Le Bundestag examine un projet de l’AfD visant à permettre aux exploitations de payer certains saisonniers 20 % de moins

La proposition ramènerait sous le salaire minimum légal la rémunération de certains travailleurs venus de l’étranger pour des cultures très consommatrices de main-d’œuvre comme la vigne et le houblon.

mercredi 16 septembre 2026

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Le Bundestag examine un projet de l’AfD visant à permettre aux exploitations de payer certains saisonniers 20 % de moins

Le Bundestag allemand doit examiner une proposition du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, connu sous le nom d’AfD, qui permettrait à certaines exploitations de payer certains travailleurs saisonniers 20 % de moins que le salaire minimum légal du pays. La mesure s’appliquerait à des emplois agricoles très consommateurs de main-d’œuvre, notamment dans les vignobles et les houblonnières, plaçant directement dans son champ d’application deux maillons clés des chaînes d’approvisionnement allemandes du vin et de la bière.

Le sujet est important car les exploitations allemandes dépendent souvent de travailleurs de courte durée venus de l’étranger pendant la saison des récoltes et dans les semaines qui la précèdent. Les propriétaires de vignobles et autres producteurs disent depuis longtemps que le travail aux champs est physiquement exigeant et qu’il est difficile de recruter suffisamment de main-d’œuvre en Allemagne. En conséquence, les exploitations font régulièrement venir des travailleurs temporaires pour la cueillette, la taille et d’autres tâches saisonnières, en particulier dans les cultures qui exigent encore une forte part de travail manuel.

La proposition de l’AfD créerait une exception aux règles normales sur le salaire minimum pour un groupe précis de travailleurs. Selon le texte déposé au Parlement, les employés saisonniers qui conservent leur résidence habituelle et leur centre de vie hors d’Allemagne ne seraient plus couverts par le salaire minimum légal standard lorsqu’ils travaillent dans certaines exploitations agricoles. Ils auraient à la place droit à un taux minimum fixé à 80 % du salaire minimum légal allemand.

La distinction est importante. La proposition ne fixe pas les salaires à 80 % d’un salaire sectoriel existant. Elle prend comme référence le salaire minimum légal national, puis en retranche 20 % pour les travailleurs concernés par l’exception. Les employés qui ne remplissent pas ces conditions resteraient soumis aux règles normales du salaire minimum.

Le texte de l’AfD ne définit pas formellement le salaire inférieur en fonction de la nationalité. Le critère repose sur le lieu de résidence habituel du travailleur et sur l’endroit où se situe son principal centre de vie. En pratique, toutefois, le changement toucherait surtout les saisonniers étrangers qui se rendent en Allemagne pour une période limitée puis rentrent chez eux une fois la récolte ou d’autres pics de travail agricole terminés.

La proposition parlementaire est enregistrée sous le numéro de document 21/7245. Elle est datée du 22 juillet et comporte une motion signée par l’AfD le 9 juillet. Le Bundestag a indiqué le 14 septembre que la mesure devait être renvoyée en commission sans débat préalable en séance plénière, la commission du Travail et des Affaires sociales étant désignée comme commission principale pour un examen plus approfondi.

L’AfD estime que les exploitations de cultures très consommatrices de main-d’œuvre subissent une pression croissante des coûts salariaux et disposent d’une capacité limitée pour remplacer les travailleurs par des machines. Le parti cite dans son texte les fruits, les légumes, la vigne et le houblon et affirme que le salaire minimum général peut affaiblir la compétitivité des exploitations allemandes lorsqu’elles sont en concurrence avec des producteurs dans des pays où les coûts de main-d’œuvre sont plus faibles. Ce sont les raisons avancées dans le texte par le parti pour justifier l’exception proposée.

Pour la filière viticole, la proposition dépasse la seule vendange. Les vignobles recourent à de la main-d’œuvre saisonnière à plusieurs étapes du cycle de croissance, notamment pour les travaux d’entretien de la vigne et pendant les vendanges, lorsque les besoins en main-d’œuvre peuvent grimper fortement en peu de temps. Du côté brassicole, les houblonnières concentrent elles aussi une grande part de leurs besoins en main-d’œuvre sur des périodes limitées de la saison. Une modification du coût minimal de la main-d’œuvre pour ces travailleurs pourrait avoir une incidence sur les coûts de production au niveau des exploitations, même si le dépôt de l’AfD ne fournit aucune estimation des économies que pourraient réaliser les exploitants, les caves, les brasseurs ou d’autres maillons de la chaîne d’approvisionnement.

La mesure attire l’attention cette semaine parce qu’elle a avancé dans la procédure du Bundestag, et non parce qu’il s’agit d’une nouvelle proposition. Le texte est sur le papier depuis juillet. Ce qui a changé, c’est que le Parlement l’a désormais renvoyé en commission, prochaine étape formelle avant tout débat plus large ou tout vote.

À ce stade, la proposition ne modifie pas les salaires des travailleurs saisonniers agricoles en Allemagne. Aucune nouvelle règle de rémunération n’est entrée en vigueur, et le cadre actuel du salaire minimum reste en place tant que le Parlement et le reste du processus législatif n’ont pas approuvé de changement. Pour l’instant, les députés des commissions compétentes doivent examiner s’il convient que l’Allemagne crée un plancher salarial distinct pour les travailleurs saisonniers agricoles vivant hors du pays et venant temporairement pour des emplois très consommateurs de main-d’œuvre dans des cultures comme la vigne et le houblon.

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