L’UE approuve un mandat partiel pour réformer les marchés agricoles après 2027

Cette décision ouvre les discussions avec le Parlement sur les règles des marchés agricoles, tandis que le budget 2028-2034 fera l’objet de négociations distinctes

mercredi 21 octobre 2026

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L’UE approuve un mandat partiel pour réformer les marchés agricoles après 2027

Les États membres de l’Union européenne se sont accordés sur une position de négociation partielle concernant la réforme des règles des marchés agricoles de l’Union après 2027. Cette décision ouvre la voie à de futures discussions avec le Parlement européen sur l’un des volets centraux de la prochaine politique agricole commune.

Le Conseil de l’UE a approuvé cette position le 19 octobre. Elle porte sur la révision du règlement relatif à l’organisation commune des marchés agricoles, ou OCM, qui fixe une grande partie des règles encadrant le soutien aux marchés, les programmes sectoriels et les normes de commercialisation dans l’agriculture de l’UE. L’accord n’est que partiel, car il ne comprend pas les dispositions financières ni celles de portée plus générale. Ces questions sont traitées séparément dans le cadre des négociations sur le budget de l’UE pour 2028-2034.

Parmi les principaux points, les 27 États membres souhaitent que les mesures de soutien sectoriel deviennent obligatoires dans certains domaines, notamment l’apiculture et les fruits et légumes. Pour la viticulture, ils proposent toutefois une approche plus limitée. Selon la position du Conseil, les interventions obligatoires ne s’appliqueraient que dans certaines circonstances, et des dérogations nationales pourraient être autorisées pour tenir compte des particularités propres à chaque pays.

Ce volet de la proposition devrait être suivi de près par le secteur des boissons, car il pourrait déterminer la forme que prendra le soutien public aux vignobles et aux producteurs de vin après 2027. Il laisse également entrevoir la possibilité que les mesures liées au vin ne soient pas appliquées de manière parfaitement uniforme dans tous les pays producteurs, selon la définition et l’utilisation finales des dérogations nationales.

La position partielle du Conseil ouvre également la voie à de nouvelles normes de commercialisation pour les cultures protéagineuses, les viandes bovine, porcine, ovine et caprine, ainsi que le riz, afin d’y inclure des informations sur l’origine de ces produits. En outre, les États membres souhaitent conserver la proposition de la Commission européenne visant à harmoniser les règles de production et de commercialisation des plantes de chanvre, tout en ajoutant des garanties pour que le nouveau cadre ne porte pas atteinte aux règles nationales en matière de sécurité publique ou de contrôle des stupéfiants.

Le dossier de l’OCM avance en parallèle des négociations plus larges sur l’avenir de la PAC. Les gouvernements ont désormais approuvé leur position sur le règlement des marchés, mais les discussions sur l’ensemble de la réforme se poursuivent au sein du Conseil. L’objectif reste de parvenir à une orientation générale partielle lors de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, les 28 et 29 octobre, à Luxembourg.

Le 19 octobre, des experts des politiques agricoles des États membres se sont réunis au sein du Comité spécial Agriculture pour examiner les dernières modifications apportées ces dernières semaines par l’Irlande, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil. Selon le compte rendu de ces discussions, les États membres ont largement soutenu les efforts de la présidence irlandaise pour faire avancer le paquet vers un accord, et de nombreuses délégations ont estimé que les négociations progressaient dans la bonne direction.

Plusieurs questions politiquement sensibles restent néanmoins en suspens avant la réunion des ministres à Luxembourg. L’un des principaux désaccords porte sur le degré de flexibilité que les gouvernements nationaux devraient avoir dans la mise en œuvre de la prochaine PAC, tout en préservant son caractère commun à l’échelle de l’UE. Parmi les autres questions non résolues figurent la part des aides au revenu qui pourra rester couplée à la production, le taux de contrôle et les nouvelles conditions auxquelles seraient soumises les aides agricoles.

L’accord partiel sur l’OCM fournit aux gouvernements une base commune avant l’ouverture des discussions interinstitutionnelles, mais les choix budgétaires les plus difficiles restent à venir. Le volet financier ayant été exclu, le texte actuel indique surtout l’orientation politique privilégiée par les États membres, plutôt que la forme définitive du prochain régime des marchés agricoles.

Pour la filière vitivinicole, les grandes lignes se précisent donc, sans que les décisions soient encore arrêtées. Le Conseil s’est prononcé en faveur du maintien d’éventuels outils d’intervention dans le secteur viticole, tout en écartant une obligation automatique généralisée. Le maintien de cet équilibre à l’étape suivante dépendra des négociations avec les députés du Parlement européen et des décisions plus larges qui restent à prendre dans le cadre du prochain cycle budgétaire de l’UE.

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