Une étude montre qu’Oltrepò Pavese soutient l’œnotourisme mais craint la pression environnementale

Des chercheurs estiment que les habitants, les viticulteurs et les visiteurs voient des retombées économiques dans cette région viticole lombarde, tout en s’inquiétant des pressions sur l’usage des terres et les paysages

18-06-2026

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Une nouvelle analyse universitaire d’Oltrepò Pavese, l’une des principales régions viticoles du nord de l’Italie, conclut que les habitants considèrent largement l’œnotourisme comme un atout économique, tout en restant préoccupés par la pression qu’il peut exercer sur les terres, les paysages et l’équilibre environnemental.

L’étude, publiée le 18 juin par Francesco De Pascale et Eleonora Guadagno, examine la manière dont les habitants, les viticulteurs et les visiteurs d’Oltrepò Pavese perçoivent la relation entre œnotourisme et durabilité territoriale. La zone, située en Lombardie au sud du Pô, est une importante région de production viticole et a longtemps été façonnée par la viticulture, les politiques d’usage des sols et les évolutions agricoles.

Selon les auteurs, la recherche se concentre sur la manière dont l’activité humaine a transformé au fil du temps le paysage viticole de la région, avec une attention particulière portée au lien entre sol, gestion foncière et effets sociaux et environnementaux plus larges. À partir d’une enquête qualitative, ils ont étudié la façon dont différents groupes locaux évaluent l’impact du tourisme gastronomique et œnologique sur l’économie, l’environnement et le caractère visuel du territoire.

Leurs résultats mettent en évidence une perception nuancée mais cohérente. Les viticulteurs, les habitants et les visiteurs reconnaissent que l’œnotourisme apporte des bénéfices économiques à la région. Dans le même temps, ils identifient aussi une difficulté persistante à concilier production viticole et protection de l’environnement. L’article estime que cette tension est essentielle pour comprendre comment évoluent les régions viticoles lorsque le tourisme prend davantage d’importance dans le revenu local et dans l’identité du territoire.

Les auteurs inscrivent Oltrepò Pavese dans des débats plus larges sur la gestion durable des terres dans les régions viticoles. Ils soutiennent que les paysages de vignoble sont souvent considérés non seulement comme des espaces agricoles productifs, mais aussi comme des biens patrimoniaux dotés d’une valeur symbolique. Selon eux, ce processus peut créer des frictions lorsque les discours officiels sur la durabilité ou la valeur culturelle ne correspondent pas à l’expérience quotidienne de ceux qui y vivent et y travaillent.

L’analyse met en lumière ce que les chercheurs décrivent comme un écart persistant entre l’importance symbolique attribuée au paysage viticole et les perceptions et pratiques des acteurs locaux. Cet écart compte parce qu’il suggère que les politiques fondées sur le branding patrimonial ou sur des objectifs de durabilité ne reflètent pas toujours pleinement les priorités locales ni les conflits sur le terrain.

L’article inscrit également ces enjeux dans une perspective politique, présentant le paysage comme un objet de contestation plutôt que comme une réalité figée. Dans cette optique, les décisions concernant la préservation, le développement touristique et l’usage agricole sont façonnées par des intérêts concurrents entre producteurs, habitants, institutions et visiteurs. Cette approche dépasse une vision simpliste de l’œnotourisme comme bénéfique ou nuisible pour le présenter comme partie intégrante d’une négociation plus large autour du territoire et de l’identité.

Pour Oltrepò Pavese, indique l’étude, ces pressions sont particulièrement pertinentes car la viticulture a joué un rôle majeur dans la structuration à la fois de l’économie et de l’apparence physique de la région. Les changements dans les pratiques agricoles et dans l’usage des terres ont modifié non seulement les systèmes de production, mais aussi les idées locales sur ce qui doit être protégé, promu ou développé.

Les auteurs estiment que leurs résultats plaident pour une gouvernance plus participative et à plusieurs niveaux des territoires viticoles, avec des politiques alignées sur les cadres européens relatifs au patrimoine et à la durabilité. Leur argument est que les communautés locales doivent jouer un rôle plus fort dans les décisions qui touchent aux paysages viticoles si le développement économique par le tourisme doit coexister avec des garanties environnementales.

L’étude s’ajoute à un corpus croissant de recherches sur l’œnotourisme à un moment où de nombreuses régions européennes cherchent à accroître les dépenses des visiteurs tout en répondant aux pressions environnementales et aux attentes changeantes en matière de développement rural. À Oltrepò Pavese, suggère l’article, le soutien à l’œnotourisme existe bel et bien, mais il existe aussi une conscience claire du fait qu’une croissance sans gestion attentive peut accentuer les tensions autour de l’usage des terres et de la durabilité.

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