L’Union européenne impose un droit de douane de 3 € sur les importations en ligne de faible valeur

Cette taxe temporaire remplace le régime en franchise de droits pour les marchandises d’une valeur de 150 € ou moins entrant dans le bloc par vente à distance jusqu’en 2028

07-07-2026

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L’Union européenne a mis fin à sa longue exemption de droits de douane pour les importations de faible valeur et, depuis le 1er juillet, applique un droit de douane temporaire de 3 € sur les marchandises d’une valeur de 150 € ou moins qui entrent dans le bloc depuis des pays hors UE par vente à distance, y compris les achats en ligne expédiés aux consommateurs.

Cette mesure a été définie dans le règlement délégué (UE) 2026/1022 de la Commission, publié cette semaine au Journal officiel, et s’inscrit aux côtés d’autres mesures de l’UE entrées en vigueur à la même date pour mettre en place le nouveau système. Cette taxe temporaire restera en vigueur jusqu’au 1er juillet 2028. Après cette date, les droits de douane ordinaires devront s’appliquer en fonction du type de produit.

La mesure remplace le traitement en franchise de droits qui s’appliquait jusqu’au 30 juin aux envois de faible valeur. Selon le Baker McKenzie Global Import Blog, la taxe de 3 € s’applique par article tel que défini par la classification tarifaire, et non par colis ni simplement selon le nombre d’unités physiques dans une boîte. Cela signifie qu’un envoi contenant plusieurs produits identiques peut donner lieu à une seule taxe, tandis qu’un colis contenant différentes catégories de marchandises peut en déclencher plusieurs.

Les orientations du gouvernement français publiées par Service Public décrivent le même principe avec des exemples. Un colis contenant deux jouets, un manteau et deux bouteilles de parfum serait soumis à 9 € de droits de douane, car il comprend trois catégories de produits. Un colis contenant trois T-shirts et une paire de chaussures serait soumis à 6 €, car il comprend deux catégories.

Ce nouveau droit couvre les marchandises des envois d’une valeur allant jusqu’à 150 € vendues par des commerçants non établis dans l’UE à des acheteurs dans l’UE par vente à distance. Il s’applique quel que soit le mode de perception de la TVA, y compris le guichet unique à l’importation, connu sous le nom d’IOSS, les régimes spéciaux ou les procédures normales de TVA. Baker McKenzie a indiqué que la mesure touche largement les marchandises entrant dans l’UE pour lesquelles des vendeurs non européens sont enregistrés sous IOSS et pourrait concerner environ 93 % des flux de commerce électronique à destination du bloc.

Il existe certaines exceptions. Les marchandises bénéficiant d’accords commerciaux préférentiels ou de régimes d’union douanière peuvent être exclues dans certains cas. Le traitement juridique dépend également de la manière dont la TVA est perçue et dont les marchandises sont déclarées aux douanes.

L’obligation de payer le droit incombe généralement au déclarant, c’est-à-dire le vendeur, l’importateur ou leur représentant en douane indirect. Les autorités françaises ont indiqué que les plateformes et les vendeurs expédiant des marchandises dans l’UE par vente à distance sont censés acquitter ces nouveaux droits. Les consommateurs ne seraient directement redevables que dans des situations limitées, selon Baker McKenzie, principalement lorsqu’un État membre propose un système de déclaration en ligne gratuit pour les particuliers.

L’UE ajoute également de nouvelles obligations de déclaration liées à la traçabilité. Les identifiants de produits deviendront obligatoires à partir du 1er novembre 2026, même si les entreprises peuvent commencer à les déclarer volontairement dès maintenant. L’objectif est d’aider les autorités douanières à identifier et à stopper plus efficacement les marchandises dangereuses ou non conformes.

Cette décision intervient alors que les institutions de l’UE réagissent à une forte hausse des petits colis entrant dans le bloc via le commerce électronique transfrontalier. Les orientations du gouvernement français citaient des déclarations antérieures du Conseil de l’Union européenne selon lesquelles les envois de faible valeur avaient créé une concurrence déloyale pour les vendeurs de l’UE et soulevé des préoccupations environnementales. La note française indiquait également que la taxe nationale française sur les petits colis importés, introduite le 1er mars, a été suspendue à compter du 1er juillet, car le nouveau droit de douane à l’échelle de l’UE est désormais en vigueur.

Une redevance distincte de l’UE pour le traitement des petits envois de commerce électronique fait toujours l’objet de discussions et ne fait pas partie du droit de douane de 3 € désormais perçu. Baker McKenzie a indiqué que cette redevance proposée relève d’un ensemble plus large de réforme douanière et ne doit pas être confondue avec le droit forfaitaire temporaire déjà en vigueur. Les autorités françaises ont indiqué qu’une telle redevance de gestion est attendue à partir du 1er novembre 2026, mais que ses modalités détaillées n’ont pas encore été finalisées.

Pour le secteur des boissons, ce changement pourrait surtout compter dans les ventes directes aux consommateurs en ligne depuis des pays hors UE. Les petits envois de vin, de spiritueux ou d’autres boissons vendus par commerce électronique peuvent désormais être soumis à des coûts douaniers plus élevés et à davantage de formalités de conformité à l’entrée sur les marchés européens. Cela pourrait avoir une incidence sur les prix des commandes de faible valeur et ajouter de la complexité pour les producteurs et détaillants étrangers qui cherchent à atteindre les consommateurs de l’UE colis par colis.

L’impact pratique peut varier selon la composition de chaque envoi. Comme le droit est lié à la classification tarifaire, les commandes mixtes peuvent générer plus d’une taxe de 3 €, même lorsque leur valeur totale reste inférieure à 150 €. Pour les vendeurs de boissons qui associent du vin à des accessoires ou combinent différents types de boissons dans une même commande, le traitement douanier peut devenir plus complexe qu’avec l’exemption précédente.

Les nouvelles règles marquent un changement important pour les importateurs qui ont bâti leurs modèles de vente aux consommateurs autour du trafic de colis de faible valeur vers l’Europe. Pour les commerçants en ligne hors du bloc, y compris les petites marques de boissons utilisant le commerce électronique pour tester la demande sur les marchés de l’UE, la fin de l’entrée en franchise de droits pour ces envois modifie dès ce mois-ci à la fois les calculs du coût rendu et l’administration douanière.

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