L’Union européenne actualise les règles des vins d’Alsace pour autoriser, à titre limité, des cépages d’adaptation au climat

L’amendement fixe également des limites de charge de récolte en cas d’irrigation, révise des références géographiques et renforce les conditions de conformité pour les producteurs et exportateurs.

17-07-2026

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L’Union européenne actualise les règles des vins d’Alsace pour autoriser, à titre limité, des cépages d’adaptation au climat

L’Union européenne a publié un amendement approuvé au cahier des charges de l’appellation d’origine protégée Alsace, également commercialisée sous le nom de Vin d’Alsace, actualisant des règles qui concernent les pratiques viticoles, les cépages et l’étiquetage de l’une des appellations viticoles les plus connues de France.

L’avis est paru au Journal officiel de l’Union européenne le 16 juillet via EUR-Lex. Il indique que les autorités françaises ont présenté ce qui est classé comme un amendement standard au titre des règles de l’UE, plutôt qu’un amendement de l’Union plus large, car il ne modifie ni le nom de l’appellation, ni la catégorie de produit, et n’impose pas de restrictions supplémentaires à la commercialisation.

La communication a été transmise par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, via sa Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises. Selon le texte publié, les changements concernent plusieurs parties du cahier des charges de l’AOP Alsace et Vin d’Alsace.

Certaines révisions sont d’ordre administratif. Le cahier des charges met désormais à jour les références au Code officiel géographique 2025 et ajuste en conséquence les noms des communes. Dans le Haut-Rhin, Herrlisheim devient Herrlisheim-près-Colmar et Soultz devient Soultz-Haut-Rhin. Dans le Bas-Rhin, Gimbrett-Berstett est remplacé par Gimbrett, décrite comme une commune associée rattachée à Berstett, et Oberhoffen les Wissembourg devient Oberhoffen-lès-Wissembourg. L’avis de l’UE précise que ces changements ne modifient pas l’aire géographique elle-même.

Il en va de même pour l’aire de proximité immédiate utilisée dans le cahier des charges. Là, Mittelhausen est retirée en tant que commune distincte dans le Bas-Rhin et remplacée par une formulation qui ne retient que le territoire de la commune déléguée de Mittelhausen au sein de Wingersheim les Quatre Bans. Là encore, le texte publié indique que l’aire n’a pas changé et que la liste a été mise à jour pour refléter le code géographique 2025.

L’amendement ajoute également des dates indiquant quand les récentes modifications des aires parcellaires délimitées ont été approuvées. Pour une section du cahier des charges, ces dates sont le 30 novembre 2022 et le 25 juin 2024. Pour une autre section couvrant les dénominations géographiques complémentaires énumérées au point IV(1)(b), à l’exception de Klevener de Heiligenstein, le 25 juin 2024 est ajouté comme dernière date d’approbation.

Plus important pour les producteurs, le cahier des charges révisé introduit de nouvelles dispositions sur des cépages décrits comme présentant un intérêt à des fins d’adaptation. Le texte ajoute un titre sur les règles relatives aux cépages et liste des cépages blancs pouvant être utilisés pour les vins blancs AOP Alsace ou Vin d’Alsace dans des conditions spécifiques : Voltis B, Opalor, Selenor, Souvignier Gris B, Johanniter B, Chenin B et Vermentino B, également identifié comme Rolle. Pour les vins rouges ou rosés, les cépages listés sont Coliris, Nebbiolo N et Syrah N, également identifié comme Shiraz.

Leur utilisation n’est pas automatique. La publication de l’UE précise que ces cépages ne peuvent être utilisés que si un accord est signé par l’Institut national de l’origine et de la qualité, l’organisme de défense et de gestion et les opérateurs autorisés concernés, conformément à un accord-cadre approuvé par le comité national compétent de cet institut.

L’amendement fixe également un plafond à la part d’un domaine pouvant être plantée avec ces cépages d’adaptation. La proportion ne doit pas dépasser 5 % des cépages du domaine. Cette limite apparaît à plusieurs reprises dans le texte publié et signale une ouverture encadrée à l’expérimentation ou à l’adaptation au climat, sans modifier l’identité fondamentale des vins d’Alsace.

Un autre changement important concerne l’irrigation. Le cahier des charges révisé ajoute des dispositions précisant que, lorsque l’irrigation est autorisée en vertu de l’article D. 645-5 du Code rural et de la pêche maritime, des charges moyennes maximales s’appliquent aux parcelles irriguées. L’avis rattache ces limites aux vins AOP Alsace ou Vin d’Alsace, à l’exception des dénominations géographiques complémentaires, des noms de lieux et des vins étiquetés Vendanges Tardives ou Sélection de Grains Nobles. La publication indique que les seuils de charge sont désormais expressément liés aux parcelles irriguées dans le cahier des charges.

Le texte introduit également une règle sur le paillage du sol. Après évaluation, les viticulteurs peuvent couvrir le sol d’une bâche si des conditions strictes sont remplies. Le matériau doit être poreux, permettre les échanges gazeux et hydriques et ne contenir aucun polymère dérivé de la pétrochimie. Toute évaluation de ce type doit également être régie par un accord associant l’Institut national de l’origine et de la qualité, l’organisme de défense et de gestion et l’opérateur autorisé concerné, dans le cadre d’un accord approuvé par le comité national compétent les 29 et 30 juin 2023. La surface en cours d’évaluation ne peut pas dépasser 5 % de la surface totale du domaine couverte par l’AOP.

Le résumé de suivi accompagnant la publication de l’UE indiquait que l’amendement renforce également les exigences d’étiquetage, y compris les informations relatives au sucre. L’avis juridique publié via EUR-Lex porte principalement sur les règles viticoles, les références géographiques et les conditions de production dans les sections rendues publiques dans cette communication. Même ainsi, tout durcissement ou toute clarification des obligations d’étiquetage pourrait compter pour les domaines vendant au-delà des frontières, car les cahiers des charges des AOP sont étroitement liés aux contrôles de conformité, aux choix d’emballage et aux documents d’exportation.

Pour le secteur des boissons plus largement, ces changements comptent parce qu’ils ajustent la manière dont une grande appellation viticole européenne peut répondre à la pression climatique tout en restant dans le cadre des règles des origines protégées. Les nouvelles dispositions relatives à la charge de récolte en lien avec l’irrigation et l’accès limité à des cépages d’adaptation pourraient influencer les choix de conduite du vignoble en Alsace. Dans le même temps, toute exigence d’étiquetage mise à jour pourrait générer un travail de conformité supplémentaire pour les producteurs, embouteilleurs et importateurs qui traitent des vins d’Alsace sur les marchés nationaux et étrangers.

L’Alsace est l’une des régions françaises de vins blancs les plus reconnues et ses règles d’AOP déterminent ce que les viticulteurs peuvent planter, comment le raisin peut être produit et comment les vins peuvent être présentés aux consommateurs. En publiant cet amendement standard approuvé, l’UE a officiellement mis en application un ensemble de modifications techniques que les producteurs devront désormais respecter dans le cadre du cahier des charges actualisé de l’appellation.

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