24-08-2026

Les États-Unis ont commencé le 22 août à appliquer un droit de douane supplémentaire de 50 % sur certains vins importés du Canada, transformant une menace commerciale en coût immédiat pour les importateurs et ajoutant une nouvelle tension à la relation commerciale entre les deux pays.
La mesure s'applique sous la forme d'un droit ad valorem, ce qui signifie qu'il est calculé sur la valeur en douane des marchandises. Elle vise certains vins canadiens qui ne bénéficient pas d'un traitement préférentiel au titre de l'Accord États-Unis-Mexique-Canada, ou USMCA. Le droit devait entrer en vigueur le 19 août, mais Washington l'a repoussé de trois jours. Il n'a pas été réduit après l'échec des négociations commerciales.
Le droit sur le vin fait partie d'une mesure tarifaire américaine plus large visant environ 20 milliards de dollars de biens canadiens, soit un peu plus de 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis. Les autorités américaines n'ont pas publié de chiffre distinct indiquant la valeur totale des importations de vin touchées par ce nouveau droit.
Pour la filière vitivinicole, ce changement se traduit par une forte hausse des coûts rendus des produits entrant sur le marché américain. Les importateurs doivent désormais décider s'ils absorbent une partie du surcoût, le répercutent sur les grossistes et les détaillants, ou réduisent leurs achats. Cela peut affecter les prix en rayon, les marges bénéficiaires et la compétitivité du vin canadien face aux fournisseurs nationaux et étrangers.
La mesure accroît aussi la tension politique entre le président Donald Trump et le premier ministre canadien Mark Carney, alors que les deux pays cherchaient déjà à gérer des différends commerciaux plus larges. Les nouveaux droits devraient compliquer davantage les discussions sur le renouvellement du cadre nord-américain de libre-échange.
Carney a déclaré que le Canada avait suspendu les négociations commerciales avec les États-Unis après ce qu'il a décrit comme des changements de dernière minute de Washington. Dans un communiqué, il a indiqué avoir demandé aux négociateurs canadiens de retourner à Ottawa et que le Canada répondrait aux droits de douane « dollar pour dollar ».
« J'ai décidé de suspendre les négociations commerciales avec les États-Unis et j'ai ordonné aux négociateurs canadiens de retourner à Ottawa », a déclaré Carney. Il a ajouté que l'équipe canadienne avait travaillé dur et de bonne foi jusqu'à la dernière minute, mais a estimé que les changements de dernière minute apportés aux conditions américaines proposées étaient injustes, non viables économiquement et soulevaient des doutes sur la fiabilité de tout accord.
Le Canada a indiqué qu'il préparait des mesures de rétorsion à compter du 8 septembre, sans confirmer si ces mesures incluraient le vin américain. Cela laisse planer l'incertitude pour les producteurs et les distributeurs des deux côtés de la frontière, en particulier dans les secteurs où les ventes transfrontalières dépendent de prix stables et de contrats d'approvisionnement à long terme.
L'effet immédiat de la décision américaine concerne une partie étroite mais sensible du commerce des produits agricoles et de consommation. Les expéditions de vin passent souvent par des réseaux d'importateurs établis, et de nombreuses étiquettes sont commercialisées dans des catégories de prix où un droit soudain de 50 % peut modifier fortement la demande. Même lorsque les producteurs ou les importateurs absorbent une partie de la hausse, le droit peut tout de même réduire les marges et affaiblir la position sur le marché.
Le fait que les vins concernés ne bénéficient pas d'un traitement préférentiel au titre de l'USMCA est également significatif. Cela signifie que la mesure vise des produits qui sortent des avantages tarifaires de l'accord, plutôt qu'un droit général sur tout le vin canadien. Malgré tout, cette décision renforce l'impression que les règles commerciales en Amérique du Nord deviennent moins prévisibles pour les entreprises qui dépendent de la circulation transfrontalière des marchandises.
Le report de trois jours avant l'entrée en vigueur du droit avait nourri un certain espoir dans le secteur que Washington et Ottawa puissent encore trouver un compromis. Cela n'a pas eu lieu. Le droit étant désormais en vigueur, la question est passée d'une menace de négociation à un coût d'exploitation que les entreprises doivent gérer immédiatement.
Le différend intervient alors que les économies américaine et canadienne restent étroitement liées par l'industrie manufacturière, l'agriculture, l'énergie et les biens de consommation. Toute extension des mesures tarifaires à de nouvelles catégories, ou une riposte canadienne touchant les boissons alcoolisées américaines, pourrait élargir l'impact commercial au-delà du groupe actuel de biens.
À ce stade, le droit de douane américain de 50 % sur certains vins canadiens est en place et rien n'indique publiquement un retour en arrière à court terme. Importateurs, distributeurs et détaillants attendent de voir si la riposte du Canada aggravera le différend ou ramènera les deux gouvernements vers des négociations.
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