Les règles de l’UE imposent d’indiquer les coordonnées du fabricant sur les emballages de vin

Les producteurs peuvent utiliser des QR codes, mais l’absence d’orientations précises pousse les domaines italiens et ceux du reste de l’Union à envisager prudemment des changements d’étiquetage.

11-09-2026

Les règles de l’Union européenne sur les emballages et les déchets d’emballages posent de nouvelles questions à la filière vitivinicole, les producteurs en Italie et dans l’ensemble du bloc étant confrontés à de nouvelles exigences sur ce qui doit figurer sur les bouteilles et autres emballages, ainsi que sur la manière dont ces informations peuvent être fournies.

Ce changement intervient dans le cadre du règlement de l’UE sur les emballages et les déchets d’emballages, connu sous le nom de PPWR et publié comme règlement (UE) 2025/40. Comme l’a rapporté Gambero Rosso, média italien consacré à l’alimentation et au vin, la mesure exigera que les emballages de vin identifient le fabricant et fournissent ses coordonnées, soit directement sur l’emballage, soit via un outil numérique tel qu’un QR code ou un support similaire. Les domaines et les embouteilleurs pourraient donc devoir revoir à la fois les étiquettes physiques et les systèmes d’information numérique afin de s’assurer de leur conformité.

La question ne se limite pas à la bouteille elle-même. Le règlement traite plus largement des emballages et des déchets d’emballages, de sorte que son impact peut s’étendre aux cartons, aux matériaux de transport et à d’autres maillons de la chaîne d’approvisionnement. Pour les entreprises du vin, cela crée une difficulté pratique, car le secteur fonctionne déjà sous un ensemble dense de règles d’étiquetage liées à l’origine, au degré alcoolique, à l’identification du lot, aux informations sanitaires et, dans de nombreux cas, à des mentions numériques ajoutées ces dernières années. Toute nouvelle obligation d’afficher le fabricant et ses coordonnées doit s’intégrer dans ce cadre déjà saturé.

L’un des principaux points encore en suspens est que tous les détails opérationnels n’ont pas été arrêtés. Gambero Rosso a indiqué que les actes d’exécution et les clarifications officielles manquent toujours. Les entreprises disposent donc d’un signal clair sur la direction prise, mais pas de l’ensemble des indications techniques que beaucoup souhaiteront avant de redessiner leurs étiquettes, de réécrire les spécifications d’emballage ou de modifier leurs lignes de production. En pratique, les producteurs savent peut-être que de nouvelles informations devront être disponibles, mais ils attendent encore que Bruxelles définisse précisément la manière dont cette obligation s’appliquera dans chaque cas.

Cette incertitude compte, car la mise en conformité dans le secteur vitivinicole s’inscrit souvent dans des délais longs. Les étiquettes sont imprimées longtemps à l’avance, les bouteilles sont commandées en grands volumes et les produits peuvent rester plusieurs mois dans les chais, les entrepôts ou les circuits d’exportation. Une règle qui paraît étroite sur le papier peut engendrer de vrais coûts une fois qu’elle atteint les imprimeurs, les unités d’embouteillage, les distributeurs et les détaillants. Pour les petits domaines, surtout ceux qui disposent de peu de personnel et de plusieurs marchés à l’export, même une modification modeste de l’emballage peut nécessiter des vérifications juridiques, des révisions de maquettes et une nouvelle coordination avec les fournisseurs.

Le recours aux QR codes ou à d’autres supports numériques pourrait alléger une partie de cette pression en réduisant la quantité de texte à faire figurer directement sur la bouteille. Mais cette solution soulève aussi des questions pratiques. Les entreprises devront veiller à ce que les liens numériques restent actifs, exacts et accessibles pendant toute la durée de vie du produit. Elles pourraient également devoir décider de la part d’informations qui doit encore apparaître en version imprimée pour les consommateurs, les inspecteurs et les acheteurs professionnels qui s’attendent à trouver immédiatement les données essentielles sur l’emballage.

La mesure a une portée plus large que le seul vin. Les entreprises de boissons qui commercialisent de la bière, des spiritueux, du cidre ou des boissons sans alcool en bouteilles ou sous d’autres formats emballés pourraient elles aussi devoir revoir la manière dont elles présentent les informations sur le fabricant et la façon dont les outils d’étiquetage numérique s’articulent avec le droit des emballages. Même lorsque les effets juridiques directs varient selon le type de produit, l’évolution générale vers davantage de traçabilité, de responsabilité en matière d’emballage et d’information numérique devrait pousser une grande partie du secteur des boissons à réexaminer ses étiquettes, ses cartons d’expédition et ses systèmes de conformité.

Pour l’Italie, l’enjeu est d’autant plus important que le vin reste l’un des secteurs exportateurs les plus connus du pays, et que l’emballage fait partie à la fois de l’identité du produit et de sa valeur commerciale. Les producteurs italiens vendent souvent sur de nombreux marchés de l’UE et au-delà, ce qui signifie que tout changement des mentions obligatoires peut avoir des répercussions sur les ventes intérieures, les exportations et les relations avec les importateurs. Un cadre harmonisé au niveau de l’UE pourrait à terme simplifier certaines exigences transfrontalières, mais à court terme les entreprises pourraient devoir traverser une période de transition marquée par une incertitude juridique et des ajustements opérationnels.

Les acteurs du commerce attendent désormais les prochaines étapes des institutions européennes. Tant que les actes d’exécution manquants n’auront pas été publiés, les producteurs et les embouteilleurs ne peuvent se préparer qu’en partie. Beaucoup devraient commencer à recenser les informations déjà présentes sur les bouteilles et les emballages extérieurs, celles qui devront éventuellement être déplacées vers des canaux numériques et les nouveaux coordonnées à ajouter. La règle façonne déjà la planification de la conformité, avant même que les orientations techniques définitives ne soient en place.