Les exportations de vin du Nouveau Monde ont reculé de 8,2 % au premier semestre 2026.

Les six plus grands producteurs ont expédié moins de vin à des prix plus faibles, l’Afrique du Sud étant le seul pays à enregistrer une hausse.

17-08-2026

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Les exportations de vin des six plus grands pays producteurs du « Nouveau Monde » ont fortement reculé au premier semestre 2026, renforçant les éléments montrant que le commerce mondial du vin reste sous pression en raison d’une demande plus faible, de prix en baisse et de conditions de marché en évolution.

Le groupe, composé de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, de l’Afrique du Sud, de l’Argentine, du Chili et des États-Unis, a enregistré des ventes cumulées à l’export de 2,6 milliards d’euros de janvier à juin, en baisse de 8,2 % par rapport à l’année précédente, selon une analyse publiée lundi par Del Rey Analysts of Wine Markets, fondée sur les statistiques officielles de chaque pays. Le volume exporté a lui aussi reculé, de 6,3 %, à 10,6 millions d’hectolitres, tandis que le prix moyen à l’export a cédé 2 %, à 2,47 € le litre.

L’Afrique du Sud a été le seul pays du groupe à accroître à la fois la valeur et le volume de ses exportations au premier semestre. Ses exportations de vin ont progressé de 6,2 % en valeur, à 280 millions d’euros, tandis que les expéditions ont atteint 144 millions de litres. L’Argentine a augmenté ses volumes de 12 %, mais ce gain a été compensé par une baisse de 12,6 % des prix moyens, ramenant les recettes à l’export à -2,1 %.

Tous les autres grands producteurs du groupe ont enregistré des reculs à la fois en valeur et en volume. Les États-Unis ont subi la plus forte baisse de leurs recettes à l’export, avec des ventes en repli de 18,1 % à 341 millions d’euros. Le volume expédié depuis les États-Unis a diminué de 11,8 %, à 92,6 millions de litres.

L’Australie est restée le premier exportateur du groupe en valeur, avec 677,4 millions d’euros d’exportations de vin sur la période de six mois. Elle était suivie par le Chili, à 568,2 millions d’euros, et la Nouvelle-Zélande, non loin derrière, à 499,2 millions d’euros. Les États-Unis, l’Afrique du Sud et l’Argentine ont tous affiché des totaux inférieurs.

Le rapport met en évidence une tendance commune aux six pays : de gros volumes continuent d’être expédiés à l’étranger en vrac, mais l’essentiel de l’argent provient du vin tranquille mis en bouteille. Les expéditions en vrac représentaient 49,7 % du volume total exporté au premier semestre, tout en ne générant que 18,3 % de la valeur des exportations. Le vin tranquille conditionné dans des contenants de moins de deux litres représentait 47 % du volume exporté, mais 78 % des recettes à l’export.

Cette répartition explique en partie pourquoi les recettes à l’export ont reculé plus vite que les volumes sur plusieurs marchés. Les exportations de vin tranquille mis en bouteille des six pays ont diminué de 7,1 % en valeur et de 5,5 % en volume. Les exportations de vin en vrac ont chuté encore plus nettement en valeur, de 10,9 %, avec un volume en baisse de 5,8 %. Le prix moyen du vrac à l’export a reculé de 5,1 %, à 0,91 € le litre, tandis que le prix du vin tranquille mis en bouteille a baissé de 1,7 %, à 4,08 € le litre.

Le vin effervescent est resté une faible part du mix export de ces producteurs par rapport à leurs rivaux européens. Les six pays ont expédié ensemble 12,6 millions de litres de vin effervescent au premier semestre. Ce volume a reculé de 1,2 %, tandis que la valeur a baissé de 3,9 % et que le prix moyen a cédé 2,7 %, à 4,98 € le litre. Le vin en bag-in-box et le moût ne représentaient qu’une part mineure des échanges.

Le recours au vrac variait fortement selon les pays. Le vin en vrac représentait 65 % du volume exporté par l’Australie au premier semestre, 61,8 % des expéditions américaines et 51,5 % de celles de l’Afrique du Sud. Le Chili et la Nouvelle-Zélande ont eux aussi expédié de gros volumes en vrac, mais à moins de la moitié de leurs totaux. L’Argentine faisait figure d’exception, avec le vrac représentant 27,2 % du volume exporté et seulement 7,3 % de la valeur des exportations.

