La loi française n’autorise la suspension du repos hebdomadaire dans les vignobles que dans des cas stricts

Une mise à jour du droit du travail précise que le travail du dimanche pendant les vendanges doit être indispensable, avec un repos décalé ou compensé selon les règles légales.

19-08-2026

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Les employeurs français qui recourent à des contrats vendanges pour la cueillette du raisin ne peuvent suspendre le repos hebdomadaire normal que dans des conditions juridiques définies, selon une mise à jour du droit du travail publiée mercredi par LégiSocial, qui renvoie à un décret publié le 9 juillet 2024.

Ce rappel compte dans les régions viticoles françaises, alors que les exploitations préparent leurs plans de personnel pour les vendanges, l’une des périodes les plus sensibles de l’année sur le plan du calendrier. La règle peut offrir aux domaines et à d’autres employeurs agricoles davantage de marge pour organiser des équipes le dimanche et répondre à de brèves pointes de demande de main-d’œuvre, mais seulement dans le cadre fixé par le droit du travail français.

Selon les règles françaises citées par LégiSocial, les salariés agricoles ont normalement droit à 24 heures consécutives de repos hebdomadaire, généralement prises le dimanche. Ce repos hebdomadaire s’ajoute aux 11 heures consécutives de repos quotidien exigées pour tous les salariés par le code du travail.

La mise à jour juridique précise que, lorsque le travail du dimanche est indispensable au fonctionnement de l’entreprise, le repos hebdomadaire peut être organisé différemment pour tout ou partie du personnel, soit tout au long de l’année, soit sur certaines périodes seulement. Parmi les solutions possibles figure l’octroi du jour de repos un autre jour que le dimanche, à condition que le salarié bénéficie tout de même d’un repos le dimanche au moins une fois toutes les quatre semaines.

Une autre option permet une demi-journée de repos le dimanche, assortie d’une journée entière de repos compensateur à tour de rôle toutes les deux semaines. Les règles autorisent également des repos tournants, à condition que le jour de repos tombe le dimanche au moins deux fois par mois.

LégiSocial indique aussi que le repos hebdomadaire peut être accordé à tour de rôle pour les activités d’accueil touristique liées à l’exploitation agricole. Le site ajoute qu’un repos hebdomadaire tournant est également possible lorsque le travail est organisé en continu.

La mesure découle d’un décret qui, selon la mise à jour, a rendu possible la suspension du repos hebdomadaire dans certaines branches de la production agricole dans le cadre des contrats vendanges. En pratique, cela signifie que les employeurs ne peuvent pas considérer la règle comme une dérogation générale. Ils doivent toujours respecter les conditions légales qui encadrent le report, la compensation ou l’organisation du repos.

Pour le secteur des boissons, ce changement est particulièrement pertinent dans les vignobles, où les vendanges doivent souvent être menées rapidement en raison de la météo, de la maturité du raisin et du planning du chai. Une fenêtre de récolte étroite peut contraindre les exploitants à maintenir les équipes pendant le week-end, surtout lorsque la main-d’œuvre se fait rare. La règle peut aider les propriétés à faire passer le raisin de la vigne au chai sans subir le même niveau de contrainte qu’un calendrier hebdomadaire standard, mais elle accroît aussi les risques de non-conformité pour les employeurs qui interpréteraient mal l’exception.

Les contrats vendanges français, largement utilisés pour la cueillette saisonnière du raisin, sont un outil de droit du travail ancien dans les zones viticoles. Comme l’activité des vendanges se concentre sur une courte période et peut être perturbée par la pluie, la chaleur ou des décalages de maturation, la flexibilité du travail est devenue un enjeu pratique pour les producteurs qui cherchent à préserver la qualité des raisins. Dans ce contexte, le rappel publié cette semaine devrait attirer l’attention des responsables de vignoble, des conseillers en droit social et des exploitants qui organisent des équipes pour les travaux de fin d’été et de début d’automne.

Le cadre juridique ne supprime pas les protections de fond dont bénéficient les salariés en matière de temps de repos. Il ouvre seulement des possibilités étroites de réorganiser ce repos lorsque le travail du dimanche est jugé essentiel à l’activité. Pour les producteurs, cela signifie que l’avantage opérationnel s’accompagne d’obligations de suivi et de planification, surtout s’ils s’appuient sur des équipes tournantes ou sur un repos compensateur.

La question dépasse aussi la seule cueillette du raisin. Les domaines qui associent production agricole et activités touristiques peuvent également devoir gérer les effectifs entre salles de dégustation, accueil des visiteurs et autres opérations sur site pendant les périodes de forte activité. La possibilité d’utiliser des repos tournants pour l’accueil touristique lié à l’exploitation pourrait donc avoir des effets non seulement sur la planification de la main-d’œuvre dans les vignobles, mais aussi sur le modèle global de personnel des propriétés viticoles qui reçoivent des visiteurs pendant la saison des vendanges.

En France, où le calendrier des vendanges peut influer à la fois sur la production et sur l’activité commerciale, les règles du travail sur le repos hebdomadaire ont un effet direct sur la rapidité avec laquelle les producteurs peuvent rentrer les raisins et maintenir l’activité. L’attention renouvelée portée au décret de 2024 montre que les employeurs du secteur sont censés utiliser cette souplesse avec prudence, le travail du dimanche devant être justifié par une nécessité opérationnelle et les aménagements du repos demeurant dans les limites prévues par la loi.

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