Les expéditions de Champagne en hausse de 3,2 % à fin septembre, tirées par les exportations

La filière a expédié 174,2 millions de bouteilles. La demande française recule de 2,5 % et les vignerons indépendants perdent encore du terrain.

mercredi 14 octobre 2026

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Les expéditions de Champagne en hausse de 3,2 % à fin septembre, tirées par les exportations

Les expéditions de Champagne ont progressé au cours des neuf premiers mois de 2026, prolongeant la reprise de la filière. Cette hausse a toutefois surtout bénéficié aux marchés à l’export et aux grandes maisons, tandis que le marché français et les vignerons indépendants ont continué de perdre du terrain.

Les dernières données de volumes, publiées par le média professionnel La Champagne de Sophie Claeys et attribuées au Comité Champagne, font état de 174,2 millions de bouteilles expédiées entre janvier et septembre, soit une hausse de 3,2 % par rapport à la même période un an plus tôt. Cela représente environ 5,4 millions de bouteilles supplémentaires. Cette progression fait suite à une période de comparaison peu favorable en 2025, lorsque les expéditions sur les mêmes neuf mois avaient reculé de 1,5 %.

Le mois de septembre a contribué à cette amélioration. Les expéditions ont atteint 25,7 millions de bouteilles sur le mois, en hausse de 7,8 % par rapport à septembre 2025. Malgré cela, la croissance depuis le début de l’année a légèrement ralenti, passant de 3,4 % à fin août, signe que la reprise se poursuit sans s’accélérer.

Le principal soutien est, une nouvelle fois, venu de l’étranger. De janvier à septembre, les exportations ont atteint 109,8 millions de bouteilles, en hausse de 6,8 % sur un an. En France, les expéditions ont évolué en sens inverse, reculant de 2,5 % à 64,4 millions de bouteilles. Cette répartition souligne la dépendance croissante de la reprise régionale à la demande étrangère, alors que les consommateurs français achètent toujours moins de Champagne dans leur pays.

Les chiffres de septembre ont suivi la même tendance, malgré une amélioration en France. Les expéditions sur le marché français ont progressé de 3,1 % sur le mois, tandis que les exportations ont augmenté de 10,7 %. Cette hausse mensuelle en France n’a toutefois pas suffi à inverser la tendance négative depuis le début de l’année.

Au sein des exportations, l’Union européenne comme les marchés extérieurs au bloc ont contribué à la hausse. Selon les chiffres cités par La Champagne de Sophie Claeys, les expéditions vers les pays hors UE ont progressé de 6,3 %, à 77,7 millions de bouteilles, au cours des neuf premiers mois de l’année. Celles à destination des pays de l’UE ont augmenté de 8 %, à 32,1 millions de bouteilles.

La reprise a également été inégale selon les catégories de producteurs. Les plus fortes hausses ont été enregistrées par les maisons de Champagne, les grands producteurs de marques qui dominent la distribution internationale. Leurs expéditions ont atteint 133 millions de bouteilles à fin septembre, en hausse de 5,1 % par rapport à la même période en 2025. Les expéditions des maisons à l’export ont progressé de 7,7 %, tandis que leurs volumes en France ont reculé de 1,1 %. Sur le seul mois de septembre, elles ont expédié 20 millions de bouteilles, soit 10 % de plus qu’un an auparavant.

Les vignerons indépendants n’ont pas bénéficié de cette amélioration. Leurs expéditions ont baissé de 4 % au cours des neuf premiers mois de 2026, à 27,4 millions de bouteilles. Ce recul s’explique principalement par la faiblesse du marché français, où leurs volumes ont chuté de 7 %. Leur activité à l’export a bien progressé de 5,7 %, mais cette hausse n’a pas suffi à compenser le repli intérieur. En septembre, leurs expéditions ont encore diminué de 1,9 % au total, malgré une hausse de 7,2 % de leurs volumes à l’export sur le mois.

Les coopératives ont, quant à elles, affiché une évolution proche de la stabilité. Leurs expéditions ont légèrement reculé de 0,2 %, à 13,8 millions de bouteilles, entre janvier et septembre. Les ventes en France ont progressé de 3,6 %, mais les exportations ont baissé de 3,8 %. Ces chiffres suggèrent que les coopératives ont été plus stables que les vignerons, sans toutefois suivre la dynamique des grandes maisons.

Ce contraste est important pour la structure de la filière champenoise. Les grandes maisons disposent généralement de réseaux internationaux plus étendus, d’une meilleure notoriété de marque et d’une exposition plus forte aux marchés d’exportation à forte valeur. Les vignerons indépendants dépendent davantage du marché français et de circuits de distribution à plus petite échelle, ce qui les rend plus vulnérables lorsque la demande intérieure faiblit. La tendance actuelle montre que l’amélioration des expéditions totales de la région ne profite pas de façon uniforme à l’ensemble du secteur.

Les dernières données indiquent également une reprise modeste sur une période plus longue. D’octobre 2025 à septembre 2026, les expéditions de Champagne ont totalisé 271,4 millions de bouteilles, en hausse de 0,8 % par rapport à la période de 12 mois précédente. Sur l’année, le même écart se dessine : les exportations ont progressé de 3,7 %, tandis que le marché français a reculé de 3,1 %.

Sur ces 12 mois, les expéditions des maisons ont progressé de 2,2 % et celles des coopératives de 0,9 %. Les vignerons sont restés dans le rouge, avec un recul de 4,6 % de leurs expéditions.

Les chiffres portant sur les volumes expédiés, ils ne permettent pas de savoir si le chiffre d’affaires ou les marges ont progressé au même rythme. Le rapport sectoriel ne fournit aucune donnée sur la valeur des ventes ni sur le prix moyen des bouteilles. La reprise des volumes, bien réelle, ne permet donc pas de déterminer si les producteurs gagnent davantage sur chaque bouteille ou s’ils écoulent simplement plus de caisses sur le marché.

Les chiffres publiés le 14 octobre constituent néanmoins le signe le plus net à ce jour que le commerce du Champagne a retrouvé une certaine dynamique en 2026, après une année 2025 plus difficile. Ils montrent également que la reprise est portée par les exportations et les grandes maisons, tandis que le marché français reste sous pression et que les vignerons indépendants continuent de reculer.

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