Le Piémont a dépassé la Toscane dans les exportations de vin italiennes au premier semestre 2026.
La Vénétie est restée en tête malgré un recul de 8,4 %, tandis que le Piémont a progressé de 2,4 % à 566,9 millions d’euros, reléguant la Toscane à la troisième place avec 543,6 millions d’euros.
mardi 15 septembre 2026

Le Piémont a gagné du terrain sur le marché italien des exportations de vin au premier semestre 2026, tandis que la Vénétie et la Toscane ont toutes deux perdu des ventes, rebattant le classement des principales régions exportatrices de vin du pays, selon les données de l’Istat publiées le 14 septembre et examinées par WineNews.
La Vénétie est restée le premier exportateur de vin italien en valeur sur la période janvier-juin, avec 1,3 milliard d’euros de ventes à l’étranger. Mais cela représente un recul de 8,4 % par rapport à la même période de l’année précédente. La Toscane, qui occupait la deuxième place en 2025, a reculé de 7,4 % à 543,6 millions d’euros. Le Piémont a pris l’avantage sur la Toscane après une hausse de 2,4 % à 566,9 millions d’euros.
En utilisant les valeurs arrondies publiées dans les données, le recul de la Vénétie correspond à une perte d’environ 119 millions d’euros par rapport au premier semestre 2025, tandis que la baisse de la Toscane a été d’environ 43,5 millions d’euros. La hausse du Piémont a été d’environ 13,3 millions d’euros. Ces chiffres sont des estimations fondées sur des totaux arrondis, et ils reflètent uniquement des valeurs nominales. Les données ne distinguent pas les effets des variations de volume expédié, des prix, de l’inflation, du mix produit ou des taux de change.
Ce changement compte car ces trois régions dominent les exportations italiennes de vin. Ensemble, la Vénétie, le Piémont et la Toscane ont représenté environ 2,4 milliards d’euros de valeur à l’exportation au cours des six premiers mois de l’année, soit près de 67 % des expéditions de vin italiennes à l’étranger. Cette concentration signifie que des changements dans un petit nombre de régions peuvent rapidement modifier le tableau national.
La position de leader de la Vénétie lui laisse encore une avance confortable sur le reste du pays, malgré le recul. La région abrite certaines des principales références exportées d’Italie, dont le Prosecco, ainsi que des vins issus des zones de Valpolicella, Soave et Pinot Grigio. Mais le recul de 8,4 % montre que même la base exportatrice la plus solide du pays est sous pression en 2026.
L’avance du Piémont a été l’un des signes les plus nets du fait que le ralentissement n’est pas ressenti de manière uniforme à travers l’Italie. Alors que d’autres grandes régions perdaient du terrain, le Piémont a prolongé une tendance de croissance déjà apparue plus tôt dans l’année. La région, connue pour le Barolo, le Barbaresco, le Barbera, le Gavi, l’Asti et l’Alta Langa, a été la seule parmi les trois premières à afficher une croissance au premier semestre.
Le recul de la Toscane l’a reléguée à la troisième place malgré la réputation mondiale de vins tels que le Chianti Classico, le Brunello di Montalcino, le Bolgheri, le Vino Nobile di Montepulciano et le Vernaccia di San Gimignano. L’écart entre la Toscane et le Piémont était faible en valeur, mais le mouvement a suffi à inverser l’ordre des deux régions après que la Toscane avait occupé la deuxième place l’année précédente.
Derrière les trois premières, le Trentin-Haut-Adige s’est classé quatrième avec 265,6 millions d’euros d’exportations, en baisse de 12,2 % sur un an. Cela en a fait l’une des moins bonnes performances parmi les grandes régions exportatrices au premier semestre. L’Émilie-Romagne a pris la cinquième place et fait partie des rares régions en croissance, avec une hausse de 5,6 % à 205,3 millions d’euros.
Le reste du top 10 a dressé un tableau contrasté. La Lombardie a exporté pour 152,5 millions d’euros de vin, en baisse de 7,1 %. Les Pouilles ont progressé de 6 % à 121,6 millions d’euros, juste devant le Frioul-Vénétie Julienne, en hausse de 2,5 % à 121,4 millions d’euros. Les Abruzzes ont reculé de 9,5 % à 108,5 millions d’euros, et la Sicile a diminué de 5,9 % à 78,5 millions d’euros.
Les données pointent vers un marché scindé au sein du secteur viticole italien. Certaines régions à forte identité et bénéficiant d’une demande internationale établie, comme le Piémont, l’Émilie-Romagne, les Pouilles et le Frioul-Vénétie Julienne, ont réussi à progresser même lorsque les principales bases exportatrices se contractaient. D’autres, dont la Vénétie, la Toscane et le Trentin-Haut-Adige, ont enregistré des reculs nets malgré leur taille et la force de leur marque.
Comme les chiffres sont mesurés en valeur et non en volume, ils ne permettent pas de savoir si les évolutions tiennent à une demande plus faible, à des prix plus bas, à des compositions de ventes différentes ou à des effets de change sur les marchés étrangers. En revanche, ils montrent que le repli des exportations italiennes de vin au début de 2026 n’a pas été uniforme à travers le pays, et que l’équilibre entre ses principales régions a évolué de manière significative au cours des six premiers mois de l’année.