Les exportations de vin français ont de nouveau reculé début 2026

La baisse des prix a fait reculer la valeur des exportations de 4 % à 3,5 milliards d’euros, alors même que les expéditions vers les États-Unis et la Grande-Bretagne ont progressé en volume

16-07-2026

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Les exportations de vin français ont de nouveau reculé début 2026

Les exportations de vin français ont de nouveau reculé au cours des quatre premiers mois de 2026, les expéditions diminuant à la fois en volume et en valeur, les producteurs étant confrontés à des prix plus bas sur de nombreux marchés. Des données de FranceAgriMer examinées par WineNews et mises en avant par Wine-Intelligence montrent que les exportations de janvier à avril ont atteint 4,02 millions d’hectolitres, en baisse de 1 % sur un an, tandis que leur valeur a reculé de 4 % à 3,5 milliards d’euros.

Ce début d’année plus faible fait suite à une année 2025 difficile, au cours de laquelle la valeur des exportations de vin français a diminué de 4,1 % par rapport à l’année précédente, à 10,5 milliards d’euros. Les nouveaux chiffres suggèrent que la pression s’est poursuivie en 2026, en particulier pour les vins tranquilles et certains formats en vrac, même si les vins effervescents ont mieux résisté sur plusieurs marchés clés.

Les prix moyens à l’export ont baissé de plus de 3 % à 8,70 € par litre, signe que les producteurs français vendent sur un marché plus concurrentiel et acceptent souvent des rendements plus faibles. Cela compte dans l’ensemble du secteur des boissons, car cela indique des marges plus serrées, une évolution du mix produit et d’éventuels ajustements de stratégie commerciale, de gestion des stocks et de politique tarifaire pour les entreprises viticoles et les importateurs.

Les États-Unis, premier marché d’exportation de la France, ont offert l’un des exemples les plus nets de cette pression. Les volumes exportés vers les États-Unis ont augmenté de 10 %, mais la valeur a reculé de 11 %, ce qui suggère des remises, un glissement vers des produits moins chers, ou les deux. Les expéditions de Champagne vers les États-Unis ont diminué de 4 % en volume, tandis que le Crémant et les autres vins effervescents sous appellation d’origine protégée ont progressé de 12 %.

Les ventes de vin en vrac vers les États-Unis ont évolué en sens opposé selon le format. Les expéditions de vrac en petit format ont bondi de 128 %, tandis que les exportations de vrac en grand format ont reculé de 23 %. Les prix moyens du vrac sur ce marché ont chuté de 19 % à 10,50 € par litre.

Le Royaume-Uni a affiché une tendance similaire. Les volumes ont augmenté de 4 %, mais la valeur a cédé 1 %. Les exportations de vin en bouteille ont reculé de 4 %, tandis que les vins effervescents ont soutenu le marché, avec une hausse de 12 % en volume et de 6 % en valeur. Dans cette catégorie, le Champagne a rebondi de 5 % et le Crémant ainsi que les autres vins effervescents AOP ont progressé de 29 %. Les prix moyens au Royaume-Uni ont baissé de 4 % à 9,40 € par litre.

À l’échelle de l’Europe, les exportations se sont affaiblies plus largement. Les expéditions vers la région ont reculé de 5 %, l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas enregistrant tous des baisses. L’Allemagne, qui reste le premier marché de la France au sein de l’Union européenne, a enregistré une baisse de près de 5 % en volume. Les exportations de vin en bouteille y ont chuté de presque 7 %, et le vin en vrac a reculé de 8 %. Les vins effervescents ont fait exception, en hausse de 2 %, portés par une progression de 13 % pour le Champagne et de 6 % pour le Crémant.

La baisse a été plus marquée en Belgique. Le volume des exportations a reculé de près de 11 %, tandis que la valeur a diminué d’environ 7 %. Même là, les vins effervescents ont gagné du terrain et ont atteint une part de 10 % des exportations. Les Pays-Bas ont suivi la même tendance baissière, selon les données citées par Wine-Intelligence.

En Asie, la Chine est restée faible mais a montré quelques signes de stabilisation. Les volumes exportés vers la Chine ont reculé de 10 % et la valeur de 5 %, principalement en raison d’une baisse de 15 % des ventes de vin en bouteille. Dans le même temps, les exportations de vin en vrac ont augmenté de 134 % et les vins effervescents de 21 %. Le prix moyen à l’export vers la Chine a progressé de 6 % à 10,50 € par litre, proche des niveaux américains, reflétant une demande persistante pour des produits plus chers malgré une pression continue sur les expéditions totales.

Le Japon s’est distingué comme le marché le plus dynamique sur la période couverte par le rapport. Les vins effervescents y ont mené les gains, avec des volumes de Champagne en hausse de 25 %. La valeur totale des exportations vers le Japon a augmenté de 9 %, et les prix moyens ont progressé de plus de 4 % à 13,50 € par litre, le niveau le plus élevé parmi les marchés cités.

Les chiffres mettent en évidence un écart croissant au sein du portefeuille export de la France. Les vins tranquilles et les catégories de vrac continuent de perdre de la valeur sur de nombreux marchés, tandis que le Champagne, le Crémant et les autres vins effervescents se sont montrés plus résilients. Pour les exportateurs et les distributeurs, cette évolution pourrait influer sur l’affectation des budgets marketing, la gestion des stocks et les catégories qu’ils privilégient à mesure que la demande évolue d’un marché à l’autre.

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