Le régulateur indien de la sécurité alimentaire a inspecté l’usine de Pernod à Bengaluru, élargissant sa répression dans l’alcool

Des responsables ont prélevé des échantillons de Royal Stag et de Blenders Pride. Aucune conclusion défavorable n’a été rendue à ce stade.

20-08-2026

Le régulateur indien de la sécurité alimentaire a inspecté la semaine dernière une usine de Pernod Ricard à Bengaluru et a prélevé des échantillons de deux des whiskies les plus connus du groupe, élargissant ainsi une campagne de contrôles qui avait déjà touché les activités de Diageo dans le pays, selon quatre personnes au fait du dossier et un communiqué de l’entreprise.

Des responsables de la Food Safety and Standards Authority of India, ou FSSAI, ont passé deux jours sur le site, examiné des documents et prélevé des échantillons de Royal Stag et de Blenders Pride pour analyse, ont indiqué trois des sources. L’inspection étend un contrôle renforcé au deuxième grand groupe international de spiritueux après les récentes mesures visant des sites liés à United Spirits, l’activité indienne de Diageo.

Pernod Ricard a confirmé la visite des inspecteurs dans l’usine. Dans un communiqué, le groupe a indiqué que les inspections réglementaires font partie du système de conformité normal du secteur et qu’il coopère avec les autorités. Il a également affirmé maintenir des normes élevées en matière de qualité et de sécurité.

La FSSAI n’a pas publié de détails sur la visite, et l’agence n’a pas répondu aux demandes de commentaire. Comme le régulateur n’a pas rendu le dossier public, une grande partie des informations connues sur l’inspection provient de personnes informées du processus, qui ont parlé sous couvert d’anonymat en raison du caractère confidentiel de l’affaire.

L’une de ces personnes, un responsable du gouvernement indien, a déclaré que Pernod avait été prié d’améliorer l’hygiène dans l’établissement de Bengaluru et de veiller à ce que les mentions relatives à l’utilisation de plastique recyclé sur les bouteilles soient correctement affichées. Ce même responsable et deux autres sources ont indiqué qu’aucune conclusion défavorable n’avait, à ce stade, été émise contre Pernod ni contre les deux marques de whisky échantillonnées.

Cette distinction compte pour le groupe, déjà confronté à plusieurs litiges en Inde, l’un de ses marchés les plus importants. Pernod fait face à une demande fiscale de 314 millions de dollars liée à des accusations selon lesquelles il aurait sous-évalué les importations de scotch whisky. Le groupe est également impliqué dans une affaire antitrust et demeure soumis à une autre interdiction séparée à New Delhi liée à des violations de la politique sur l’alcool, des allégations que l’entreprise a niées.

Cette dernière inspection intervient dans le cadre de l’une des offensives réglementaires les plus agressives menées en Inde depuis des années dans le secteur des boissons alcoolisées. Plus tôt ce mois-ci, la FSSAI est intervenue contre plusieurs marques de whisky et de rhum produites par Diageo et certains producteurs indiens, alléguant un usage inapproprié d’arômes dans des produits vendus comme du whisky. Reuters a rapporté cette semaine que Diageo a accepté de reformuler certaines marques populaires afin de faire lever les interdictions imposées au niveau des États.

Dans une autre mesure concernant Diageo, les autorités ont saisi environ 18 000 caisses de bouteilles d’alcool après avoir inspecté une usine et exprimé des inquiétudes quant à l’absence des mentions obligatoires indiquant l’utilisation de plastique recyclé sûr, selon un précédent reportage de Reuters. Dans ce dossier, le régulateur a également signalé des problèmes d’étiquetage et d’ajout d’arôme de whisky.

L’inspection de l’usine de Pernod à Bengaluru suggère que le régulateur ne limite pas son examen à une seule entreprise ni à un seul ensemble de marques. Le marché indien des spiritueux est estimé à environ 40 milliards de dollars, et un examen plus large des pratiques de production ainsi que des normes d’étiquetage et d’emballage pourrait accroître les coûts de conformité pour les grands producteurs et augmenter le risque de retards si des usines sont priées d’apporter des changements ou de retenir des expéditions pendant la réalisation des tests.

Les marques échantillonnées sont centrales dans la position de Pernod en Inde. Blenders Pride est l’un des whiskies premium assemblés phares du groupe dans le pays, tandis que Royal Stag est une marque grand public largement distribuée. Toute perturbation touchant ces références aurait une portée commerciale dans un marché où les groupes internationaux de boissons alcoolisées dépendent fortement de la production locale et des autorisations de vente État par État.

Jusqu’à présent, toutefois, les faits connus concernant l’inspection de Pernod sont plus limités que dans le dossier Diageo. Les sources ont indiqué que des échantillons avaient été prélevés et des documents demandés, mais elles n’ont pas fait état d’un ordre interdisant les ventes, saisissant des stocks ou constatant des infractions dans le whisky lui-même. Le communiqué de Pernod n’indiquait pas non plus une telle mesure.

Cet épisode s’ajoute à une liste croissante de pressions réglementaires auxquelles sont confrontées les entreprises étrangères de boissons en Inde, où l’activité est fortement encadrée et soumise à des règles étatiques et fédérales qui se chevauchent. Même lorsque les inspections n’aboutissent pas à des conclusions formelles, les entreprises peuvent faire face à des tests supplémentaires, à des examens de l’emballage et à des mesures correctives au niveau des sites qui ralentissent les opérations et augmentent les coûts. Pour l’heure, l’attention reste tournée vers ce que révéleront les résultats du laboratoire de la FSSAI et son examen interne après l’analyse des échantillons prélevés dans l’usine de Pernod.