Bibian en achetant son vin. Dans la vidéo, Jeandel a présenté Bibian comme un homme généreux et a demandé aux internautes de l’aider de manière concrète en passant commande. Il a expliqué que l’objectif n’était pas de résoudre d’un coup tous les problèmes de Bibian, mais de lui apporter un peu d’espoir.

Jeandel a ensuite déclaré à un média qu’il s’était profondément inquiété pour Bibian après avoir parlé avec lui et vu dans quel état il se trouvait après l’incendie. Selon Jeandel, il estimait que Bibian était en détresse extrême et voulait agir rapidement pour attirer l’attention sur sa situation.

L’appel a largement dépassé le cadre local. Bibian a dit à FranceInfo que près de 4 000 € de commandes de vin ont suivi la publication. Il a indiqué qu’environ 100 personnes l’avaient contacté, y compris des clients de Marseille et d’autres régions du pays. Certains, a-t-il précisé, n’ont pas seulement acheté des bouteilles, mais ont aussi promis de parler de ses vins à leurs amis. D’autres ont dit espérer lui rendre visite pendant leurs vacances l’année prochaine.

La vidéo elle-même a touché un large public en ligne. Bibian a indiqué qu’elle avait été vue environ 250 000 fois et qu’elle avait suscité quelque 500 commentaires. Pour un petit producteur confronté à la perte de sa maison et à un marché difficile, une telle réaction avait autant de poids émotionnel que de valeur financière.

Bibian a expliqué que les messages et les commandes avaient changé son état d’esprit. Il a dit à FranceInfo que ce soutien lui avait donné le courage d’envisager la reconstruction de sa maison familiale. Il a précisé que la maison avait une forte valeur personnelle, car il y était né, sa mère y était née aussi et une grande partie de ses souvenirs d’enfance y étaient liés. Il l’a décrite comme un lieu paisible où il avait l’habitude de se ressourcer face aux pressions du quotidien.

Son activité viticole est basée au historique Château Listrac, à Listrac-Médoc. L’exploitation comprend Château Sémeillan Mazeau, Château Lagrave Cissan et Château Jander, dans la commune voisine de Moulis-en-Médoc. L’incendie n’a pas seulement détruit une résidence. Il a frappé une famille dont les moyens de subsistance sont liés à la terre, aux bâtiments et à une région viticole en difficulté économique depuis des mois.

Bibian a expliqué que la crise plus large du vin de Bordeaux était déjà arrivée au point où il ne pouvait plus se verser de salaire. Les viticulteurs de la région font face à une baisse de la demande, à des prix faibles et à une pression sur les marges. Ses propos mettent en lumière un problème que beaucoup de petits producteurs soulèvent régulièrement : même lorsque les bouteilles parviennent aux consommateurs, la part conservée par les viticulteurs peut être trop faible pour faire vivre leurs exploitations.

Il a dit à FranceInfo qu’il estimait que les grandes enseignes de distribution devraient prélever une part moins importante des marges du vin afin que les producteurs puissent améliorer leurs perspectives. Cette critique reflète des tensions plus larges dans la filière viticole française, où de nombreux viticulteurs estiment que les supermarchés et autres grands acheteurs disposent d’un pouvoir excessif sur les prix tandis que les coûts de production restent élevés.

Dans le cas de Bibian, la réaction en ligne n’a pas effacé les pertes causées par l’incendie ni réglé les problèmes structurels auxquels sont confrontés les vignerons bordelais. Mais elle a apporté des commandes immédiates, une attention publique et un signe direct que les consommateurs étaient prêts à aider lorsqu’ils ont appris ce qui s’était passé.

L’épisode a aussi montré comment des appels locaux sur les réseaux sociaux peuvent rapidement devenir des campagnes nationales lorsqu’ils relient une tragédie personnelle à une difficulté économique plus large. Pour Bibian, le soutien a pris la forme d’appels, de commentaires et de commandes de vin. Il a dit que cela suffisait à lui redonner un peu d’espoir à un moment où sa maison et l’avenir de son activité semblaient tous deux incertains.

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