L’Italie veut ramener à 45 jours les délais d’autorisation des terrasses historiques
Le gouvernement a donné son feu vert préliminaire à un projet prévoyant un accord tacite pour les terrasses si les autorités dépassent le délai fixé
vendredi 30 octobre 2026
L’Italie entend raccourcir la procédure d’autorisation des terrasses de restaurants dans les zones historiques. Cette évolution pourrait faciliter la planification des investissements des bars, des restaurants et des hôtels, après des années de prolongations temporaires et de règles incertaines.
Mercredi 28 octobre, le Conseil des ministres a donné son feu vert préliminaire à un plan national de réorganisation des concessions d’occupation du domaine public et de réglementation des « dehors », ces installations de plein air utilisées par les établissements du secteur de l’hôtellerie-restauration. Selon les grandes lignes élaborées conjointement par le ministère de la Culture et le ministère des Entreprises et du Made in Italy, les autorisations culturelles et paysagères liées à ces installations devraient être délivrées dans un délai de 45 jours, contre une procédure ordinaire pouvant aller jusqu’à 120 jours.
Dans les cas concernés par la réforme, la proposition réduirait de 75 jours au maximum le délai actuellement prévu. Elle prévoit également un mécanisme selon lequel le silence vaut accord : l’autorisation serait réputée accordée si l’administration ne se prononce pas dans le délai imparti, selon le cadre présenté par les ministères et décrit dans les documents du secteur et du gouvernement.
Le projet concerne l’un des aspects les plus sensibles de l’économie italienne de l’hôtellerie-restauration : l’occupation de l’espace public à proximité de bâtiments et de zones protégés pour leur valeur culturelle ou paysagère. Le ministère de la Culture est chargé de la protection du patrimoine, tandis que le ministère des Entreprises et du Made in Italy supervise le volet économique de la réforme. Les municipalités conserveraient leurs compétences en matière d’occupation de l’espace public, mais les nouvelles règles nationales visent à harmoniser le traitement des autorisations liées au patrimoine.
Le plan n’est pas définitif. L’approbation du 28 octobre était préliminaire et la mesure doit encore suivre les étapes juridiques et administratives nécessaires avant d’entrer en vigueur. Selon le calendrier cité par le secteur, le gouvernement devrait achever cette procédure avant le 31 décembre.
Cette évolution est importante, car les terrasses sont devenues un élément central du modèle économique de nombreux professionnels italiens de l’hôtellerie-restauration. Pour les restaurants et les bars, elles permettent d’accroître la capacité d’accueil, de soutenir les ventes pendant les périodes de forte activité et de justifier des dépenses en mobilier, en protections contre les intempéries, en éclairage et en aménagements connexes. Les professionnels font valoir que les prolongations répétées à court terme et les longs délais d’autorisation compliquent leurs décisions d’investissement.
Jeudi 29 octobre, FIPE-Confcommercio, la principale fédération représentant les établissements recevant du public en Italie, a déclaré accueillir très favorablement cette approbation préliminaire. L’organisation a indiqué que les entreprises ne réclamaient pas une déréglementation, mais des règles claires et des délais fixes, qui leur permettraient d’investir avec davantage de confiance, de moderniser leurs services et de soutenir l’emploi.
FIPE a également estimé que le projet aiderait le secteur à sortir du cycle des renouvellements temporaires pour instaurer un cadre juridique stable. Ce point est important sur un marché où de nombreux professionnels ont dû gérer leurs espaces extérieurs dans le cadre de règles adoptées pendant la crise, prolongées à plusieurs reprises plutôt que remplacées par un dispositif complet.
Dans le même temps, le gouvernement cherche à concilier les demandes des entreprises et la protection du patrimoine, un sujet politiquement sensible dans un pays où de nombreux centres-villes sont soumis à des règles strictes en matière d’esthétique et d’architecture. Selon l’approche ministérielle décrite dans les documents, les autorisations culturelles et paysagères les plus strictes seraient réservées aux espaces directement adjacents à des biens d’une valeur culturelle exceptionnelle, plutôt que d’être appliquées plus largement.
Cette limitation devrait être l’un des aspects les plus suivis de la réforme. Ses partisans estiment qu’elle réduirait les lourdeurs administratives inutiles dans les lieux où les risques pour le patrimoine sont limités, tout en maintenant un contrôle plus strict autour des sites les plus sensibles. Si des critiques se font entendre au cours du processus législatif, elles devraient porter sur le risque qu’un délai raccourci et un accord tacite affaiblissent le contrôle dans les zones urbaines historiques.
La fédération professionnelle présente la mesure comme un enjeu non seulement économique, mais aussi urbain. Dans son communiqué, FIPE a déclaré que les espaces de terrasse ne devaient pas être considérés comme une simple occupation du domaine public, faisant valoir qu’ils pouvaient contribuer à la vie sociale, à la sécurité et à l’usage quotidien des espaces publics. Elle a également indiqué que le projet reconnaissait le rôle des professionnels dans le maintien de la qualité du cadre urbain et de l’accueil, dans le respect de l’identité historique des villes italiennes.
Pour les investisseurs et les professionnels, la question concrète est de savoir dans quelle mesure le nouveau système serait prévisible s’il était adopté. Un délai de 45 jours donnerait aux entreprises un calendrier beaucoup plus clair pour planifier les ouvertures saisonnières, les travaux et le financement. Il réduirait aussi le risque de voir des projets bloqués pendant des mois, tandis que les entreprises continueraient à payer leur loyer et leurs autres charges fixes sans savoir si leur espace extérieur serait autorisé.
La réforme pourrait concerner tout particulièrement les établissements des centres-villes, des zones touristiques et des quartiers patrimoniaux, où les terrasses représentent souvent une part importante du chiffre d’affaires, mais où les autorisations sont plus complexes à obtenir. Les hôtels proposant une offre de restauration, les cafés indépendants et les restaurants avec service à table seraient tous concernés, même si les effets varieraient selon les municipalités, qui conserveraient la maîtrise des règles relatives aux concessions d’occupation de l’espace public.
La proposition entre à présent dans la prochaine phase d’approbation, au cours de laquelle le texte du décret et l’équilibre entre simplification et préservation pourraient encore évoluer. Pour l’heure, le gouvernement propose une approche nationale visant à remplacer les mesures temporaires par un cadre permanent : des délais plus courts, un accord tacite en l’absence de réponse des autorités et une application plus ciblée des contrôles culturels et paysagers aux zones les plus proches des sites patrimoniaux les plus précieux d’Italie.