L’Australie a montré une évolution inhabituelle dans son activité de vin tranquille mis en bouteille. Alors que de nombreux marchés du vin ont récemment vu les blancs mieux résister que les rouges, l’Australie a évolué dans le sens inverse au premier semestre. Les recettes à l’export du vin rouge mis en bouteille ont augmenté de 20,1 millions d’euros, tandis que celles du vin blanc mis en bouteille ont reculé de 20,7 millions d’euros. Les ventes de vin rouge ont atteint 411,6 millions d’euros, contre 95,1 millions d’euros pour le vin blanc. Le rosé est resté marginal, à 5,4 millions d’euros, mais a progressé de 53,4 %.

En Australie, ce changement a été porté à la fois par les prix et par les volumes. Les expéditions de vin rouge ont reculé de 7,7 %, mais celles de vin blanc ont chuté de 15,2 %. Dans le même temps, le prix moyen à l’export du vin rouge a augmenté de 13,9 %, à 7,92 € le litre, tandis que le prix du vin blanc a baissé de 3,1 %, à 2,83 € le litre. Même ainsi, le tableau d’ensemble pour l’Australie restait négatif, avec une valeur totale des exportations en recul sur un an.

La faiblesse du premier semestre prolonge un déclin plus long. Depuis 2017, le groupe des six pays a perdu près d’un quart de la valeur de ses exportations et plus d’un quart de son volume exporté, selon le rapport. La valeur cumulée des exportations est passée de 7,3 milliards d’euros en 2017 à 5,5 milliards d’euros sur l’année allant jusqu’en juin 2026, soit un recul de 24,8 %. Le volume exporté a chuté de 27,2 %, de 31,1 millions d’hectolitres à 22,6 millions. Sur cette période, les prix moyens n’ont augmenté que de 3,4 %, à 2,42 € le litre.

Les États-Unis et le Chili ont enregistré les plus fortes baisses à long terme au sein du groupe. Depuis 2017, la valeur des exportations de vin américain a reculé de 48 %, tandis que celle du Chili a baissé de 30 %. Les volumes exportés par les deux pays ont diminué respectivement de 46 % et de 31 %. Le rapport indique que les prix moyens à l’export sont restés globalement stables au Chili et légèrement plus faibles aux États-Unis au cours de la décennie.

L’Australie et l’Argentine ont également enregistré des pertes importantes sur la même période. La valeur des exportations australiennes a reculé de 22,4 % et son volume a diminué de 25,4 %, malgré une hausse de 4,1 % des prix moyens. La valeur des exportations argentines a baissé de 23,7 %, avec un volume en retrait de 16,5 % et des prix moyens en baisse de 8,6 %.

L’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande ont mieux résisté que le reste du groupe, mais de manière différente. La valeur des exportations sud-africaines n’a reculé que de 9,7 % sur la décennie, alors même que le volume chutait de 37,7 %, un résultat que le rapport relie à une hausse de 45 % du prix moyen à l’exportation. La Nouvelle-Zélande a augmenté son volume exporté de 20 %, à un peu plus de 3 millions d’hectolitres, mais son prix moyen à l’exportation a baissé de près de 17 %, laissant les recettes globalement stables.

Par catégorie, le vin effervescent a été le seul segment à afficher une croissance depuis 2017 à l’échelle des six pays réunis. Sa valeur à l’export a progressé de 4,8 % sur la période, même s’il ne représentait encore que 2,6 % des recettes à l’export et 1,3 % du volume expédié. La valeur des exportations de vin tranquille mis en bouteille a reculé de 27 % sur la décennie, et celle du vin en vrac de 13,1 %.

Pour les États-Unis, le rapport attribue une partie de la pression récente à des changements de politique commerciale et à des mesures de rétorsion, en plus d’un secteur déjà confronté à une demande atone. Il indique que l’effondrement des exportations américaines de vin en bouteille a été particulièrement marqué au Royaume-Uni, au Canada, à Hong Kong et en Chine. Ces pertes n’ont pas été compensées par les gains au Japon, désormais premier marché pour le vin américain en bouteille, ni par la hausse des ventes à la Corée du Sud, à la République dominicaine et à la France.

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