Les acheteurs de grands vins déplacent leurs fonds vers les labels de référence

L’activité de trading s’améliore avant la reprise des prix, Bordeaux ancrant le marché et l’Italie faisant preuve d’une résilience inhabituelle.

29-06-2026

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Les acheteurs de grands vins déplacent leurs fonds vers les labels de référence

Les échanges sur le marché des grands vins sont devenus plus sélectifs à la fin du printemps, les acheteurs concentrant leurs fonds sur les labels les plus établis et les plus liquides, alors même que les hausses de prix plus larges restent limitées, selon une mise à jour de marché publiée en juin par TradingGrapes à partir de l’activité Liv-ex de mai et du début juin.

Le rapport met en évidence un marché toujours actif dans plusieurs grandes régions, mais avec une demande qui se resserre autour des producteurs que les collectionneurs connaissent bien et qui se négocient facilement. Bordeaux a continué de représenter la plus grande part de la valeur échangée sur la période, tandis que la Bourgogne est restée solide sur le haut de gamme, que l’Italie a conservé sa résilience et que la Californie a suscité un regain d’attention sur le marché secondaire.

Ce déplacement compte pour le secteur des boissons, car l’activité sur le marché de la revente peut influencer la manière dont les négociants, importateurs, collectionneurs et clients privés abordent leurs achats et leurs mises en marché. Lorsque le comportement de trading s’améliore avant les prix de référence, cela peut fournir un signal précoce pour les décisions d’achat et de vente dans les portefeuilles de grands vins et de boissons de luxe associées.

TradingGrapes a indiqué que la tendance à l’élargissement observée plus tôt cette année n’a pas disparu. Les acheteurs participent toujours dans plusieurs régions plutôt que de se tourner vers une seule catégorie. Mais la nature de la demande a changé. Au lieu d’achats généralisés, les capitaux se dirigent vers des vins bénéficiant d’une forte reconnaissance mondiale, d’une grande liquidité et d’un historique de demande de la part des collectionneurs.

En Bordeaux, TradingGrapes a indiqué que des noms tels que Château Lafite Rothschild, Château Mouton Rothschild, Pétrus et Le Pin revenaient régulièrement parmi les vins les plus échangés. Le rapport précise qu’une grande partie de cette activité s’est concentrée sur les millésimes 2018, 2019 et 2020, que de nombreux collectionneurs continuent de considérer comme offrant un meilleur rapport qualité-prix que des années trophées plus anciennes ou que certaines nouvelles sorties.

Cette tendance renforce le rôle de Bordeaux comme ancre du marché en 2026. Même dans des conditions plus faibles, les acheteurs restent disposés à transiger en volume lorsqu’ils perçoivent une valeur relative. La différence, désormais, tient au fait qu’ils choisissent plus soigneusement où placer leurs capitaux.

La Bourgogne a montré une autre forme de solidité. Si Bordeaux reste la base du marché en raison de sa liquidité, la Bourgogne continue de bénéficier de la rareté. TradingGrapes a indiqué que Domaine de la Romanée-Conti dominait l’activité dans la région, avec des vins tels que Romanée-Conti et La Tâche en tête. Selon le rapport, la demande reste concentrée sur un petit groupe de producteurs d’élite plutôt que répartie plus largement dans toute la Bourgogne.

Cette concentration suggère que les acheteurs privilégient la rareté et la réputation plutôt qu’une exposition plus large. En pratique, cela signifie que les grands labels bourguignons continuent d’attirer des achats de conviction, même sans reprise généralisée dans la région.

L’Italie a été décrite comme l’une des histoires les plus solides du grand vin cette année. TradingGrapes a indiqué que l’indice Liv-ex Italy 100 était passé en territoire positif depuis le début de l’année, soutenu par une demande continue pour des Super Toscans tels que Sassicaia, Tignanello et Ornellaia. Le rapport précise que l’Italie semble bénéficier à la fois de la demande des collectionneurs et de l’activité des nouvelles sorties, une combinaison qui l’a aidée à rester plus résiliente que certaines autres régions.

La Californie reste une part plus réduite du marché global en valeur échangée, mais TradingGrapes a indiqué qu’elle devient difficile à ignorer. Opus One a figuré en bonne place dans l’activité de trading de mai, tandis que Screaming Eagle est resté l’un des vins les plus échangés sur le marché secondaire. Le rapport souligne que le regain d’intérêt pour ces labels est notable, car aucun ne se situe sur un segment de prix d’entrée, ce qui suggère que les acheteurs sont prêts à s’éloigner des régions européennes traditionnelles lorsqu’ils estiment que la rareté et la demande mondiale soutiennent la valeur à long terme.

L’un des messages les plus clairs de la mise à jour de juin est que le comportement du marché s’améliore plus vite que les prix. TradingGrapes a indiqué que l’indice Liv-ex Fine Wine 1000 est globalement stable, même si de nombreux indices régionaux restent négatifs sur des périodes d’un et deux ans. Cet écart entre l’activité de trading et la performance des prix est important, car les marchés se redressent souvent d’abord par la participation et la confiance avant que les prix de référence ne commencent à monter.

Pour les producteurs et les vendeurs, cela peut signifier que la performance des indices en une ne reflète pas encore pleinement ce qui se passe sous la surface du marché. Un indice large stable, combiné à un turnover plus soutenu sur les meilleurs labels, peut indiquer que la confiance revient d’abord vers les noms les plus sûrs. Pour les acheteurs, cela peut aussi signifier que la concurrence pourrait s’intensifier autour des vins très liquides avant que l’appréciation plus large des prix ne devienne visible.

La lecture de juin fait suite aux premiers signes observés cette année selon lesquels le marché des grands vins se stabilisait après une période plus faible. TradingGrapes a indiqué que mars pointait vers une stabilisation et qu’avril suggérait un élargissement de la participation entre les régions. En juin, a précisé la société, la conviction s’était encore renforcée, mais de manière plus étroite : les collectionneurs n’achetaient pas tout ; ils achetaient ce en quoi ils croyaient le plus.

Cela laisse à Bordeaux son rôle familier de fondation des échanges, à la Bourgogne celui d’un segment tiré par la rareté et mené par une poignée de domaines d’élite, à l’Italie celui d’un surperformeur relativement résilient et à la Californie celui d’une niche de plus en plus pertinente pour les collectionneurs mondiaux. L’histoire plus large de la reprise reste incomplète, mais les récentes tendances de trading suggèrent que l’argent recommence à circuler d’une manière qui pourrait influencer les prix plus tard si la confiance continue de se renforcer.

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