Les ventes de vin italien aux États-Unis perdent 300 millions d’euros en 18 mois

Selon Coldiretti, les droits de douane de Donald Trump et le recul du dollar ont freiné les achats, plaçant les restaurants au cœur de la reprise

mardi 27 octobre 2026

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Les ventes de vin italien aux États-Unis ont perdu 300 millions d’euros en valeur au cours des 18 derniers mois, selon une analyse présentée par Coldiretti et Filiera Italia à l’ouverture de Vinitaly à New York lundi. Les deux organisations agricoles et agroalimentaires ont appelé à une alliance plus étroite avec le secteur de la restauration pour contribuer au redressement de la demande.

Les deux organisations ont indiqué que le recul était principalement dû aux droits de douane instaurés sous la présidence de Donald Trump, ainsi qu’à la baisse du dollar, qui, selon elles, a réduit le pouvoir d’achat des consommateurs américains. Cette estimation donne la mesure des pressions que les barrières commerciales et les fluctuations des taux de change peuvent exercer sur un marché d’exportation majeur pour les producteurs. Elle désigne les restaurants comme un possible levier pour relancer les ventes dans l’ensemble du secteur des boissons, en particulier pour les marques de vin qui comptent sur leur visibilité en restauration.

Malgré ce revers, Coldiretti et Filiera Italia ont affirmé que le vin italien restait très apprécié sur le marché américain, le Prosecco constituant un pilier de la catégorie. Elles ont décrit ce vin effervescent comme le produit le plus résistant dans la période difficile actuelle, ce qui laisse penser que la demande des consommateurs pour les marques italiennes ne s’est pas évanouie, même si la hausse des coûts et la baisse du pouvoir d’achat ont pesé sur les achats.

Dans un communiqué publié à l’occasion de l’événement, Coldiretti a déclaré vouloir promouvoir ce qu’elle a qualifié de pacte avec le secteur de la restauration, en commençant par les groupes de restauration internationaux, afin de renforcer la position des bouteilles italiennes sur le marché et de répondre à l’intérêt persistant des consommateurs du monde entier pour les produits italiens, selon l’organisation. Celle-ci estime que les cartes des vins, les offres au verre et les accords mets-vins peuvent contribuer à consolider la notoriété des marques et à renouer plus efficacement avec les consommateurs, alors que les conditions de vente au détail sont plus difficiles.

Cette proposition intervient alors que la filière viticole italienne fait face à une situation contrastée, en Italie comme à l’étranger. Coldiretti a indiqué que les estimations laissaient présager une baisse des volumes de production cette année, mais que le millésime 2026 devrait se distinguer par sa qualité. Selon l’organisation, la saison devrait rester dans les mémoires comme une excellente année sur le plan qualitatif, les viticulteurs ayant produit des raisins presque parfaits. Elle a précisé que les fortes chaleurs avaient réduit les rendements et fait augmenter les taux de sucre, tout en aidant les vignobles à éviter les attaques de parasites.

Malgré ces perspectives de qualité, les producteurs doivent toujours composer avec plusieurs obstacles. Coldiretti a indiqué que la hausse des coûts de production continuait de peser sur la filière. L’organisation a également dénoncé des campagnes qui, selon elle, diabolisent la consommation de vin et affectent la demande. Autre difficulté : le renchérissement des bouteilles, qui, toujours selon Coldiretti, limite les ventes dans les bars et les restaurants.

Ces pressions cumulées ne concernent pas seulement les propriétaires de vignobles. Pour les importateurs, les distributeurs, les groupes de restauration et les opérateurs du secteur des boissons qui comptent sur les ventes de vin pour générer du trafic et préserver leurs marges, l’affaiblissement du marché américain des marques italiennes peut influer sur l’assortiment, les prix et les stratégies promotionnelles. Les bons résultats du Prosecco laissent par ailleurs penser que les vins effervescents pourraient rester l’un des segments les plus résistants à mesure que les acheteurs se montrent plus sélectifs.

Luigi Scordamaglia, directeur général de Filiera Italia et responsable des affaires de marché chez Coldiretti, a déclaré que le soutien aux producteurs devait rester au cœur de toute démarche visant à renforcer la présence de l’Italie à l’étranger. Dans des propos publiés avec l’analyse, il a affirmé que la première condition pour être fort sur les marchés mondiaux était de valoriser les producteurs. Promouvoir le vin italien, a-t-il ajouté, ne consiste pas seulement à vendre davantage de bouteilles, mais aussi à défendre la filière et la valeur qu’elle crée.

Les chiffres présentés à New York viennent alimenter les inquiétudes sur la manière dont les politiques publiques et les conditions monétaires remodèlent les flux commerciaux dans le secteur des boissons alcoolisées. Si Coldiretti et Filiera Italia ont centré leur proposition sur le vin, l’importance qu’elles accordent aux restaurants reflète une réalité commerciale plus large : la présence dans les établissements sert souvent de porte d’entrée aux boissons importées pour se faire connaître, maintenir leur niveau de prix et toucher des consommateurs susceptibles de réduire leurs dépenses non essentielles. Dans ce contexte, les deux organisations estiment que la reprise du vin italien aux États-Unis pourrait dépendre non seulement de l’attrait de l’image et de la cuisine de l’Italie, mais aussi du rétablissement de sa présence dans les lieux où les consommateurs commandent et découvrent des bouteilles.

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