Les exportateurs néo-zélandais commencent à percevoir des millions de dollars de remboursements liés aux droits de douane américains illégaux
Les remboursements parviennent de manière inégale aux producteurs : les importateurs américains ont souvent payé les droits, Delegat attend et Babich en a récupéré 70 %
mardi 3 novembre 2026

Les exportateurs néo-zélandais commencent à recevoir des millions de dollars de remboursements liés à des droits de douane américains déclarés illégaux par la suite. Mais l’argent ne revient pas aux producteurs de manière uniforme, car il transite d’abord, dans bien des cas, par des importateurs et des distributeurs américains.
Lundi 2 novembre, Farmers Weekly a rapporté que la restitution des droits de douane a ouvert un second différend pour certaines entreprises : comment répartir les remboursements entre les exportateurs néo-zélandais et les sociétés américaines qui ont importé leurs produits et acquitté les droits à la frontière.
La question est particulièrement visible dans le secteur du vin. Selon Farmers Weekly, Delegat attend toujours que ses distributeurs lui reversent les sommes dues, tandis que l’entreprise cherche à déterminer le montant qu’elle percevra finalement. Babich, une autre entreprise viticole néo-zélandaise, a déjà récupéré 70 % des remboursements auxquels elle estime avoir droit, indique le média.
L’article indique que les droits de douane ont été déclarés illégaux, ce qui ouvre la voie à leur remboursement. Il ne semble pas détailler l’ensemble de l’historique juridique, mais le problème commercial immédiat est clair : l’entreprise qui a expédié le produit n’est pas toujours celle qui a officiellement acquitté les droits auprès des douanes américaines. Dans de nombreuses chaînes d’approvisionnement de boissons, c’est l’importateur officiel ou le distributeur qui a effectué les formalités douanières et supporté la charge initiale. Le remboursement peut donc être versé d’abord à ce partenaire américain, et l’exportateur doit alors s’appuyer sur les clauses contractuelles, les accords tarifaires passés ou une négociation directe pour récupérer sa part.
Cette situation peut avoir des répercussions importantes sur la trésorerie des exportateurs. Pour les producteurs de vin et les autres entreprises de boissons, les remboursements de droits de douane peuvent améliorer les liquidités à court terme, mais seulement si les fonds sont transférés rapidement et conformément aux accords commerciaux. Lorsque la charge initiale des droits a été répartie dans la chaîne d’approvisionnement au moyen des prix, de remises ou d’une compression des marges, il est plus difficile d’attribuer le remboursement. Celui-ci peut alors devenir un sujet de négociation plutôt qu’une simple restitution.
Les informations de Farmers Weekly laissent penser que les sommes en jeu sont suffisamment importantes pour compter. Même si l’article ne fournit pas de chiffres détaillés pour chaque entreprise, un fonds de remboursement de plusieurs millions de dollars peut avoir un effet significatif sur le fonds de roulement, en particulier pour les exportateurs qui gèrent leurs stocks, leurs frais d’expédition et leurs cycles de vente sur le marché américain. Pour les producteurs de boissons, qui doivent souvent investir de façon régulière dans la construction de leur marque et le soutien à la distribution, un remboursement tardif peut limiter les retombées immédiates d’une décision juridique favorable.
Le contraste entre Delegat et Babich montre à quel point l’issue peut dépendre de la structure des accords de vente de chaque entreprise aux États-Unis. Un producteur qui vend dans le cadre d’un type d’accord de distribution peut recevoir les remboursements plus rapidement qu’un autre ayant conclu un accord différent. La question n’est pas seulement de savoir qui a payé les droits, mais aussi qui en a supporté le coût pendant leur application. Si un exportateur a baissé ses prix pour aider un distributeur à compenser les droits, il peut faire valoir qu’une part équivalente du remboursement devrait lui revenir. Si son partenaire américain a maintenu ses prix et assumé lui-même la charge, il peut défendre une autre position.
La question dépasse donc le cadre d’un simple remboursement. Les entreprises de boissons se concentrent souvent largement sur l’accès aux marchés, la présence en rayon et la demande des consommateurs, mais cette affaire souligne l’importance financière des formalités douanières et de la rédaction des contrats. Les clauses relatives aux droits de douane, aux changements fiscaux et aux coûts commerciaux exceptionnels peuvent déterminer qui reçoit un remboursement des années plus tard et à quelle vitesse il peut être comptabilisé. Dans des secteurs comme le vin, la bière et les spiritueux, où la distribution transfrontalière est courante et les marges sensibles aux coûts commerciaux, la gestion des remboursements peut devenir presque aussi importante que le différend initial sur les droits de douane.
Ces remboursements montrent également que les mesures commerciales peuvent continuer d’avoir des conséquences pour les entreprises longtemps après que les droits eux-mêmes ont cessé d’être le principal sujet. Une fois un droit de douane annulé, les entreprises doivent encore déterminer qui l’a payé, qui a été compensé par le biais des prix et qui doit bénéficier du retour des sommes. Pour les exportateurs qui n’importent pas directement aux États-Unis, la victoire juridique ne se traduit pas automatiquement par des liquidités.
Pour les exportateurs néo-zélandais de boissons, le processus de remboursement risque donc d’entraîner des résultats inégaux selon les entreprises. Certaines récupéreront peut-être rapidement la majeure partie des sommes qui leur sont dues. D’autres devront suivre une procédure plus lente, influencée par leurs relations avec les distributeurs, les documents disponibles et les termes des accords antérieurs. Le fait que Babich ait récupéré 70 % des sommes, selon les informations publiées, montre qu’une partie de l’argent est déjà versée. Mais la situation de Delegat indique qu’un règlement complet peut encore dépendre de discussions avec les partenaires américains, et pas seulement de la décision sur les droits de douane.
À mesure que les remboursements progressent dans le circuit, les exportateurs disposant d’un fondement contractuel plus solide ou d’une structure d’importation plus directe pourraient être mieux placés pour transformer ces sommes en liquidités disponibles. Les entreprises davantage tributaires de distributeurs externes devront peut-être consacrer plus de temps à négocier la répartition des droits remboursés.