07-09-2026

L’industrie viticole californienne entre dans le pic des vendanges alors que ses exportations vers le Canada restent bien en dessous de leurs niveaux antérieurs, après un différend tarifaire qui a conduit les provinces canadiennes à retirer l’alcool américain des rayons des magasins publics, selon le Wine Institute.
Dans un entretien diffusé le 1er septembre par KFBK News Radio, Julie Berge, vice-présidente de la communication et des relations avec les membres du Wine Institute, a indiqué que le secteur faisait déjà face à des pressions plus larges lorsque les États-Unis ont imposé des droits de douane au Canada en 2025. Le Canada a répondu par des mesures de rétorsion, et les provinces ont commencé à retirer des rayons de la distribution publique le vin, les spiritueux et la bière produits aux États-Unis en mars 2025.
Cette décision a fortement réduit les ventes vers l’un des marchés d’exportation proches les plus importants pour les producteurs américains. Berge a indiqué que les exportations de vin américain vers le Canada s’élevaient en moyenne à près de 40 millions de dollars par mois avant les interdictions, sur la base des niveaux commerciaux de 2024. Depuis mars 2025, a-t-elle dit, ces exportations ont atteint en moyenne un peu plus de 5 millions de dollars par mois, soit une baisse de près de 90 %.
Ces chiffres tombent à un moment clé pour le vin californien. Septembre est reconnu comme le California Wine Month, et c’est aussi le point culminant annuel des vendanges dans tout l’État. Pour les exploitations, les vignerons et les distributeurs, le calendrier compte, car la période des vendanges est celle où les décisions de production, les plans de vente et les prévisions de stocks deviennent plus immédiats.
Le différend commercial ne s’est pas limité au vin. Les provinces canadiennes ont également retiré les spiritueux et la bière américains, élargissant l’impact à l’ensemble du secteur des boissons. La question est donc importante non seulement pour les exploitations viticoles, mais aussi pour les brasseurs, les distillateurs, les importateurs, les distributeurs et les détaillants qui dépendent du Canada comme canal de vente transfrontalier stable. Avec une telle baisse des exportations vers le Canada, les entreprises du secteur des boissons alcoolisées pourraient devoir ajuster leurs niveaux de stock, leurs stratégies de prix et leurs accords commerciaux, tout en cherchant d’autres débouchés.
Parce que les mesures canadiennes ciblaient les magasins publics, l’impact a été immédiat. Une fois les produits retirés de ces rayons, l’accès aux consommateurs a été réduit au niveau de la vente au détail. Cela a rapidement modifié le marché pour les marques américaines qui avaient déjà établi une distribution au Canada et comptaient sur ces ventes mensuelles.
Les propos de Berge traduisent une inquiétude plus large au sein du secteur viticole californien quant à la durée possible de la perturbation commerciale et à l’ampleur des parts de marché qui pourraient être perdues entre-temps. Une absence prolongée des rayons peut ouvrir des opportunités à des concurrents d’autres pays, et reconquérir des emplacements peut prendre du temps, même après l’assouplissement des restrictions commerciales. Pour les producteurs, cela peut avoir des répercussions non seulement sur les revenus d’exportation, mais aussi sur la planification de la production et sur les relations dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
La Californie reste le centre de la production viticole américaine, de sorte que les évolutions de la demande à l’export peuvent avoir des conséquences économiques plus larges pour le secteur des boissons de l’État. Lorsqu’un grand marché se contracte, la pression ne s’arrête pas au vin en bouteille prêt à être expédié. Elle peut toucher les producteurs de raisin, les fournisseurs d’emballages, les transporteurs, les exploitants d’entrepôts et les équipes commerciales qui assurent le passage du produit du vignoble à l’acheteur étranger.
La forte chute à un peu plus de 5 millions de dollars par mois montre aussi qu’une partie des échanges continue, même avec les restrictions en place. Mais l’écart entre les expéditions actuelles et les niveaux d’avant l’interdiction souligne l’ampleur des pertes commerciales depuis le début des représailles en mars 2025.
Malgré cela, Berge a déclaré à KFBK que le secteur cherchait toujours à repartir sur de bonnes bases. Alors que le California Wine Month commence et que les vendanges s’accélèrent dans tout l’État, les exploitations entrent dans l’une de leurs périodes les plus chargées tout en faisant face à un marché canadien qui reste très en dessous de son niveau d’avant les droits de douane.
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